Au sujet de Nestorius pour BK
Anaclet - 2007-08-09 16:18:12
Au sujet de Nestorius pour BK
En 431, quand Nestorius, évêque de Constantinople, soutint en chaire que Marie n’était pas la mère de Dieu, un laïc très courageux se leva en plein sermon et prononça un seul mot: « Anathème! » (Dom Guéranger: L’année liturgique, 9 février).
Comme l'atteste l'Histoire de l'Eglise, en periode de troubles et d’hérésies alors que Rome ne s’est pas prononcé avec autorité dans le cadre de son Magistère solennel ou authentique, le simple fidèle, par sa raison et son intelligence eclairées par la lumière de la Foi, peut et même doit réagir contre les erreurs proférées contre l'Enseignement de l'Eglise catholique-alors que l'appel à l'autorité légitime est très difficile sinon impossible pour diverses raisons- en appelant à la doctrine communément professée par l’Eglise ("unité dans le temps") avant que les controverses surgies des hérésies du moment ne soient sanctionnées officiellement par le Magistère Solennel extraordinaire exercé dans un Concile Oecuménique.
Concernant le cas de Nestorius, on est en droit de supposer que les simples fidèles appuyant la doctrine catholique, grâce au Sensus Fidei, ont pour une large part anticipé le salutaire Concile de Constantinople:
C’est le Ve concile œcuménique qui va fournir la réponse à cette question cruciale de Nestorius. Le Ve concile œcuménique (Constantinople II, 8e session, 2 juin 553, canon II) statue ceci: « Si quelqu’un n’anathématise pas Arius, Eunome, Macédonius, Apollinaire, Nestorius, Eutychès et Origène ainsi que leurs écrits impies, et tous les autres hérétiques condamnés et anathématisés par la Sainte Église catholique et apostolique et les quatre saints conciles susdits, ainsi que tous ceux qui ont tenu ou tiennent des opinions semblables à celles des hérétiques susdits et qui ont persisté jusqu’à la mort dans leur propre impiété, qu’un tel homme soit anathème ». Et au canon 14, le même concile statue: « Au cas où quelqu’un entreprendrait de transmettre, d’enseigner ou d’écrire ce qui est en opposition aux déclarations que nous avons formulées, s’ils est évêque ou inscrit dans le clergé, puisqu’il agirait de manière incompatible avec l’état sacerdotal et ecclésiastique, il sera privé de l’épiscopat ou de la cléricature » .
Comme le dit l'Abbé Mercier
« Que les évêques unis au Pape, réplique-t-on, soient infaillibles en matière de foi, nous n’en pouvons plus douter. Mais, comme il est d’expérience que l’évêque pris en particulier peut aussi bien se tromper que le simple prêtre envoyé par lui, qui nous assurera que nos pasteurs et nos missionnaires ne nous prêchent que la vraie doctrine? Je vous l’ai déjà dit, mes frères: si un confesseur ou un prédicateur était assez ignorant ou pervers pour enseigner l’hérésie, son évêque qui ne tarderait pas à en être instruit l’obligerait aussitôt à se rétracter et à faire amende honorable de son impiété, et si par malheur, ce qui n’est pas sans exemple, cet évêque manquait à son premier devoir ou propageait lui-même l’erreur, les évêques, ses voisins, se hâteraient de venir au secours du dogme attaqué. Je vous le demande, cher frère, si j’osais vous soutenir en ce moment que Jésus-Christ n’est pas Dieu, qu’il n’est pas réellement présent dans l’Eucharistie, et autres blasphèmes semblables, quel est parmi vous celui qui ne me repousserait pas avec indignation et ne me dénoncerait pas à mes supérieurs ecclésiastiques? Lorsque Nestorius ne rougit pas de prêcher publiquement que Marie n’était pas Mère de Dieu, ne fut-il pas contredit sur-le-champ par un simple laïque qui se leva du sein de l’auditoire pour venger l’honneur de la sainte Vierge, dont le plus sublime privilège fut bientôt solennellement proclamé dans le concile général d’Ephèse? » (Abbé Mercier L’INFAILLIBILITÉ DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE ROMAINE EN MATIÈRE DE FOI ET DE MOEURS. Orateurs sacrés, par M. l’Abbé MIGNE, T. 67, 1855, pp. 1064-1073)
Cependant, je reconnais que le crise de l'Autorité est complexe et, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, le simple fidèle
(N.M en convient largement je crois!) ne peut se substituer au magistère lui-même dans l'exercice de l'explicitation du dépôt révélé!
Problème: De curieuses dissonances semblent présentes dans le corps ecclésial lui-même ..et au plus haut niveau de la Hiérarchie et ce, sur des points de doctrine déjà attestés avec l'autorité du Magistère infaillible anterieur, "Ex Catedra" (la liberté religieuse par exemple et Quanta Cura) ou ordinaire (voir entre autres les ouvrages de l'Abbé Tam concernant Josef Ratzinger..).
Anaclet