Tout aussi calmenement, mon cher Ion, ...
PGM -  2004-02-16 03:55:51

Tout aussi calmenement, mon cher Ion, ...

Je crois que vous en passez beaucoup au Saint-Esprit. Comment reconnaît-on la présence du saint-Esprit ( j'ai failli écrire : comment la mesure-t-on ) ? Tiens, pour quitter l'ornière d'un débat devenu ici autant classique qu'enlisé, tentons une autre approche. Vous affirmez en substance ce qui suit : le St-Esprit était au concile, le St-Esprit ne peut mal agir, donc le concile ne peut qu'agir en conséquence. Ce syllogisme, je pense, résume assez bien votre position. Bon. Eh bien, admettez-vous que le sacrement de confirmation, tel que donné dans l'Église catholique soit le don du Saint-Esprit ( " ... vous recevrez la force du St-Esprit qui viendra sur vous, et vous serez mes témoins" (Ac, 1; 4-8 )? Admettez-vous également que malgré cette réception du Saint-Esprit, on ne compte plus les apostats, hérétiques ou autres déviants dans l'histoire de l'église qui, pourtant, ont été dûment confirmés ? Et que, fors le cas où toutes ces confirmations aient été invalides ou conférées par de faux évêques, le Saint-Esprit est bel et bien descendu sur les confirmés ? Pourtant, il y a bien eu apostasie, hérésie, déviance, n'est-ce pas ? Si l'on vous suit, doit-on nier l'apostasie, l'hérésie, la déviance ? Non, assurément, nous ne pouvons nier le témoignage de nos sens et de notre raison. Alors, quoi donc ? La grâce est certes donnée, nous disent les théologiens, mais elle peut être refusée. Et cela est vrai des conciles comme des personnes. Considérez le concile de Pistoïa, par exemple. "Quand deux ou trois sont réunis en Mon Nom ... ". Je pense que le concile de Pistoïa s'est bel et bien réuni au Nom de NSJC, n'est-ce pas ? Pourtant, il a bel et bien été condamné, n'est-ce pas ? Comment mesure-t-on la présence du Saint-Esprit, vous demandais-je plus tôt ? Par ses fruits. Or, que cela vous plaise ou non, que notre bon ami AV aille partout proclamer que c'est une pure coïncidence ou pas, je regrette, mes tous les indicateurs de la vie catholique ( nombres des vocations, assistance à la messe, nombre des baptêmes, nombre des conversions, etc. )affichent une chute, un bris, une rupture entre 1962 et 1967. Depuis, c'est la courbe descendante. Je regrette, mais une telle unanimité des faits n'est pas un hasard. Il a fallu un évènement marquant, important, pour lancer toutes ces tendances, dans tous les domaines, et en même temps ( et je ne retiens ici que les indicateurs facilement quantifiables; comparez l'importance des déclarations hérétiques dans l'Église et le rang de ceux qui les proféraient après le concile avec ce qui existait avant, même si c'est difficile à quantifier ). Durant cette période, hélas, je vois mal autre chose que le concile Vatican II. Attribuer cela au Saint-Esprit, c'est pour le moins risqué, pour ne pas dire plus. Nul doute qu,elle fût dispensée, la grâce. Mais elle n'a pas été reçue, faut-il croire. Remarquez que l'on peut très bien voir l'action de la Troisième Personne de la Sainte-Trinité dans le dur combat qu'ont mené nombre de Pères conservateurs contre la coterie moderniste, ou dans la Nota Praevia que fit ajouter Paul VI à Lumen Gentium, par exemple. En quel cas, Il aura au moins évité le pire. Ainsi, à la lumière de ces faits, et surtout des fruits, cessons donc, mon cher Ion, d'aller affirmer que le concile Vatican II a été de bout en bout une longue opération du Saint-Esprit, ce qui en garantirait la parfaite orthodoxie. In Christo, PGM