Remarques
BK -  2007-08-04 05:23:25

Remarques

1. Non, vous n'avez nulle part explicité la façon dont vous procédiez pour saisir la contradiction. Vous dites que vous la saisissez, mais vous n'avez nulle part dit comment : vous semblez pouvoir la saisir par saisie intuitive, sans même avoir à comparer les deux enseignements. Bref, vous voyez la vérité. "L'intelligence humaine est proportionnée à l'exercice de la foi. De telle sorte que chez le sujet gratuitement élevé par Dieu, il y a réellement saisie de l'objet de la foi. De telle sorte que la saisie de la contradiction ou non des donnés "Vatican II" (liberté religieuse, oecuménisme, orthodoxie et orthopraxie du N.O.M.) n'est pas - chez le croyant - le fait d'une raison "déconnectée", mais le fait d'une intelligence humaine exerçant la foi. Evidemment, elle n'exerce pas la foi "en l'air", mais bien dans la saisie du Donné Révélé et de la conservation et explicitation du Donné par le magistère. Le donné "Vatican II" sera donc reçu ou rejeté en raison de la continuité ou de la rupture objective dudit "Vatican II" vis-à-vis du Donné Révélé et des attestations antécédentes du magistère. Continuité ou rupture qui est évidemment saisissable par le croyant exerçant la foi (n'en déplaise à votre agnosticisme sous-jacent)." Vous bénéficiez d'une grâce unique si vous êtes élevé gratuitement par Dieu jusqu'à saisir réellement non seulement l'objet de la foi, mais encore les continuités ou les ruptures objectives. Cela signifie que vous seriez capable de prolonger tout seul le magistère, sans besoin d'aucun guide. Je vous félicite, mais je ne bénéficie malheureusement pas de la même grâce, et je ne peux pas me reposer sur le charisme particulier qui est le vôtre. 2. La citation faite par Léon XIII suit un raisonnement de Léon XIII, et le fait que Léon XIII cite un auteur ne change rien à la valeur et au caractère exemplaire de son raisonnement. Pie XII rappelle quant à lui la parole du Christ "Qui vous écoute, M'écoute". Si la citation vous empêche de lire le reste, je l'enlève, il reste ceci :

Toutes les fois donc que la parole de ce magistère déclare que telle ou telle vérité fait partie de l'ensemble de la doctrine divinement révélée, chacun doit croire avec certitude que cela est vrai ; car si cela pouvait en quelque manière être faux, il s'ensuivrait, ce qui est évidemment absurde, que Dieu Lui-même serait l'auteur de l'erreur des hommes.

Vous renvoyez à la même argumentation foireuse, je précise donc : Face à tout raisonnement commençant par : (1) - "soit un enseignement paraissant émaner du magistère et paraissant faux à la raison" (2 bis) - X (3) - Y (4) - Z La réponse de l'Eglise est : (2) - cet enseignement paraît être celui du Christ (2) vient en bonne logique avant (2bis) : dans sa démonstration, sous la même hypothèse, c'est à cette place là que Léon XIII l'emploie. Comme en outre Léon XIII prétend démontrer par cet unique argument l'impossibilité pour le magistère d'errer, il ne peut pas être possible d'insérer un quelconque argument entre (1) et (2) (2) devrait empêcher la raison du particulier de conclure (l'Eglise seule dispose des grâces permettant d'opérer ce discernement, sous l'autorité du pape), à moins bien que la raison 'ait un autre motif - que ce qui ici ou ailleurs lui paraît incompatible avec la vérité - pour décréter : "ce n'est pas un enseignement de l'Eglise/du pape, et il est certain que l'autorité du Christ n'est pas engagée". Dans ce cas, le raisonnement pourra se mettre sous la forme : (0) - Ce n'est pas un enseignement de l'Eglise (1 bis) - Cet enseignement-ci, qui usurpe l'autorité du magistère, paraît faux (2 bis) - X (3) - Y ... Vous commencez ce qui devrait être votre raisonnement par : "[là où] il y a réellement opposition de contradiction entre l’objet de la foi, déjà reçu, et l’objet nouvellement proposé par celui qui est apparemment magistère suprême". Si on sait qu'il y a réellement opposition de contradiction, le problème est déjà résolu. Mais le lancer ainsi, bille en tête, suppose que votre intelligence accède directement au fond de l'être, par une illumination d'un genre tout à fait particulier. Les gens normaux (sans charisme extraordinaire) diraient : je n'arrive pas à comprendre, j'attends donc les consignes du magistère - éventuellement, je mets en doute son existence. Vous, vous dites : je n'arrive pas à comprendre, ce n'est donc certainement pas le magistère. C'est bizarre.