Toutes les fois donc que la parole de ce magistère déclare que telle ou telle vérité fait partie de l'ensemble de la doctrine divinement révélée, chacun doit croire avec certitude que cela est vrai ; car si cela pouvait en quelque manière être faux, il s'ensuivrait, ce qui est évidemment absurde, que Dieu Lui-même serait l'auteur de l'erreur des hommes.
Vous renvoyez à la même argumentation foireuse, je précise donc : Face à tout raisonnement commençant par : (1) - "soit un enseignement paraissant émaner du magistère et paraissant faux à la raison" (2 bis) - X (3) - Y (4) - Z La réponse de l'Eglise est : (2) - cet enseignement paraît être celui du Christ (2) vient en bonne logique avant (2bis) : dans sa démonstration, sous la même hypothèse, c'est à cette place là que Léon XIII l'emploie. Comme en outre Léon XIII prétend démontrer par cet unique argument l'impossibilité pour le magistère d'errer, il ne peut pas être possible d'insérer un quelconque argument entre (1) et (2) (2) devrait empêcher la raison du particulier de conclure (l'Eglise seule dispose des grâces permettant d'opérer ce discernement, sous l'autorité du pape), à moins bien que la raison 'ait un autre motif - que ce qui ici ou ailleurs lui paraît incompatible avec la vérité - pour décréter : "ce n'est pas un enseignement de l'Eglise/du pape, et il est certain que l'autorité du Christ n'est pas engagée". Dans ce cas, le raisonnement pourra se mettre sous la forme : (0) - Ce n'est pas un enseignement de l'Eglise (1 bis) - Cet enseignement-ci, qui usurpe l'autorité du magistère, paraît faux (2 bis) - X (3) - Y ... Vous commencez ce qui devrait être votre raisonnement par : "[là où] il y a réellement opposition de contradiction entre l’objet de la foi, déjà reçu, et l’objet nouvellement proposé par celui qui est apparemment magistère suprême". S'il y a réellement opposition de contradiction, le problème est déjà résolu. Mais le lancer ainsi, bille en tête, suppose que votre intelligence accède directement au fond de l'être, par une illumination d'un genre tout à fait particulier. Les gens normaux (sans charisme extraordinaire) diraient : je n'arrive pas à comprendre, j'attends donc les consignes du magistère - éventuellement, je mets en doute son existence. Vous, vous dites : je n'arrive pas à comprendre, ce n'est donc certainement pas le magistère. C'est bizarre.