D'autres précisions
BK -  2007-06-02 13:56:03

D'autres précisions

- Le pape détient un pouvoir suprême, plénier et souverain sur l'Eglise. - Ce pouvoir est subordonné à la Vérité (au Christ), à la Révélation qui se prolonge par la tradition. - Dans son exercice quotidien, le magistère pontifical est parfaitement fidèle à ce devoir. - Le magistère pontifical est lui-même proposé à l'Eglise comme norme de sa Foi. - C'est pourquoi les fidèles doivent (devraient) suivre le pape comme le Christ. Athanasios, pas plus que l'Eglise, n'a prétendu que le pouvoir du pape était totalement indépendant (et pouvait donc être arbitraire). L'autorité du Christ est extérieure à la conscience du pape. Par contre l'autorité du Christ est intérieure à l'enseignement du pape. Pour citer le cardinal Ratzinger (qui soit dit en passant, a critiqué les manoeuvres qui avaient accompagnées la réforme liturgique, sans jamais critiquer Paul VI) : "La primauté romaine n'est pas une invention des papes, mais un élément essentiel de l'unité de l'Eglise qui remonte au Seigneur lui-même et qui s'est fidèlement développé dans l'Eglise. Mais le Nouveau Testament nous montre quelque chose de plus que les aspects formels d'une structure : il nous montre aussi son essence intime. Il ne nous livre pas seulement des preuves documentaires. Il est norme et devoir. Il nous indique la tension entre la pierre d'achoppement et le roc ; c'est justement dans la disproportion entre les capacités humaines et la disposition divine que Dieu se laise reconnaître comme Celui qui est vraiment présent et agissant. Si l'appropriation d'une telle autorité par des hommes devaient sans cesse faire surgir au cours des siècles - et parfois non sans motifs - la peur d'un pouvoir humain arbitraire, le contraire est néanmoins démontré non seulement par la promesse du Nouveau Testamnt, mais aussi par le parcours historique lui-même : la disproportion des hommes pour une telle fonction est si criante, si éclatante, que précisément le fait de conférer cette fonction de roc à un homme indique clairement que ce ne sont pas les hommes qui soutiennent l'Eglise mais que Lui seul le fait, et encore davantage malgré les hommes que grâce à eux. Le mystère de la Croix n'est peut-être nulle part aussi palpable que dans la réalité historico-ecclésiale de la primauté. Le fait qu'elle soit centrée sur le pardon est en même temps le présupposé et le signe de la nature particulière de la puissance de Dieu. Chacune des paroles bibliques sur la primauté reste ainsi, de génération en génération, une indication, une norme, à laquelle nous devons toujours nous plier. Si l'Eglise maintient sa foi en ces paroles, ce n'est pas par triomphalisme ; c'est l'humilité qui admire, étonnée et reconnaissante, la victoire de Dieu sur la faiblesse humaine et en elle. Celui qui, par peur du triomphalisme ou du pouvoir humain arbitraire, enlève leur force à ces paroles, ne proclame pas du tout un Dieu plus grand, mais au contraire il le rapetisse. Dieu manifeste en effet la puissance de son amour, précisément dans le paradoxe de l'impuissance humaine et reste ainsi fidèle à la loi de l'histoire du salut. Donc, avec le même réalisme en vertu duquel nous admettons aujourd'hui les péchés des papes, leur disproportion par rapport à la grandeur de leur ministère, nous devons également reconnaître que Pierre a toujours été le roc contre les idéologies, contre la réduction de la Parole à ce qui est plausible à une époque déterminée, contre la soumission aux puissants de ce monde. En voyant cela dans les faits de l'histoire, nous n'encensons pas les hommes, mais nous louons le Seigneur qui n'abandonne pas l'Eglise et qui a voulu exercer son acte d'être Roc à travers Pierre, la petite pierre d'achoppement : ce ne sont pas "la chair et le sang" qui sauvent, mais c'est le Seigneur qui sauve par l'intermédiaire de ceux qui viennent de la chair et du sang. Nier cela ne constitue pas un progrès dans la foi ni dans l'humilité, mais plutôt un recul dans l'humilité, laquelle est en mesure de reconnaître la volonté de Dieu telle qu'elle est. Il s'ensuit que la promesse faite à Pierre et sa réalisation historique à Rome demeurent toujours au plus profond un motif de joie toujours nouveau : les puissances de l'enfer ne prévaudront pas contre elle..." Joseph, cardinal Ratzinger Appelés à la communion, comprendre l'Eglise aujourd'hui (1991)