quelques rectifications aux glissements d'Athanasios
Luc Perrin - 2007-06-02 12:32:11
quelques rectifications aux glissements d'Athanasios
Aplomb, vous n'en manquez pas très cher mais surtout ce talent particulier à glisser toujours sur un sujet dans des voies latérales, conduisant souvent au fossé embourbé de la papimanie la plus extrême.
Je vous donne acte cependant de ce début de retour au catholicisme :
"Le Pape ne peut pas tout. Mais en matière liturgique, son pouvoir est étendu. Je doute que Benoît XVI parlait de liturgie dans son discours au Latran."
"Le Pape ne peut pas tout" signé Athanasios : si j'osais j'en ferais mon fond d'écran, l'amorce d'une conversion cela vous met du soleil dans une journée bien grise.
Ceci dit, vous retombez vite dans vos errements :
"Mon avis est que le magistère pontifical ne s'arrête pas en 1965, et que les circonstances qui se sont présentées ultérieurement ont poussées Paul VI a s'adapter à la situation."
- ce n'était pas la question soulevée : qui a prétendu le contraire ? comme d'ordinaire, vous détournez les questions.
- s'adapter à la situation certes mais précisément en faisant fi des règles posées par le Concile pour une révision juste du missel. D'où l'abus de pouvoir. C'est tout le débat : vous entendez ici encore le "magistère" pontifical en un sens de pouvoir absolu, sans contrainte ni règle. Sans Tradition à servir au dessus de lui, en contradiction au passage avec Vatican II qui met le Magistère au service de la Révélation, non au dessus.
Pour préciser : Benoît XVI ne parlait pas spécifiquement de liturgie, en effet, ce qui donne plus d'ampleur encore à son propos, et non moins. Puisque vous affirmez, en l'exagérant, le pouvoir pontifical d'intervention sur la liturgie, ce pouvoir répond à la norme générale rappelée par le Saint-Père. Pas d'absolutisme ni en liturgie, ni ailleurs mais un pouvoir relatif au dépôt de la foi et à la Tradition de l'Eglise. Dans son beau discours du 22 décembre 2005, il le dit pour les évêques : ils sont "intendants" des mystères divins. Pas créateurs, ni propriétaires...
En tant que Joseph Ratzinger que vous dîtes apprécier plus que moi mais avec lequel vous vous trouvez ici en contradiction, il a clairement énoncé les limites du pouvoir pontifical quant aux rits liturgiques : révision, réforme dans de justes limites (celles posées par Vatican II d'ailleurs), pas révolution et moins encore suppression. C'est le même théologien, lisez le donc, qui n'a eu de cesse de dénoncer une liturgie "fabriquée" par des experts. Chose, qu'à par vous, personne ne conteste : les experts en question s'en sont vantés en grande majorité, d'autres l'ont regretté.
Quant au geste de paix, je me fondais sur l'affirmation répétée d'un prêtre, ancien curé et théologien. Je lui demanderai sa source s'il a tort... ce qui m'étonnerait car c'est un prêtre (NOM) très soucieux du rit et des rubriques quand elles subsistent même à l'état de trace. Il m'arrive de faire confiance sur parole au clergé moderne comme vous voyez...