A Thomas et BK
N.M. -  2007-01-05 11:05:07

A Thomas et BK

Cher BK, Quand est-ce que "commence" Vatican II, me demandez-vous ? - Comme chacun sait, le Concile Vatican II a effectivement été convoqué par Jean XXIII, ledit concile a été solennellement ouvert le 11 octobre 1962 et a tenu sa première session (octobre - décembre 1962) sous Jean XXIII. De ce point de vue, on dit à bon droit que le Concile Vatican II commence sous Jean XXIII. - Mais, nonobstant les débats déjà houleux et les camps bien marqués (?) dès la première session, il faut tout de suite ajouter que ce qui est réellement en cause n'est pas tant le déroulement dudit concile (et de la première session), que les Constitutions, Décrets et Déclarations effectivement promulguées. Or ces Constitutions, Décrets et Déclarations ont toutes été promulguées par Paul VI et les évêques (et non point par Jean XXIII). S'il est avéré que constituent autant de ruptures avec l'enseignement du Magistère de l'Eglise les doctrines de Vatican II concernant le droit à la liberté religieuse au for externe et public (Dignitatis humanae), les communautés chrétiennes non-catholiques "moyens de salut" (Unitatis redintegratio), l'Eglise du Christ "subsistant dans" l'Eglise catholique (Lumen gentium), le nécessaire "respect" pour les religions non chrétiennes (Nostra Aetate), la nouvelle théologie d'Israël (encore Nostra Aetate), le bouleversement des fins du mariage (Gaudium et spes) ou encore (the las but not the least) l'union du Christ à tout homme par son Incarnation (encore Gaudium et spes)... Si toutes ces ruptures sont réellement avérées, alors la rupture Vatican II commence avec la promulgation par Paul VI et les Pères du Concile de chacun desdits Constitutions, Décrets et Déclarations. Cher Thomas, Vous posez la question suivante : à quel moment précis un Souverain Pontife viendrait-il à perdre le Souverain Pontificat ? Cette question est des plus délicates en ce sens que les théologiens s'étant penchés sur la question (on peut notamment penser à Suarez et saint Robert Bellarmin, mais sur ce dernier il vaut mieux laisser parler John Daly)... lesdits théologiens donc, face à l'hypothèse d'un occupant du Siège Apostolique qui romprait publiquement avec ses prédécesseurs dans l'exercice de sa charge (apparente), sont partagés entre les deux "solutions" suivantes : - Un Pape ne peut pas, dans les conditions susdites, perdre le Souverain Pontificat, et donc si l'occupant du Siège Apostolique vient à rompre publiquement avec ses prédécesseurs dans ce qui devrait être l'exercice de sa charge, alors cette rupture manifeste non seulement que ledit occupant n'est pas Pape hic et nunc, mais, de surcroît, que ledit occupant n'a jamais été Pape auparavant (même si la chose n'était pas encore manifeste). - Un Pape peut, dans les conditions susdites, perdre le Souverain Pontificat, et donc si l'occupant du Siège Apostolique vient à rompre publiquement avec ses prédécesseurs dans ce qui devrait être l'exercice de sa charge, alors cette rupture manifeste en tout et pour tout que ledit occupant n'est pas Pape hic et nunc... ce qui laisse à tout le moins "ouverte" la question de savoir si ledit occupant était oui ou non Pape jusqu'alors (mais on tombe alors, me semble-t-il, sur la question du "pape douteux", pour ce qui regarde cette période courant de l'élection dudit occupant jusqu'à ladite rupture). Dans l'hypothèse... - De la promulgation d'un acte de destination universelle et relevant de l'exercice du Pastorat suprême, jouissant conséquemment minimalement de l'assistance prudentielle infaillible, et a fortiori lorsque l'acte en question atteste comme fondée sur la Révélation une proposition donnée, jouissant alors de l'infaillibilité proprement dite... - Et de la non-conformité manifeste de l'acte en question avec les enseignements précédents du Magistère, et a fortiori si la proposition attestée comme fondée sur la Révélation a déjà été solennellement condamnée... Dans cette hypothèse donc, on doit tenir ceci : l'occupant du Siège Apostolique n'est pas Pape, au moins à partir de la promulgation de l'acte en question. J'espère avoir répondu à votre question autant que faire se peut... et autant que les règles du Forum le permettent. Cordialement N.M.