Plutôt une petite confusion, je pense...
John DALY - 2007-01-05 10:53:07
Plutôt une petite confusion, je pense...
Cher Marchenoir,
Il me semble que vous confondez deux cas distincts.
Le premier cas est celui du non-catholique qui cherche la vraie Église. On lui signale des axiomes pour l’identifier. S’il hésite à reconnaître la vraie Église entre les sectes, on lui rappelle de chercher les quatre notes. S’il se laisse tromper par le schisme, on lui cite : ubi Petrus ibi Ecclesia.
Le deuxième cas est radicalement différent. C’est le cas de qui est déjà catholique convaincu. Sa mère est la sainte Église romaine. Sa règle de foi est le magistère. Il ne se permettrait pour rien au monde une insoumission au pape ou à son ordinaire. Mais par temps de crise, par temps d’hérésie, par temps d’obscurité, il hésite pour déterminer si tel individu est réellement le chef de l’Église romaine, incarnant en sa personne la prochaine règle de foi, jouissant de cette juridiction plénière donnée à Pierre.
Pesez, cher Marchenoir, toute la différence entre les deux cas. Le premier n’est pas catholique. Il doit se décider laquelle est la vraie Église. Le deuxième est catholique déjà, par la grâce de Dieu. Il cherche le chemin de la fidélité à cette Église dans un cas extraordinaire et difficile, dont la complexité est prouvée par les désaccords même entre les plus savants, les plus sages et les plus saints.
A ce dernier on perdrait son temps de citer les axiomes prévus pour le premier cas. Il est déjà catholique et pour rien au monde il ne penserait à être autre chose. Les principes dont il a besoin sont, par exemple, ceux qui gouvernent la légitimité des pasteurs, et les droits et les devoirs des ouailles lorsque le berger se transforme en loup. Il n’y a pas inversion de l’ubi Petrus ibi Ecclesia. Il y simplement la différence à faire entre le cas où le doute serait : « ubi est Ecclesia ? » et le cas ou le doute serait « Es tu Petrus ? ».
JD