Votre analogie claudique : Vatican II est un moulin à hérésie
John DALY -  2007-01-03 18:56:17

Votre analogie claudique : Vatican II est un moulin à hérésie

Excusez-moi, cher Vincent F : j'ai oublié de vous répondre. Je vous oppose l'analogie très éclairante de l'abbé de Tanoüarn: si l'on considère la bataille de Waterloo comme étant le dernier chapitre d'un livre appelé "Victoires de Napoléon", et l'on essaye de lire ce dernier chapitre à la lumière de la tradition, c'est à dire en sorte de ne pas rompre la suite de ce qui précède...c'est là que l'on arrivera à un contresens. Une analogie, disent les philosophes, ne doit pas claudiquer dans le point de comparaison. Or, vous avez tout à fait raison d'appliquer votre analogie aux conciles catholiques et aux textes du magistère d'avant Vatican II. Toute oeuvre est à lire en contexte. Il peut être nécessaire de connaître le langage propre, le "stylus curiae" pour bien saisir le sens. Mais cela ne marchera jamais avec Vatican II parce que le problème n'est pas quelques ambiguïtés accidentelles qui disparaissent lorsqu'on lit le concile comme une suite des conciles précédents et de l'enseignement pontifical qui précède. Au contraire, c'est en précédant la lecture de Vatican II de celle des autres conciles que le choc s'aggrave et que le conflit se souligne. Vatican II contient réellement une quinzaine de passages qu'aucune interprétation réaliste ne réussit à concilier avec l'enseignement précédent. Il contient au moins trois documents (Dignitatis Humanae, Unitatis Redintegratio et Nostra Aetate) dont le but principal est de renverser la doctrine précédente. Il contient aussi de très nombreux passages qui, même si l'on pouvait les entendre dans un sens orthodoxe, se prêtent avec bien plus de facilité à un sens hétérodoxe et ont ainsi concrètement réussi à induire, directement ou indirectement, des millions de personnes en de très graves erreurs contre la doctrine de l'Église. Oui, j'avance des énormités, mais ces énormités sont reconnues partout où aucun motif ne contraint à nier les faits. Le Cardinal Browne, maître-général des Dominicains a dit aux pères de Vatican II, durant le débat sur Gaudium et Spes, « Si nous acceptons cette définition nous allons à l'encontre de toute la tradition de l'Église et nous pervertirons tout le sens du mariage. » Il protestait si souvent que le concile se préparait à tomber en hérésie que les Modernistes se moquaient de lui en l’appelant non plus « Cardinalis » mais « Caveamus ». Allez lire dans les actes du concile les interventions des Browne, Ottaviani, Carli, de Castro Mayer et autres et vous verrez. A. N. Wilson est peut-être le premier écrivain anglais de nos jours. Il n’est pas catholique et donc n’a aucun intérêt personnel en vue. Mais dans sa biographie d’Hilaire Belloc, il présente le pape Pie XII comme étant notoirement « le dernier des papes orthodoxes ». A la différence de l’abbé de Tanoüarn, j’ai lu en détail les documents de Vatican II depuis de très longues années, et j’ai agrémenté ma lecture d’une étude des débats conciliaires. Je parle en connaissance de cause. Les actes de Vatican II ne constituent pas un chapitre ayant besoin de contexte pour que les ambiguïtés s’éclaircissent dans un sens acceptable. Les textes de Vatican II sont propres à détruire la foi et l’ont détruite chez les masses des catholiques. Les réconciliations forcées ne feront rien contre cette scandaleuse vérité. Vatican II fut réellement le Waterloo ou le Stalingrad de l’Église. Les portes de l’enfer ne prévaudront pas, mais elles n’ont jamais été si près de la faire et c’est la divine promesse et le courage de ceux qui ont prononcé le « non possumus » qui les empêche, pas les gymnastiques intellectuelles des conciliateurs ni les enseignements des habitués des synagogues et des mosquées. Nous sommes avertis depuis longtemps par saint Paul de nous méfier des hérésies disséminées par les évêques. JD