Des réponses
John DALY -  2006-12-09 18:26:51

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Carissimme Pellicane, Vous êtes trop bon, car vous continuez d'admirer ma patience alors qu'elle a plusieurs fois craqué dans ce fil (mais pas à cause de vous, soyez tranquille). Dans mon post ici, j'ai dit,

dans l'absence d'un texte directement de foi affirmant le caractère indolore de l'enfantement virginal, il me semble simplement que la vérité de l'enfantement indolore aura une qualification théologique inférieure au dogme de foi sans pour autant descendre dans l'arène des opinions libres.

Entre-temps, l'abbé F.H. (merci à lui !) a fourni le texte du magistère dont je soupçonnais l'existence sans pouvoir mettre la main dessus: Alexandre III (DS 748) en 1169 "...a conçu sans déshonneur, a donné naissance sans douleur, et s'en est allé d'ici sans corruption..." ...et le texte du Catéchisme du Concile de Trente dont j'avais inconsciemment fourni une paraphrase. Ceci étant la question me semble fermée. Vous dites, sans apparemment tenir compte des textes fournis par l'abbé F.H.

Dans ces conditions, je ne vois toujours pas le scandale à penser (même si c’est imprudent au regard de la tradition des auteurs sacrés) que la Vierge Marie ait voulu partager les souffrances de toutes les femmes, y compris les contractions de l’accouchement (l’intégrité de la virginité physique restant sauve à tout instant).

Contre quoi j'observe : 1. Il semble que le Magistère ait parlé, tranchant directement la question par le mot "indolore". Je n'ai pas le latin car mon Denzinger n'a pas été Schönmetzérisé. 2. Dans l'hypothèse où le Magistère n'aurait pas parlé directement, la question se pose : est-ce scandaleux de tenir une opinion opposée à "la tradition des auteurs sacrés". Et la réponse sera que cela dépend de la nature et de l'unanimité de cette tradition. S'il s'agit, par exemple, d'une doctrine tenue comme obligatoire par un consensus moralement unanime des Pères ou des théologiens approuvés, l'opinion opposée serait certainement hétérodoxe. Parmi mille sources sur la question vous avez ici La Règle de la Foi du Père Goupil sous forme téléchargeable. 3. Mise à part la question de l'orthodoxie, il devrait être d'une évidence criante pour tout catholique et pour tout fils de Notre-Dame qu'une discussion touchant les détails les plus intimes, les plus physiques, les plus corporels, de sa divine maternité exige une exquise délicatesse. N'est-ce pas ? Il n'y a rien de sale ni de peccamineux dans certains actes et certaines parties du corps humain, et pourtant nous respectons la modestie à leur sujet pour de bonnes raisons. Les pieux fils de Noé ont voilé sa nudité, non pas par une idée manichéenne, mais par révérence filiale doublée de modestie. Or, aucun de nous ne causerait des détails intimes des accouchements de sa propre mère selon la chair sans une certaine réserve. Et cette réserve est mille fois plus dûe à notre Mère selon l'esprit, l'Immaculée. Nous sommes sauvés, entre autres, grâce à sa sainte pudeur. Dieu Lui-même l'a respectée. Elle fut "virgo in partu" pour cause, par convenance, et non pas seulement pour faire un nouvel article de foi. Donc, j'ose vous recommander, cher Pélican, d'abord, bien sûr l'orthodoxie (et je ne doute pas que telle soit votre disposition déjà), puis un grand respect pour les traditions non-dogmatiques chéries par l'Eglise, puis une immense révérence et délicatesse en parlant de ce qu'il y a de plus saint, et de plus digne dans le royaume matériel après le Corps de Notre-Seigneur, et qui a droit même à une délicatesse qui d'un point de vue dépasse celle dûe à Notre-Seigneur, dans la mesure où elle est femme : je parle du corps virginal de Notre-Dame. Fais-je du progrès avec mon dur à cuire ? John