Ion - 2006-11-21 18:30:52
Remarquez que ...
... le mot transubstantiation a été créé, si je ne me trompe, au Concile de Trente pour qualifier la doctrine qui venait d'être exposée ... et non l'inverse. C'est ce qu'on appelle transubstantiation, dit en substance Trente après avoir exposé la doctrine.
Une fois de plus, les mots sont dangereux, car ils risquent d'enfermer la doctrine. Vous pouvez parler de la doctrine de la présence réelle eucharistique à un Protestant sans en éluder l'essentiel ... pour finir par lui dire : c'est ce que nous appelons la transubstantiation. Et tout se passera bien. Alors que si vous commencez par lui assénez le terme de transubstantiation lui-même, la discussion sera mal engagée. Pourquoi, me direz-vous ? Tout simplement parce que les crispations réciproques naissent souvent des mots qui deviennent des étendards derrière lesquels notre ignorance se cache, alors même que ces mots sont par définition incapables de bien rendre justice au mystère lui-même.
Un exemple frappant : tant qu'on en restait à se brandir mutuellement des "la foi seule" ou des "la foi et les oeuvres", luthériens et catholiques ne se comprenaient pas. Dès lors qu'on a essayé, dans la prière, d'approfondir ce que nos traditions réciproques sous-entendaient au delà des mots, on s'est rendu compte que l'essentiel de notre compréhension était bien la même ... ce qui n'est pas surprenant.
J'attends avec impatience la réponse de notre ami Abel.
Bien à vous,
Ion
(passionné d'oecuménisme)