Athanasios D. - 2006-10-14 12:37:02
Perplexité...
Cher N. M., vos associations me laissent perplexe. Quelle identité entre vos différents textes? On est en plein amalgame.
Soit, le sacrifice n'est plus anticipé (c'est-à-dire désigné comme actuel) dans l'offertoire du NOM, mais il est toujours annoncé comme imminent. Cette notion n'a donc pas disparue, pas plus qu'elle n'est niée comme le fait Luther.
Par ailleurs, ce qui est "abominable" aux yeux de Luther, c'est bien que l'oblation du prêtre (simple homme, d'après votre citation) satisfasse pour nos péchés - tel un sacrifice naturel indépendant du sacrifice du Christ - et que cela apparaisse dans l'offertoire et le canon, si l'on en croit votre extrait.
La sacrement est-il une offrande de l'homme à Dieu? Qu'apporte l'homme, au juste? A l'exemple d'Abraham, tout bien qu'il désire offrir lui vient de Dieu, et c'est Dieu lui-même qui est le Prêtre, l'Autel et la Victime.
Donc, je ne vois pas d'identité entre ce que rapporte Ion, et ce que vous rapportez indirectement de Luther.
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Venons-en au cardinal Congar. S'il a été un artisan du Concile, il est téméraire de faire croire que toute sa pensée est dans les textes magistériels auxquels il a collaboré. Savez-vous que les textes du Concile ont été amendés et modifiés presque à chaque ligne? Que reste-t-il encore des idées originelles du cardinal?
Donc, s'il-vous-plaît, pas d'amalgame. Citer Paul VI sur la contribution du cardinal Congar et nous sortir dans la foulée une des phrases de ce dernier pour conclure que le Concile doit par conséquent en être nécessairement le dépositaire, c'est tendancieux.
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Dans les deux cas, on s'offusque de ce que nous pourrions (notez le conditionnel, puisque je n'ai pas vos conclusions sur les points soulevés) avoir en commun avec les non-catholiques.
Le Saint-Office disait dans une instruction datant de 1949:
On pourra sans doute leur dire [aux Réformateurs — NdA] qu'en revenant à l'Eglise ils ne perdront rien du bien qui, par la grâce de Dieu, est réalisé en eux jusqu'à présent, mais que par leur retour ce bien sera plutôt complété et amené à sa perfection. On évitera pourtant de parler sur ce point d'une manière telle que, en revenant à l'Eglise, ils s'imaginent apporter à celle-ci un élément essentiel qui lui aurait manqué jusqu'ici.
Vous me direz que le cardinal Congar n'est pas en phase avec cette instruction, mais nulle part il ne parle du manque dans l'Eglise d'un bien essentiel à celle-ci, présent chez les Luthériens.
Au siècle dernier, il faut reconnaître que l'acroissement du savoir et l'étude des origines du christianisme a fait beaucoup se rapprocher les chrétiens dissidents de la pure doctrine catholique. Beaucoup ont témoigné de ce rapprochement. Mais pourquoi y voir nécessairement une protestantisation?
Il vaut la peine de relever qu'au moment même où cette réforme de la liturgie eucharistique est entrain de s'accomplir dans l'Eglise catholique, les différentes provinces de l'Eglise anglicane, de nombreuses Eglises luthériennes et même bien des Eglises protestantes qui avaient perdu presque tout de l'ancienne tradition entreprennent des révisions de leurs eucharisties dont la convergence avec ce renouveau catholique est saisissante. (Louis Bouyer, Eucharistie)
Ce qui explique le désir de certains d'entre eux d'assister en observateurs aux travaux du Consilium (chargé de mettre en oeuvre la réforme liturgique) afin d'en faire profiter leurs communautés respectives.
Cordialement,
Ath