L'écho, sans doute !
N.M. -  2006-10-14 10:32:40

L'écho, sans doute !

Voici un exposé de la pensée des éclaireurs du temps jadis...

« La procession de l'offertoire continua de se dérouler dans plusieurs localités jusqu'au Moyen-Âge [sic !]. Quand elle finit par disparaître, elle fut remplacée par une série de cérémonies et de prières de caractère absolument différent [sic !]. Celles-ci se développèrent comme fonction sacerdotale, et non comme action du peuple. Elles anticipaient la consécration et le "miracle de la messe" et invoquaient la bénédiction de Dieu en vue du sacrifice eucharistique qui allait être offert. « Au XIVème siècle, ce qu'on appelait le "petit canon" incluait, à côté des prières, le mélange de l'eau et du vin, l'offrande de l'hostie et du calice, l'encensement de l'autel, du pain et du vin, le lavage des mains. Les prières de l'offertoire étaient d'origines diverses, principalement gallicane. Il était reconnu qu’elles étaient de moindre qualité que les prières du canon qui les suivaient. La prière centrale de l’offertoire, Suscipe sancte Pater, est une parfaite exposition de la doctrine catholique romaine sur le sacrifice de la messe. […] « Tous les réformateurs rejetèrent l’offertoire romain et son idée d’une offrande pour les péchés faite par le prêtre, au lieu d’une offrande de reconnaissance faite par le peuple. Luther, avec sa conviction que le sacrement est un don de Dieu à l’homme, et non une offrande de l’homme à Dieu, appelait l’offertoire romain une "abomination" où l’on "entend et sent partout l’oblation". "Répudiant tout ce qui a des relents de sacrifice et d’offertoire, avec tout le canon, écrit Luther, ne gardons que ce qui est pur et saint, et ordonnons ainsi notre messe." (Formula missæ, 1523). » Luther D. Reed, The Lutheran liturgy, Fortress Press, Philadelphia, 1947 (p. 312).

Luther D. Reed : liturgiste luthérien, séminaire théologique luthérien de Philadelphie, promoteur du "mouvement liturgique" luthérien aux Etats-Unis… et très "sensible" au mouvement liturgique dans l’Église catholique. Et notre bon Révérend Père Yves Congar, l’« un des théologiens qui ont le plus contribué à préparer Vatican II » [Paul VI, Documentation Catholique, 1964, col. 92], n’expliquait-il pas à ceux qui voulaient bien l’entendre :

« Dans ce que Luther a perçu avec une étrange acuité, il y a certes du faux, et cela appartient au seul Luther et au seul luthéranisme ; mais il y a aussi du vrai, il y a, au moins, à l’origine, une expérience étonnamment aiguë de certaines valeurs authentiques, que cet homme avait peut-être pour mission de dévoiler au bénéfice de toute l’Église, en y devenant une âme de choix mais dont, les sortant de la communion de toutes les autres valeurs, les gauchissant, les mêlant d’erreur, il a fait l’âme d’une dissidence et qui se trouvent maintenant gauchies et mêlées d’erreur, mais encore vraies pourtant en grande partie, incarnées dans une forme séparée de christianisme. De ce point de vue, on peut dire que ce qu’il y a de vrai dans l’expérience religieuse luthérienne manque à l’Église catholique et réclame, par sa nature, de lui être réintégré. » Yves Congar, O.P., Chrétiens désunis, Cerf, 1937 (p. 317).

Et dire que les intégristes des années 1970, derrière l’Abbé Coache et le Père Barbara, allaient scander sous les fenêtres de Paul VI qu’ils ne voulaient pas « devenir protestants » ! Non, vraiment, on se demande bien pourquoi ! Dire qu’un certain Mgr Lefebvre est allé jusqu’à oser parler de « messe de Luther » pour qualifier le pieux travail du mirifique Consilium ! Votre serviteur, cher Ion, N.M.