votre biftek™.
abbé F.H. -  2006-10-13 20:06:00

votre biftek™.

Le VOM changeant la substance de l'offertoire et introduisant des prières non usitées par personne avant est en complète opposition avec ce qu'on peut appeler une évolution organique...

Non, car cette évolution de l'offertoire du VOM se fait sur plusieurs siècles, dans toutes les zones couvertes par le rit romain... Et pas dans des bureaux avec des experts dont on sait les erreurs historiques qu'ils ont commises (notamment sur l'immémoriabilité de la concélébration sacramentelle). Suites aux admirables développement de la théologie de l'eucharistie et de son caractère sacrificiel [je crois que vous connaissez saint Thomas... ] de nombreuses liturgies diocésaines ou religieuses (ofm) ont introduit ces prières de l'offertoire (ou d'autres semblables) et cette évolution fut entérinée par la réforme de saint Pie V qui ne fit que garder les meilleures de ces prières. Ceci afin de marquer le caractère véritablement sacrificiel de l'offertoire : oblation de la victime à immoler que le fidèle apporte au prêtre, oblation qui a déjà pleinement valeur de sacrifice (ST II-IIae 86: Le nom d'« oblation » désigne en général tout ce qu'on offre pour le culte divin. Ainsi, lorsqu'on offre quelque chose pour le culte divin en vue d'une action sacrée qui doit en résulter, et où l'offrande est consumée, c'est à la fois une oblation et un sacrifice.). L'offertoire a un double aspect (rapidement résumé, j'ai faim!): -de la part de l'Eglise (prêtre et fidèle) il est offrande, dans le signe, de la matière du sacrifice; -de la part du prêtre en tant que ministre du Christ, c-à-d de la part du Christ lui-même, prière d'offrande de la matière de son propre sacrifice par où il prépare l'oblation qu'il fera de ce sacrifice dans la consécration. L'offertoire est à la messe ce que la Cène est à la Croix...

A comparer l'offertoire du VOM avec ceux de saint Grégoire et des vénérables Ordines romani, c'est on ne peut plus pertinent...

Mais les offertoires des Ordines Romani contiennent déjà toute cette valeur sacrificielle, comme la foi de l'Eglise à l'époque de saint Grégoire contenait déjà tout ce qui amènerait la proclamation de l'infaillibilité ou de l'assomption... Je crois que c'est là ce qu'on appelle développement organique, du dogme comme de la liturgie... Le malheur des liturgistes réformateurs, c'est qu'ils n'arrivent pas à voir que de saint Grégoire à 1962, l'évolution est linéaire!!! Ou ils le refusent et considèrent donc que pendant grosso modo 7 siècles, l'Eglise a eu un offertoire pas conforme à ce qu'il aurait dû être... Ce n'est pas parce que l'offertoire de saint Grégoire est réduit à sa plus simple expression qu'il ne contient pas déjà toute la théologie de l'offertoire "canonisé" et donc proclamée infailliblement (AMHA) par saint Pie V... D'où, avec le NOM, un retour théologique en arrière de 7 siècles ou plus (et non une hérésie... le symbôle des apôtres est aussi catholique que celui de Nicée Constantinople, tout en en disant beaucoup moins!)