Canada: Des églises de Montréal ferment, pour cause de non-assistance aux cultes
Montréal, 21 septembre 2001 (APIC) Pendant plus d'un siècle, à Montréal, 90% de la population a fréquenté les églises. Les églises étaient pleines à craquer, pour reprendre l'expression populaire. Pas étonnant qu'elles ont été nombreuses à être construites. Et très grande qui plus est.
Les bâtiments appelés à se transforment ou disparaître
Depuis les années 1960, la ferveur religieuse a cependant chuté dramatiquement et les gens ont déserté les églises: l'assistance aux célébrations dominicales varie aujourd'hui de 10% pour les catholiques à environ 17% pour les protestants, et la tendance à la baisse se poursuit.
L'une des conséquences majeures de cette transformation est qu'il est de plus en plus difficile pour des paroisses – toutes dénominations confondues - de plus en plus restreintes de trouver le moyen de payer les frais élevés de chauffage ou d'entretien. Chaque année des paroisses sont regroupées et des églises fermées ou sont mises en vente. Sur environ 600 lieux de cultes qui existent sur l'île de Montréal, plus d'une centaine d'églises devront fermer leurs portes d'ici cinq ans.
Au Consistoire de Montréal de l'Eglise Unie (réformée) du Canada, on admet qu'une demi-douzaine d'églises anglophones et une francophone ont du cesser leurs activités ces dernières années et ont été tout simplement vendues, autant que possible à d'autres groupes religieux. Dans l'archidiocèse catholique de Montréal, on n'avance pas de chiffres précis, mais on se penche toutefois sur ce problème. C'est ce qu'explique l'évêque auxiliaire Louis Dicaire, responsable du réaménagement.
Le défi qui se pose aux autorités religieuses et municipales est un problème d'urbanisme: éviter de laisser ces églises abandonnées se détériorer et se délabrer, et essayer de trouver de nouvelles vocations à ces bâtiments souvent imposants et dont la plupart, même s'ils ont besoin d'importantes rénovations, possèdent une indéniable valeur patrimoniale ou architecturale.
Quatre options s'offrent aux Eglises
Quatre options s'offrent aux Eglises: offrir le bâtiment à une autre Eglise (par exemple évangélique, seule dénomination chrétienne en croissance au Québec) ou à une communauté d'une autre religion; céder l'édifice à une institution d'Etat qui en conserverait le caractère de service à la communauté (clinique communautaire, bibliothèque, salle de concert, centre de loisirs...); ne conversion majeure à des fins d'habitation selon les besoins du milieu comme des logements à loyer modique, des maisons d'hébergement pour personnes âgées; les mettre en vente sur le marché immobilier non pas au plus offrant mais selon la qualité des projets suite à leur démolition; seraient alors pris en compte ceux qui respecteraient les valeurs attachées à ces églises (donc pas de bars, de boites de nuit, ou de casinos).
Dans les deux premiers cas, on attacherait de l'importance au maintien de l'accès public, à la restauration - qui devra suivre les méthodes traditionnelles de construction - et dans les deux derniers, la conservation d'éléments architecturaux significatifs comme les clochers ou les frontons. Quoi qu'il en soit, le paysage de Montréal en sera irrémédiablement modifié. (apic/eni/pr)
21.09.2001 - APIC