Cher Monsieur,
Le danger que vous soulevez, ne pas reconnaître la présence réelle du Christ dans l'Eglise, est indéniable et guette en effet les âmes gagnées par le désespoir devant la crise de l'Eglise.
La vertu consiste cependant en un équilibre. Que ce danger existe ne signifie pas qu'il faut nier l'état de nécessité spirituel dans lequel se trouvent d'innombrables âmes pour rester fidèle à l'Eglise. Je ne suis pas sûr de bien comprendre ce que vous entendez par «&nbp;suppléance généralisée » : la suppléance permet simplement au prêtre et à l'évêque de porter secours aux âmes dans les limites de leur pouvoir d'ordre. C'est ce que font les prêtres et les évêques de la Fraternité, simplement. Et lorsque Monseigneur Lefebvre a sacré des évêques, il l'a fait par le même souci de venir en aide aux âmes, avec le pouvoir qu'il avait comme évêque, qui inclut le sacre d'autres évêques.
Il me semble que vous mélangez des choses assez différentes en citant le cas des calvinistes. Et si les rites « trafiqués » par Bugnini sont encore propres à transmettre la vie divine, que dire des rites « trafiqués » par bon nombre de membres du clergé ? C'est là l'état de nécessité spirituel dans lequel se trouvent les âmes à qui l'on ne donne plus les véritables sacrements que leur doit l'Eglise. Ce qui fonde la nécessité ici, c'est le fait que les plus faibles (dans la Foi en l'occurence) seront en danger extrême. Ce n'est sans doute pas le cas des intervenants de ce forum, mais ne sont-ils pas une minorité ? Les prêtres et les évêques ont un devoir grave de porter secours à ces âmes. C'est de cela qu'il s'agit.
Monseigneur Lefebvre a fait ce qu'il devait faire en tant qu'évêque.
In Christo.
Frédéric Ronga