L'abbé Bissey ne fait plus appel de sa condamnation
JOUSTRATE Bernard -  2001-08-29 09:39:39

L'abbé Bissey ne fait plus appel de sa condamnation

L'abbé Bissey ne fait plus appel de sa condamnation
mardi 28 août - 22h44

CAEN (AFP) - L'abbé René Bissey, condamné en octobre 2000 à 18 ans de réclusion pour viol sur mineur et agressions sexuelles par la cour d'assises du Calvados, a décidé de se désister de son appel et ne bénéficiera donc pas d'un second procès, a annoncé mardi son avocat, Me Jacques Martial.

"Il (René Bissey) a estimé qu'il ne pouvait pas faire subir à ses victimes, à ses proches et à lui-même l'épreuve d'un nouveau procès", a expliqué l'avocat.

L'abbé Bissey, 57 ans, a signé le 20 août sa déclaration de désistement et le président de la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine doit encore en prendre acte par ordonnance, a précisé Me Martial. Cette procédure de désistement d'appel est une procédure spéciale prévue par la loi du 15 juin 2000.

Le procès de l'abbé, qui avait duré cinq jours en octobre 2000, avait profondément meurtri les victimes et leurs familles.

A la suite de la condamnation de l'abbé le 6 octobre 2000 à 18 ans de réclusion, celui-ci s'était pourvu en cassation, un pourvoi automatiquement transformé en appel en janvier 2001.

"C'est effectivement une très bonne nouvelle pour les enfants qui n'auront pas à subir ce deuxième procès", a déclaré Me Jean Chevais, avocat de Yann Rebillard, la victime principale.

"Il va éviter à ses victimes de subir un deuxième procès alors que finalement il avait quand même reconnu les faits" a commenté l'avocat. "Dans cet appel il ne cherchait visiblement qu'à gagner quelques années de prison éventuellement".

Quand au père de Yann, "M. Rebillard est extrêmement content", a confié l'avocat avant de préciser que René Bissey allait faire le nécessaire pour indemniser toutes les victimes, pour un total "pas loin de 400.000 francs de dommages et intérêts".

Le verdict du procès de l'abbé, accueilli comme une peine juste par les familles de victimes, avait été jugé trop lourd par Me Martial, qui avait notamment estimé qu'il allait bien au delà des réquisitions de l'avocat général, Eric Enquebecq. Le ministère public avait en effet réclamé 12 ans de réclusion.

Tout au long du procès, les victimes, aujourd'hui adultes, avaient dû faire face à un abbé au visage de marbre et à une hiérarchie catholique dont le témoignage de soutien au prêtre avait choqué les familles des victimes.

Parmi ces témoins figurait l'évêque de Bayeux, Mgr Pierre Pican, poursuivi pour non-dénonciation des actes pédophiles de l'abbé Bissey. Le tribunal correctionnel de Caen rendra son jugement le 4 septembre dans cette affaire.