la difficulté n'est pas insurmontable: elle n'est que dans les mots.
Le concept de "tradition vivante" est un concept théologiquement vide, inventé pour contrer une autre tradition (vivante elle aussi d’ailleurs !) La notion de « tradition vivante » apparaît notamment en creux dans le Motu proprio de 88, lorsqu'il évoque une notion incomplète de la Tradition (morte ou obsolète…) chez les traditionalistes, avant d’être ensuite formulée explicitement comme relevant de l’interprétation actuelle du dogme (évolutif) par l’Autorité qui en aurait le pouvoir (ce qui est faux, bien sûr !)
De fait l'expression est vide parce qu’elle s'autoréfère et qu’elle s’annule : la notion de vie permet de renvoyer tradition et contre-tradition dos à dos, avec pour seul critère de permanence « la vie », image précisément de l’instabilité.du dogme dont le seul garant serait le Pape, ce qui revient à nier la notion même de Tradition…
La formule en tout cas perd toute pertinence lorsqu’on s'en sert précisément contre la tradition catholique universelle... : une tradition tout en bouton et sans racines, sans passé et à l’avenir des plus incertains. On dit alors tradition vivante, mais on pourrait tout aussi bien dire absolutisme du subjectivisme - remplacez donc tradition par « autorité », et vivante par « du jour », et vous parlerez toujours de la même réalité. La « tradition vivante », en somme, désigne aujourd’hui son exact contraire : l’institutionnalisation de la révolution permanente.
Quant à la "nouvelle Evangélisation" est-ce nouvel Evangile (celui des droits de l'Homme par exemple ou que sais-je ?...) ou réévangélisation d'un monde qui a renié la Foi ?
Dans le premier cas, rien à voir avec la tradition catholique. Dans le deuxième cas, tout à voir et même en plein dans le mille!
Ce sont les mots qui sont vides et qui véhiculent ainsi de grands malentendus. La crise de l'Eglise est aujourd'hui une crise liée à l'usage extrêmement dosé et ajusté d'une très savante AMBIGUITE qui permet de tout dire sans jamais être pris en défaut…– autrement dit « le libéralisme » qui dit oui et non, en même temps et sous le même rapport, et – ce qui est le plus fort – sans aucune contradiction. Avec l’usage du vocabulaire, c’est la pensée qui est gravement malade.
Face à cela: l'affirmation tranquille de TOUTE la vérité. Dans cette perspective (autre avoeu d'impuissance des mots en même temps que de leur tyrannie) le titre d'"intégriste", bien que sciemment diffamatoire, n'est cependant pas complètement faux : partisan de l'intégralité de la vérité catholique.
In Christo
Bertrand Décaillet