Renversement de dialectique...
Athanasios D. -  2003-06-28 20:32:20

Renversement de dialectique...

N'oubliez pas cependant que:

1- C'est le NOM qui a été attaqué en premier. Il s'agit ici de le défendre à juste titre parce qu'il est méconnu de la plupart de ses détracteurs qui tiennent pour principe qu'il est mauvais et qu'il s'agit le démontrer, quitte à être partial ou de mauvaise foi... mais qui s'en rendra compte?
Ne renversons pas les rôles. Je n'attaque pas, je constate certains motifs sérieux et légitimes qui ont été autant de vecteurs de la restauration du missel par le "dépoussièrage" des couches successives qui empêchaient la hiérarchisation des symboles souvent excellents mais devenus trop nombreux au fil des siècles, ceci mettant avec le temps le peuple à grande distance jusqu'à l'exclure de ses prérogatives essentielles et traditionnelles.

2- Je n'ai pas parlé d'erreur ni affirmé qu'il y en ai une (du moins à ma connaissance). J'ai toujours défendu le NOM dans ce qu'il a de bon, voire de meilleur par rapport au passé, en considérant la juste place qu'il accorde au peuple (pas les dérives condamnables et condamnées) dans la célébration du "Christ tout entier" (cf. Mediator Dei, Vatican II), là où il était bien souvent relégué au rang de "spectateur muet" et parfois même aveugle (Pie XI).

Extras déjà cités auparavant:

"la participation active du peuple à la liturgie était tombée en désuétude plus ou moins complète depuis le moyen âge : les fidèles y étaient étrangers, parfois privés même de la vue de l'autel par des murs et jubés fermant le choeur, donc dans une condition pire que les "spectateurs muets" dont se plaindra Pie XI (...)
Active, la participation doit être aussi "intelligente", selon la consigne de Pie XII: l'action liturgique est un signe, à travers lequel la foi doit atteindre le mystère divin qu'elle accomplit; elle exige attention religieuse: l'esprit du fidèle doit être en accord avec sa voix lorsqu'il chante ou dialogue, il doit faire sienne la prière du célébrant qu'il écoute; il doit entendre avec une âme docile la Parole de Dieu. Il lui faut donc recevoir l'intelligence des rites et des textes, ce qui exige tout un ensemble de tâches pastorales, en particulier la catéchèse, la diffusion de livres adaptés, les interventions d'un commentateur, et lorsque l'Eglise le permet, la traduction des formules dans la langue des participants.
Le droit et le devoir qu'ont les fidèles de prendre une part active à la liturgie se fonde sur le baptême qu'ils ont reçu, dont le caractère, selon l'enseignement de saint Thomas, les députe au culte divin. Le peuple chrétien est un peuple royal et sacerdotal, ayant part selon sa condition, au sacerdoce du Christ. (...)
L'assemblée liturgique n'est pas davantage une réunion comme celle des spectateurs dans un théâtre: il n'y a pas de spectateurs, il n'y a que des acteurs; et elle atteint à une unanimité intérieure et exprimée qui, loin d'aliéner la liberté de chaque membre, en est le fruit sous la motion de l'Esprit Saint."

"Toute liturgie est une action sacrée communautaire. Mais la liturgie chrétienne présente ce caractère propre de saisir ceux qui y prennent part jusqu'aux profondeurs les plus intimes de leur être pour régénérer et les introduire, comme par une nouvelle création, dans ce monde divin dont ils sont citoyens. De ce fait, la liturgie chrétienne ne peut connaître d'assistants passifs. Tout ceux qui y prennent part, dès le moment où la fonction liturgique commence, sont en "acte" de service officiel de Dieu. Dans l'action liturgique s'exerce en sa plénitude la virtualité communiquée à l'homme par le baptême: être un membre du Royaume de Dieu.
La liturgie prône en effet la prise de conscience de l'Eglise comme corps social, en ce qui la constitue ici-bas: être la dispensatrice du mystère de salut dans l'humanité. C'est là le caractère propre de la liturgie. Elle n'est pas d'abord un enseignement - bien qu'elle soit, disait Pie XI, la didascalie de l'Eglise et l'organe le plus important de son magistère ordinaire - on n'y pénètre point par voie spéculative mais par une pratique. Ni les textes ni les rites ne constituent par eux-mêmes la liturgie, moins encore les rubriques qui les expliquent. Ils ne deviennent liturgie que lorsqu'ils sont opportunément accomplis, par des ministres qualifiés, pour ce en vue de quoi ils ont été institués: la communication du salut."
(in "L'Eglise en prière"- Introduction à la liturgie sous la direction d'A.-G. Martimort" paru en 1961)