Voilà je réponds
Réginald -  2003-06-23 17:39:20

Voilà je réponds

« Cependant j'ai du mal à cerner les conséquence pratique d'une telle différence. Je ne suis pas sûr qu'il y en ait. Si vous pouviez me donner des exemples.... »

Il me semble que je vous avais répondu déjà à partir du principe que « la loi humaine ne peut pas défendre tout ce que la loi de nature interdit » (Somme de théologie I-II, 96, 2) :

Je vous donne deux exemples tirés de saint Thomas, qui peuvent analogiquement s'appliquer à notre cas.

a) Le cas de la prostitution

Objectivement les prostituées n'ont pas le droit d'exercer leur métier. Cependant, comme l'enseigne saint Thomas, l'état n'a pas le droit de les empêcher, à moins qu'elles le fassent dans des circonstances qui troublent le bien commun. Autrement dit, l'état n'a pas le droit d'empêcher la prostitution, sauf si les prostituées font leur travail devant une école, ou en troublant les autres concitoyens. Comment concilier ces deux points ? Eh bien, comme st Louis, en ouvrant des maisons closes.
Cf. Saint Thomas qui rapporte en ce mot de St Augustin « Supprimez les prostituées et vous apporterez un trouble général par le déchaînement des passions. » (II-II, q. 10, a. 11)

b) Le cas des juifs

Objectivement les juifs ou les musulmans n’ont pas le droit d’enseigner leur fausse religion. Pour autant, l’état n’a pas le droit de les empêcher de le faire. Saint Thomas enseigne même qu’il y a pour eux un « droit naturel » : « Il serait donc contraire à la justice naturelle que l'enfant, avant d'avoir l'usage de la raison, soit soustrait à la tutelle de ses parents ou qu'une disposition soit prise à son sujet malgré les parents.. Mais, après qu'il commence à avoir l'usage du libre arbitre, il commence à être lui-même et il peut, dans ce qui est de droit divin ou naturel, se gouverner. Et alors il faut l'amener à la foi non par contrainte mais par persuasion. » (II-II, q. 10, a. 12)
Nb : le cas de Pie IX qui a élevé un enfant juif baptisé par erreur ne pose aucun problème. Parce qu’en en effet, cet enfant était baptisé, il échappait à la juridiction naturelle de ses parents et tombait sous la juridiction du Pape.