parenthèse sur la liberté religieuse
EA -  2003-06-23 11:54:51

parenthèse sur la liberté religieuse

Vous dites :

"Un principe herméneutique courant en théologie catholique est le fait que les condamnations « doivent être prises dans leur sens strict » (en latin, « odiosa sunt restringenda ». Pour prendre un exemple, la proposition « il est interdit de rouler à 120 km/h » n’est pas contredite par « il est permis de rouler à 90km/h. »"

Il me semble que DH est plus libérale que le Syllabus. Sauf à interpréter son "dans de justes limites" dans le sens du Syllabus. Pour reprendre votre image de la limitation de vitesse, je pense qu'il serait plus conforme de faire l'analogie suivante :

La proposition « il est interdit de rouler à 120 km/h » peut être ou ne pas être contredite par "il est permis de rouler à plus de 90 km/h, dans de justes limites".

Dans cette hypothèse DH, qui ne définit rien, car le "juste limite" est parfaitement imprécis, ne serait qu'une interprétation pastorale de la règle première à savoir "il est interdit de rouler à 120 km/h". Cette interprétation pastorale ne définissant rien ne peut relever selon moi du magistère ordinaire.

En revanche les allocutions pontificales devant le consistoire des cardinaux de l'Eglise, allocutions auxquelles renvoie le Syllabus pour les proposition 77, 78 et 79, me paraissent revêtir un toute autre forme d'autorité que Dignitatis Humanae que je n'hésite pas à rapprocher du magistère ordinaire. Malheureusement ni mon Denzinger ni le site du Vatican ne contiennent ces allocutions.



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Vous dites aussi :

"mais un droit naturel de la personne humaine à la liberté civile, c’est-à-dire à l’immunité de contrainte extérieure, dans de justes limites, en matière religieuse, de la part du pouvoir politique. Ce droit naturel doit être reconnu dans l’ordre juridique de la société de telle manière qu’il constitue un droit civil (cf. DH 2)"

Vous preniez l'exemple de la cellule familiale en citant St Thomas :
On le voit, pour saint Thomas
a) les parents n’ont aucun droit à enseigner l’erreur à leurs enfants
b) pourtant ils ont un droit naturel à ne pas être empêchés de le faire.

Ce droit naturel discrétionnaire qu'ont les parents à exercer sur leurs enfants un pouvoir, leur autorité (totalitaire ?), peut-on le refuser à l'Etat sur ses citoyens pour propager la vraie religion ?