petites déductions innocentes
EA (81.56.68.xxx) - 2003-06-22 15:28:20
petites déductions innocentes
Vous dites :
"On le voit, pour saint Thomas
a) les parents n’ont aucun droit à enseigner l’erreur à leurs enfants
b) pourtant ils ont un droit naturel à ne pas être empêchés de le faire. "
Je me souviens pourtant d'un anecdote de la vie de Pie IX. Ayant constaté qu'un enfant de parents juifs avaient été baptisé par erreur. Il décida de ne pas rendre l'enfant à ses parents et l'éleva lui même hors de cette fausse religion. Cet enfant est devenu prêtre. Or Pie IX a été déclaré bienheureux, cette anecdote n'ayant pas été retenue contre sa béatification.
Je comprends bien le risque totalitaire que cette interdiction implique. Cependant, j'ai toujours pensé, que l'Etat (pour la famille je n'ai pas d'opinion) était fondé à être totalitaire (au for externe) s'il s'agissait de promouvoir la vraie religion au détriment des fausses. Vous semblez penser exactement le contraire. C'est assez nouveau pour moi....
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Je déduis aussi du passage :
"Tout le problème vient du fait que certains théologiens traditionalistes n’arrivent pas à distinguer entre ces deux droits :
a) Le droit de propager l’erreur en certaines circonstances
b) Le droit à l’immunité de contrainte dans la propagation de l’erreur, selon certaines circonstances"
Je déduis que, pour vous, le jeune et prestigieux abbé Ratzinger a fait partie de ces théologiens qui errent. Mais je pense que vous ne me suivrez pas sur ce plan là. Je me trompe ?
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Vous dites aussi :
"Ce qui est regardé unaniment comme infaillible à propos de la liberté religieuse c'est le passage suivant :
« La liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme. Ce droit doit être proclamé et garanti par la loi dans toute société bien organisée. Les citoyens ont droit à la pleine liberté (omnimodam libertatem) de manifester hautement et publiquement leurs opinions quelles qu'elles soient (suos conceptus quoscumque), par les moyens de la parole, de l'imprimé ou tout autre méthode sans que l'autorité civile ni ecclésiastique puisse lui imposer une limite » (Quanta Cura, n° 5) "
J'en déduis donc que pour certains ou pour la plupart (comme quoi la question n'est jamais aussi simple que les ultramontains veulent le faire croire) :
- 1 que Dignitatis Humanae n'est pas infaillible. Il ne s'agit donc pas du magistère ordinaire du pape ou des évêques
-2 que les allocutions des années 50 de Pie IX concernant la liberté religieuse et sur lesquelles s'appuie le Syllabus ne relève pas non plus de son magistère ordinaire mais de son magistère privé.
3- que les les théologiens ne s'accordent pas systématiquement pour savoir ce qui relève de l'infaillibilité ou pas. Ca pourrait -être le cas du Syllabus.
Cette déduction est surtout pour Athanase et certains ultramontains qui mettent de l'infaillibilté partout. Je distingue Athanasios des autres ultramontains qui a au moins la modestie de se poser des questions publiquement sur un sujet grave et tant galvaudé et déformé précisement par ces ultramontains..
Personnellement, je reste réservé sur le point 2. Je dois vérifier. Mais je vous demande aussi de justifier votre position.