Lux Æterna - 2003-06-20 10:48:38
En pleins sophismes...
Vous voyez bien que ce n'est pas la peine de discuter...
Le Pape est bien le principe de l'unité, il l'est, point.
Vos distinguos sur "l'incarnation" sont hors de propos...
Pour ma part, j'arrête là le débat en disant simplement à Edouard que cette discussion est effectivement essentielle pour de vrais catholiques qui savent que l'Eglise repose sur Pierre et ses successeurs. Que Pierre est "la barque du salut" puisqu'en le suivant on ne peut pas se tromper ("qui vous écoute, m'écoute" et cela vaut pour le magistère extraordinaire mais aussi pour le magistère ordinaire, dan sla fixation des règles liturgiques ou dans la promulgation d'un catéchisme ou d'un code de droit canon...).
Voilà la conclusion d'un prix de théologie de 1887 décerné à J.-M.-A. VACANT Maître en Théologie, Professeur au Grand séminaire de Nancy
"Nous avons vu que le magistère ordinaire est un mode d'enseignement infaillible, distinct des jugements solennels et employé par l'Église enseignante, dans sa vie de chaque jour, avec la même autorité qu'elle revendique pour ses jugements solennels.
Examinant ensuite ce magistère plus à fond, nous avons reconnu qu'il s'exerce partout et toujours, à l'aide de nombreux ministres auxquels le pouvoir d'enseigner, donné au Pape et au corps épiscopal par Jésus-Christ, est délégué ou laissé dans des mesures diverses.
Nous avons dit qu'il s'exprime de mille manières. Il s'exerce, en effet, soit par l'enseignement exprès de la doctrine chrétienne, soit par un enseignement implicite qui se manifeste surtout dans la discipline ecclésiastique et dans la liturgie, soit enfin par un enseignement tacite qui embrasse et met à notre disposition les écrits des saints Pères, les traités des théologiens et, en général, tous les documents où la révélation est renfermée et où elle se développe sous l'influence incessante de la vie de l'Église.
Nous avons aussi étudié les obligations que le magistère quotidien nous impose. Nous avons déterminé dans quels cas son autorité est égale à celle des jugements solennels. Nous avons vu qu'il garde et qu'il ne cesse d'accroître le trésor des vérités auxquelles nous sommes obligés d'adhérer ; qu'il éclaircit ce qui était obscur ; qu'il rend certain et obligatoire ce qui était douteux et libre, bien que jusqu'ici il n'ait pas été jusqu'à créer de nouveaux dogmes de foi catholique ; car il faut, pour cela, une proposition faite avec une insistance et une netteté qui ne se rencontrent guère que dans les jugements solennels.
Nous avons aussi considéré ce magistère dans les membres de l'Église enseignante. Nous avons dit que le corps épiscopal qui a reçu l'infaillibilité doctrinale, est formé du pape et des évêques qui possèdent une juridiction dans l'Eglise catholique ; que la majorité de ces évêques sera toujours dans la vérité et qu'elle suivra continuellement le Souverain Pontife dans l'enseignement authentique de la doctrine de Jésus-Christ, sans jamais prendre le pas sur lui.
Enfin, nous sommes entrés dans une voie nouvelle que la définition du Concile du Vatican semblait nous ouvrir ; nous avons suivi le successeur de Pierre exerçant personnellement le magistère ordinaire par des enseignements tantôt exprès, tantôt implicites et tantôt tacites ; nous avons établi que l'infaillibilité papale s'étend aux diverses formes de ce magistère ordinaire aussi bien qu'aux définitions solennelles. Nous avons reconnu, en finissant, que le magistère des évêques dispersés est le même, quant à son objet, que celui des Pontifes Romains ; mais c'est ce dernier qui est, à chaque instant, la règle suprême de tout enseignement et de toute croyance, dans l'Église de Jésus-Christ."
Tout ça semble parfaitement clair et au passage, il est important de souligner que que rappelle l'Abbé Vacant : "Nous avons dit que le corps épiscopal qui a reçu l'infaillibilité doctrinale, est formé du pape et des évêques qui possèdent une juridiction dans l'Eglise catholique".