Re : Sondage sur l'euthanasie
Myster de Kerpolik - 2003-06-17 10:25:24
Re : Sondage sur l'euthanasie
Avant de faire un sondage sur l'euthanasie il conviendrait de donner une définition de l'euthanasie et surtout de ne pas utiliser des situations de détresse, le plus souvent mal comprises par les professionnels de santé, pour faire passer l'idée du suicide assisté ou de donner la mort à des vies jugées comme ne valant pas la peine d'être vécues ou d'être prises en charge.
Je le dis en professionnel de santé confronté à ces situations.
Les demandes d'euthanasie, c'est à dire de mise à mort, de la part des patients cessent dès que la douleur a été correctement prise en charge, donc efficacement traitée et calmée. Cela suppose des professionnels qu'ils entendent la plainte ( une personne qui dit qu'elle a mal c'est qu'elle a mal, une personne qui dit qu'elle a trés mal c'est qu'elle a trés mal! ) et que la douleur soit analysée ( nociceptive ou neurogène) et mesurée. A la suite de quoi la réponse thérapeuthique doit être adaptée, proportionnée, réévaluée. La morphine est un médicament efficace et SANS danger, mais toute les douleurs ne sont pas morphino-dépendantes.
Il faut que le patient en situation de maladie grave soit mis, avec tact, au courant de son mal, de son pronostic, de son évolution sans lui cacher la vérité. Il s'agit de sa maladie elle lui appartient nul n'a le droit de l'en déposséder même sous pretexte de je ne sais quelle compassion faussement protectrice ( souvent plus pour que la famille ou le professionnel de santé se protègent eux même par peur d'être face à la vérité
. Les derniers instants appartiennent à la vie du patient il doit les vivre en tant que tels. Mais le soutien, la présence, la chaleur du sourire, du contact, de l'amitié ,de l'amour doivent être les compagnons de route de ses derniers ( et avant derniers ) instants pour apaiser l'angoise, normale, de la fin.
Reste le délicat problème des familles qui demandent de hâter cette fin quand la dégradation psychique de l'être aimé est telle que leur souffrance conduit à cette demande. Il faut avec eux la décrypter et les aider à comprendre qu'elles formulent cela pour leur soulagement au détriment de l'être qu'elles veulent supprimer par " amour" . Là aussi l'accompagnement attentif répété doit faire partie du travail de toute équipe soignante.
Enfin rappellerai-je les sages recommandations de Pie XII ( je cite de mémoire ) :
- nul n'est tenu de recevoir un traitement trop pénible ou dangeureux lorsqu'il n'y a pas de réel espoir d'amélioration.
- nul n'est tenu de se soumettre à un traitement dont on ne connaît pas tous les effets.
Le problème de l'euthanasie tel qu'il est posé aujourd'hui est faussé par la volonté de l'Homme de dominer la vie et se pose parce que la science médicale possède des outils techniques mais manque de la réflexion nécessaire à l'utilisation de ces outils. " Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" . Cela demeure!