Re : Et alors ?
Réginald -  2003-06-15 13:39:22

Re : Et alors ?


Je n'ai jamais écrit que Mgr Lefebvre était sédévacantiste. Son attitude vis-à-vis des sédévacantistes (Guérard des Lauries, Guépin, Ricossa, Nitoglia) ne laisse aucun doute sur le sujet.

Néanmoins :

1. A la fin de sa vie, il est probable qu'il ait eu des doutes sur le fait que Jean-Paul II soit Pape. Sans affirmer qu'il soit devenu sédévacantsite, de nombeux témoignages concordants laissent à penser qu'il se posait des questions.
2. La conclusion logique des affirmations sus-mentionnées aurait été le sédévacantisme. Quelle que soit l'admiration que l'on peut avoir pour cet évêque courageux, sa piété et la beauté de son combat, il me semble que ce n'est pas manquer de respect à sa mémoire que de souligner qu'il tenait sur ce point une position incohérente.
3. C'est précisement ce chiasme intellectuel, qui consiste à reconnaître en théorie que Jean-Paul II est Pape et à agir en pratique d'autre part comme s'il ne l'était pas, que je tiens à pointer du doigt. Rappelez vous des paroles du Bienheureux Pie IX : « A quoi bon reconnaître hautement le dogme de la suprématie de saint Pierre et des successeurs. A quoi bon répéter si souvent des déclarations de foi catholique et d’obéissance au Siège apostolique, lorsque ces belles paroles sont démenties par des actes ? Bien plus, est-ce que la rébellion n’est pas rendue plus inexcusable par le fait que l’on reconnaît que l’obéissance est un devoir ? (...) suffit-il d’être en communion de foi avec ce Siège sans la soumission de l’obéissance chose qu’on ne peut soutenir sans porter atteinte à la foi catholique » ( Quae in patriarchatu, 1er septembre 1876)

Que l'on me comprenne bien : je ne désire pas faire de polémique stérile, mais comme beaucoup ici j'espère que les accords entre la FSSPX et Rome se feront. Il n'est pas sûr qu'ils puissent ce faire avec le successeur de Jean-Paul II. Je souffre comme beaucoup de traditionnalistes de cette division. Je souhaite simplement que mes frères de la FSSPX prennent conscience qu'ils courent, au fil des années, le danger de s'éloigner de plus en plus de Rome et que leur beau combat pour la Messe et la doctrine catholique ne pourra prendre de sens qu'à partir du moment où ils seront en véritable communion avec notre saint Père le Pape.