Re : Et si la Pologne dit non
Myster de Kerpolik (195.101.83.xxx) - 2003-06-04 12:29:18
Re : Et si la Pologne dit non
L'Europe....vaste programme qui a mon avis entretient, volotairement ou non ou les deux parfois, une ambiguïté suffisamment floue pour que chacun puisse y mettre ce que bon lui semble, d'où les espoirs et les craintes ici évoquées et t toutes ensembles justifiées, me semble-t-il.
Mon rpopos ne se veut pas politique car ce n'est ni le leiu ni, pour moi, la meilleure façon d'aborder ce thème si on souhaite en définir les contours.
Espace géographique, de l'Atlantique à l'Oural, l'Europe me semble être un carrefour croisé d'influences multiples: grecques, romaines, nordiques et celtes et façonnée dans son paysage comme dans sa mentalité par 2000 ans de christianisme, héritier du monde juif comme de la philosophie grecque et de l'admistration et du droit romain.
Ce qui me paraît important, entre autre, de retenir est à la fois un nombre impressionnant de conflit internes, souvent d'une rare sauvagerie et une volonté de domination et d'expansion.
Mais aussi une étonnante capacité à absorber de multiples influences externes (arabes, asiatiques voir africaines) par appropriation tout en gardant, jusqu'à ce jour, son originalité propre.
Il me semble que l'espoir dans l'Europe, comme cela a été dit par un précédent correspondant, est la volonté de paix que l'on peut constater dans ce continent. Mais les craintes n'en sont pas moins réelles dont la disparition des diversités par une uniformisation vécue comme perte d'identité par effacement des spécificités ou, en corollaire, une mobilisation imposée au sein de cet espace subie comme déracinement et éclatement des liens parentaux et de voisinage.
Car à l'image de la France deux logiques s'affrontes dans la construction européenne: 1 ) L'héritage judéo-chrétien à l'origine de l'Europe dans l'idée des premiers hommes politiques que le drapeau européen ( couronne de Marie comme trés bien rappelé par un intervenant ) le laisse voir et 2 ) L'idée révolutionnaire française aux bases philosophiques issues des Lumières ( athées ou déistes, mais dans tous les cas anti-chrétiennes et surtout anti-catholiques ) qui se veut être l'origine première du monde actuel. Or ce concept révolutionnaire est trés bien capté et repris par le monde libéral ( au sens économiqueme seulement ) qui utilise le ressort individualiste pour défaire tout lien social en commençant par la famille, puis la nation, puis la langue etc...
Cet individualisme égoïste peut trés bien s'accomoder de revendications d'allure sociale qui ne sont que la somme des intérêts individuels réunis de façon circonstancielle.
La consommation forcenée, but actuel du travail, remplace comme motif d'existence l'intérêt de ce travail ( haché en menues tâches dont aucun des intervenants ne voit plus la finalité, cf " Les Temps Modernes " ) l'appetit de la connaissance ou la satisfaction d'élever correctement ses enfants. On ne peut pas tout à la fois lire sans cesse que son bonheur est dans la possession de telle nouvelle voiture ou objet, être sans cesse dans la crainte d'une restructuration d'entreprise avec des crédits de consommation sur le dos, et se cultiver tout en élevant et éduquant ses enfants sereinement.
Quant à la foi dans tout ça elle marginalisée puis ridiculisée car elle permet à la fois l'intérioté et le recueillement , donc la prise en compte de la valeur de l'existence humaine en tant qu'il s'agit d'une personne et non d'un individu de production, de consommation et de jouissance et l'extériorité qui est la relation fraternelle aux autres expression d'une vraie solidarité humaine et non emploi utilitaire d'autrui mais aussi ouverture vers la Transcendance divine fondement et fin de toute vie en particulier de celle de la famille humaine.
C'est à ce niveau à mon avis que la plus crainte se situe même si elle n'est pas toujours exprimée de cette façon. Il s'agit de la peur de voir une machine administrative décider pour tous à la place de chacun.
Alors que peut-on faire en tant que chrétien c'est à dire homme ou femme qui a un message d'amour à faire entendre? Parler et agir.
Parler en répétant sans cesse comme le fait le Vatican pour le rappel de l'héritage religieux de l'Europe et à notre niveau en le répercutant et
Agir en sollicitant les chrétiens à s'engager dans la vie politique et admistrative en tant que chrétien.
Cela demande un effort de formation pour chacun d'entre nous par approfondissement des éléments intellectuels de notre foi ( même si, bien sûr, la foi ne se résume pas à une connaissance ) et la formation de haut niveau dans notre métier quelqu'il soit.
Nous ne sommes pas de ce monde mais nous sommes dans le monde. N'oublions pas que nous sommes le sel de la terre et que notre lumière (la vraie celle ci ) n'est pas faite pour être mise sous un boisseau.
Bien sûr qu'entre nous il y a des querelles liturgiques et de chapelles, c'est pour cela que, tenant de la Tradition, je milite pour le respect de ma préférence liturgique, tenant de cet héritage que réclame l'Eglise pour l'Europe, et pour montrer à cette Europe que l'Eglise, mon Eglise est respectueuse elle-même de son passé, sinon à quoi bon....?