Bertrand Décaillet (194.209.178.xxx) - 2003-06-04 10:18:10
Analogie
Dans l'élan de cette magnifique réflexion, ne peut-on pas prolonger votre analyse en développant l'analogie classique entre adultère et idolâtrie?
Israël est adultère lorsqu'elle adore le veau d'or, ou qu'elle fait alliance avec l'Egypte idolâtre pour se protéger de Babylone impie... De même l'oecuménisme moderne est une forme d'infidélité conjugale spirituelle... Il y a certainement une parentée très étroite entre la revendication du droit au n'importe-quoi-sexuel et l'affirmation "dogmatisée" au droit absolu au subjectivisme spirituel ("moi je sens que..."
.
Dès lors c'est un manque de "fiance" (en l'Autre par excellence, c'est-à-dire en un Dieu jaloux et nu) qui fait que l'on se drappe dans l'humain calcul et les alliances complices pour sauver la religion ou la religiosité (l'union des religions face à la laïcité par exemple) au détriment de Dieu cependant - un manque de Foi, ou une Foi adultère - une Foi qui s'habille devant Dieu et se dénude devant les faux-dieux...
La métaphore filée du Cantique des Cantiques, dans le prolongement des scènes de la Genèse, est si riche et éclairante pour comprendre la crise "moderniste", qui est d'ailleurs la tentation permanente, manifestée plus ou moins fortement selon les moments, de toute l'histoire d'Israël.
Mais en poussant plus loin, on peut se demander dans quelle mesure les péchés contre le temple du Saint-Esprit (si généralisés aujourd'hui), ne sont pas précisément la caution des péchés contre l'Esprit. Il y a une certaine parenté non seulement symbolique, mais de nature entre l'impureté et la tentation de l'unité contre la vérité. Ce sont d'ailleurs les mêmes arguments pour défendre l'un et l'autre : "l'amour".
Encore une fois, c'est le lien entre un certain dépouillement et la Foi, que vous avez si bien exposé.
Dans cette perspective, je me dis que la virginité consacrée (la virginité du coeur, l'amour unique dont parle s. Augustin - l'una necessaria de Marie-Madeleine - et la chasteté effective) est peut-être, dans l'ordre de la communion des saints, la réponse - silencieuse, à peine visible, d'humilité... - la plus efficace à l'hérésie généralisée: un acte de totale confiance en Dieu!
Merci pour votre réflexion si éclairante...