Précisions sur le voeu de la sainte Vierge et la validité de son
Reginald -  2003-06-01 09:06:04

Précisions sur le voeu de la sainte Vierge et la validité de son

Excusez moi, mais je n’ai pas cité tout ce que dit saint Thomas sur la question.
La docteur angélique pose pourtant très bien l’objection :

« L'Apôtre déclare (1 Tm 5, 12) : " Pour ceux qui font voeu de chasteté, non seulement le mariage, mais le désir du mariage est condamnable. " Or, la mère du Christ n'a commis aucun péché condamnable, comme on l'a établi précédemment. Donc, puisqu'elle a été " fiancée " dit S. Luc (1, 27), il apparaît qu'elle n'avait pas fait voeu de virginité. » (III, 28, 4, arg. 3)

Voici la réponse de saint Thomas, qui ne manque pas de beauté et d’intelligence :

« Comme nous l'avons dit dans la deuxième Partie, les oeuvres de perfection méritent plus de louanges quand elles sont solennisées par un voeu. Or, chez la Mère de Dieu, c'est la virginité qui devait avoir le plus d'éclat, comme cela apparat d'après nos arguments. Il convenait donc que sa virginité fût consacrée à Dieu par un voeu. Il est vrai qu'au temps de la loi il fallait pousser à la fécondité les femmes aussi bien que des hommes, parce que c'était par la descendance charnelle que se propageait le culte de Dieu, avant que le Christ naquit de ce peuple. Aussi ne croit-on pas que la Mère de Dieu, avant ses fiançailles avec Joseph, ait fait catégoriquement le voeu de virginité ; mais bien qu'elle en ait eu le désir, elle a remis sur ce point sa volonté à la décision de Dieu. Plus tard, quand elle eut pris un époux, comme l'exigeaient les moeurs du temps, elle fit avec lui voeu de virginité. » (III, 28, 4, c.)
« Parce qu'il semblait interdit par la loi de ne pas travailler à laisser une descendance sur terre, la Mère de Dieu ne fit pas voeu de virginité sans réserve, <b>mais sous la condition que cela plairait à Dieu. Ensuite, sachant que cela lui plairait, elle fit voeu de virginité avant l'annonciation</b>. » (III, 28, 4, ad 1)
« La parole de S. Paul est à entendre <b>de ceux qui ont voué la virginité d'une manière absolue. Ce n'était pas le cas de la Mère de Dieu avant ses fiançailles avec Joseph. Mais après ses fiançailles, en même temps que son époux et d'un commun accord, elle fit voeu de virginité</b>.» (III, 24, 4, ad 3)

En d’autres termes, un vœu de virginité antérieurement prononcé aurait rendu le mariage invalide. La sainte Vierge a donc, avant le mariage, fait un vœu conditionné ; ce vœu a été formalisé par la suite d’un commun d’accord avec Joseph. La mariage est donc valide, malgré le vœu subséquent en vertu de l’adage « c’est le consentement qui fait le mariage non l’union des sexes. » (matrimonium facit consensus non concubitus).

Cordialement

Réginald