Mais bien sûr !
Bertrand Décaillet (194.209.178.xxx) -  2003-05-26 19:16:06

Mais bien sûr !

Oui, Justin, c'est en effet classique d'antiphoner les choeurs depuis... s. Ambroise au moins. En revanche il n'est absolument pas nécessaire que TOUS chantent. Si tous le font bien, tant mieux (et votre prêtre a sans doute bien fait d'exhorter tout le monde à un certain effort..., là n'est pas la question), mais de fait soyons simplement réalistes, ce type de contraintes ou "dogmes" liturgiques (tout le monde doit chanter), tout à fait moderne d'ailleurs, a conduit au nivellement par le bas, c'est un état de fait.

Reste le principe, que j'expliciterai avec un exemple analogue et somme toute très proche.
Lorsque le servant de messe répond à la messe basse au nom de l'assemblée, il suffit au simple fidèle de l'entendre résonner en son âme avec zèle et charité pour que sa prière, bien que parfaitement silencieuse, soit parfaitement à l'unisson du Ad altare dei qui laetificat juventutem meam... qui enfalmme son coeur, et partant bien plus effective qu'on ne pourrait a priori le penser lorsqu'on le voit ainsi, silencieux et immobile.

Vient ensuite l'idée louable d'associer "les endormis" (ceux qui profitent de l'immobilité pour bailler et qui ne prient pas en leur coeur) en obligeant tout le monde à répondre "activement" (la messe dialoguée). Idéalement c'est magnifique et très porteur d'entendre une communauté déclamer la belle poésie des psaumes, les amen, les Et cum spiritu tuo... etc. et ce avec zèle, harmonie, comme un seul homme, expression parfaite de la caritas.. - idéalement oui!

Concrètement et de manière générale cependant : CA-CO-PHO-NIE! Et celle-ci en vient à vous confisquer non seulement le silence, mais la prière elle-même, et pire encore le sens simplement humain de la parole, de l'écoute, de l'attention... de la charité fraternelle. Pour peu que vous soyez un peu sensible à la chose... vous risquez de perdre la Foi à force d'usure... Pour prier, désormais, les meilleurs d'entre nous, feront comme s'il n'entendaient rien. Et bernique du bel idéal communautaire, là où chacun est en lutte avec son voisin, où chacun a raison contre tout le monde! La plupart ne priera plus et ajoutera au désordre artistique d'une parole émiettée et incompréhensible leur propre babelisme actif où il n'y a plus ni esprit, ni vérité.

Dès lors pour réapprendre à parler ensemble, il faut passer par le réapprentissage du silence..., l'écoute..., l'attention, la discrétion... et c'est alors que l'on mesure combien il y avait de sagesse dans l'usage multiséculaire de la messe parfaitement silencieuse du peuple (dite "basse".

Pour le chant, c'est la même chose, sauf que "l'art" ici est infiniment plus exigeant... et donc mérite infiniment plus de sage réalisme et d'attention.