CQFD !
Bertrand Décaillet (194.209.178.xxx) -  2003-05-26 17:19:24

CQFD !

C'est bien ce que je disais à Joannes, le problème est spirituel avant que d'être liturgique. Votre caricature ne fait qu'ajouter à ce constat désolant: le problème mal posé, est irréductible. C'est toute notre histoire depuis en effet les années 50, voire depuis le Jansénisme, comme le relève si justement Joannes.


Reprenons donc, autrement.
Ce n'est pas la légitimité (voire même la nécessité d'une participation active aux saints Mystères que Joannes conteste (me semble-t-il), mais le fait d'une opposition réductrice et exclusive entre action et contemplation... et le fait d'une sollicitation (qui peut devenir quelquefois - toujours!- dictatoriale) des fidèles au nom d'un activisme primaire, qui va jusqu'à les éloigner de Dieu pour les rapprocher ... de quoi? De la communauté et du moule agissant?
Encore une fois, il n'y a pas (il ne devrait pas y avoir) opposition entre l'un et l'autre, mais c'est justement la confiscation de la juste notion de "participation active" qui a érigé l'attitude pratique en opposition systématique entre l'un et l'autre (c'est votre caricature... par exemple).

Pour un simple fidèle, l'action la plus active qu'il ait à entreprendre au cours de la messe, tout en respectant les usages et la discrétion que suppose un "être-agir" commun dans les Mystères, consiste sans cesse à se tenir le plus disponible à l'agir de la grâce: revenir à une disponibilité docile à la grâce, autrement dit : la présence à Dieu! Et il y a là un vrai combat intérieur dont le voisin de banc - ni même la communauté toute entière, ni même le pontife - ne peut soupçonner le bouillonnement... et la paix, dans le secret d'une âme, qui appartient, jalousement, à Dieu seul.
Un certain formalisme (l'activisme liturgique) engendre l'effet exactement inverse, ce que recherche la notion positive de participation active détournée dans l'épanouissement communautaire, sensée signifier, à travers son propre apparaître, l'efficience de l'action de Dieu. C'est une perspective, hélas, naturaliste de la sainte liturgie... qui étouffe la vie intérieure.
Pour résoudre la question, il faut peut-être considérer que cette participation active, ou mieux, cette activité participante du simple fidèle est essentiellement une attention intérieure, qui, bien sûr, se traduit ensuite - et dans cette juste mesure - dans l'attitude extérieure, en effet.
C'est une question de priorité. Privilégions la relation à Dieu, dans la prière, enfin! C'est elle qui nous donne ensuite à la communauté et à la joie de l'Eglise. C'est le mandatum, lorsqu'il n'y a pas opposition primaire entre le premier et le deuxième commandement qui lui est semblable, mais affirmation tout de même d'un premier et d'un second.