Participatio actuosa ? Quid ?
Ioannes - 2003-05-26 11:50:08
Participatio actuosa ? Quid ?
L'assemblée s'y joint intérieurement, si cela lui chante (sacerdoce des baptisés). Elle n'a pas de fonction liturgique. D'ailleurs, en son absence, la liturgie continue. Voilà tout. Au Moyen Âge, le choeur était parfois rendu invisible par un vaste écran de bois ou de pierre le séparant de la nef. Imaginez cela en 1950 : parfaitement impensable. Quelque chose a changé. Or, la liturgie romaine n'est pas des années 50. La messe dialoguée, elle, si. Ainnsi que tout un esprit l'accompagnant...
Je sais ce que m'opposent certains, citant S. Pie X et al. Je n'y trouve pas le même sens qu'eux. À mon avis, la pratique de l'Église et des fidèles pendant des siècles (les fidèles faisaient ce qu'ils voulaient, sans trop gêner, et on ne parlait pas avec préciosité d'assemblées liturgiques au lieu de soigner sa liturgie) donne l'interprétation authentique de la pensée de l'Église à ce sujet. On peut également se tourner vers les liturgies orientales, où le clergé et le choeur, seuls, exécutent les cérémonies et le chant sans que l'on entende une seule voix de fidèles.
C'est simple : introduisez la fixation des modernes sur le participationisme liturgique des fidèles, et vous créez du même coup - même sans le vouloir - une situation où la liturgie traditionnelle deviendra tot ou tard gênante de par son indifférence à cette question. En clair : vous devrez bientôt vous incliner devant les lectures faites face au peuple et répétés en mille et une langues et dialectes, devant le ici-on-chante-seulement-la-missa-de-angelis-et-le-credo-III-parce-que-les-fidèles-n'en-connaissent-pas-d'autres et tout le reste. Vous finirez par faire de la liturgie des exercices de piété insipides. Le Laid et le Plat auront encore gagné.