Plutôt que de rigoler, lisez donc...
Ioannes -  2003-05-21 14:38:24

Plutôt que de rigoler, lisez donc...

La différence est fort simple, pour autant que l'on ne glisse pas dans la confusion des ordres.

1. Parlons d'abord de l'acte pris en lui-même.

a) La contraception (méchanique ou chimique) consiste dans le fait de poser un acte intrinsèquement mauvais - mauvais parce que l'usage d'un contraceptif, lequel pose un obstacle positif à la fécondité, a pour conséquence de dénaturer l'acte sexuel.

b) Les méthodes dites naturelles, elles, ne consistent pas dans le fait de poser un acte, mais justement dans celui de s'en abstenir (l'acte sexuel). La différence est de taille ! Elle est même essentielle. En outre, s'abstenir ponctuellement de l'usage du mariage n'est pas en soi peccamineux. Semblable abstention ne saurait, non plus, dénaturer un acte dont l'abstention est, par définition, l'absence. En outre, il faut considérer que c'est Dieu lui-même, Créateur parfaitement libre et tout-puissant, qui est à l'origine du cycle féminin de fécondité. Le fait d'user de possibilités que le Créateur lui-même a produites chez la femme, sa créature, ne saurait être de soi un péché.
Ainsi peut-on dire que les méthodes naturelles ne sont pas d'elles-mêmes moralement mauvaises.

2. Mais vous m'opposerez peut-être que l'intention, dans les deux cas, peut être identique. Et cela est vrai. Toutefois, cette seule possibilité ne suffit pas à supprimer les différences (philosophiques et morales) que nous venons de constater au niveau de l'acte pris en lui-même.

Ceci dit, la distinction entre la moralité de l'acte en soi et celui de son intention étant sauve, vous avez raison. Posons-nous donc la question de l'intention et de son incidence sur la moralité des actes humains.

a) Selon la morale catholique, l'intention n'a d'incidence que sur les actes en soi moralement bons ou neutres. Tel ou autre acte en soi licite pourra donc dans des circonstances concrêtes être peccamineux ou non selon que l'intention sera droite ou non. En revanche, le contraire n'est pas vrai : un acte en soi mauvais le reste quelle que soit l'intention de son sujet.

b) Il s'ensuit bien entendu que l'acte contraceptif, étant mauvais en lui-même, ne saurait être transformé par une intention droite ; mais il en découle aussi qu'une intention mauvaise (le refus de la fécondité à divers degrés) peut rendre illicite l'usage des méthodes naturelles (neutres prises en elles-mêmes).

c) Contrairement à ce que croient certains protestants, l'usage des méthodes naturelles ne présuppose pas une semblable intention, puisque la Loi divine ne requiert pas l'intention positive de procréer à chaque union sexuelle, mais simplement l'intention implicite, c'est-à-dire le fait de ne pas poser d'acte positif, contraire à la nature de la sexualité.

d) Enfin, le Magistère règle les modalités de l'usage des méthodes naturelles afin que les fidèles sachent dans quelles circonstances, on peut parler d'une droite intention de la part des époux.