Problèmes
Ioannes -  2003-05-19 17:41:14

Problèmes

Personnellement, je dirais qu'il est très difficile de répondre à votre question, tant ce terme de charismatique est équivoque. Au préalable, il faudrait préciser bien des choses.

Parlons-nous du mouvement charismatique à ses origines ? ou pris dans ses principes psychologiques ? philosophiques ? théologiques ? Ou bien encore discutons-nous de ce mouvement 'in concreto', tel qu'il est et en comparaison avec d'autres ?

Une chose est certaine : il n'existe pas UN mouvement charismatique, mais PLUSIEURS et leurs idées théologiques diffèrent parfois très sensiblement. La tendance 'Famille chrétienne', par exemple, a beau être très répandue en France ; elle n'existe pas partout. Beaucoup s'en faut. Elle est, en outre, très éloignée de ses sources et, il me semble, plus proche des Petits-Gris ou de l'Opus Dei que du Baptême dans l'Esprit. Or, il faut savoir qu'il est aussi de nombreux charismatiques qui poussent des boutons à la seule idée de réglementer le culte divin et qui croient que l'histoire de l'Église, de Constantin à Vatican II, ne fut qu'une terrible parenthèse. J'en connais personnellement, et ce sont bien ces derniers qui sont le plus proches de leurs origines.

D'un point de vue historique, je vois mal comment on pourrait prendre à la légère l'origine baptiste du Renouveau charismatique. Sur ce point, parler d'enthousiasme des débuts, commun à toute croissance dans l'histoire de l'Église, ne me satisfait pas du tout.

Dans une perspective psychologique et philosophique, ce que j'ai vu des charismatiques m'inquiète. L'harmonie catholique entre Nature et Grâce ne s'y trouve pas. On est en même très loin, par endroits.

Parlant théologie, on pourrait s'attarder longtemps sur les problèmes plus ou moins explicites que pose le Renouveau. Ils sont nombreux. Je me contenterai de souligner combien est étrange cette notion de Baptême dans l'Esprit laquelle, ne l'oublions pas, est au fondement-même du Renouveau.

À un niveau plus pragmatique, il faut bien entendu mentionner le très grand enthousisasme et l'esprit de foi, lesquels sont, c'est vrai, caractéristiques du Renouveau. Cependant, comment ne pas voir que la prudence et la raíson n'y trouvent pas leur compte ?
Et comment ne pas penser que l'enthousiasme, argument majeur des partisans du Renouveau, ne figure pas parmi les règles du discernement des esprits chez S. Ignace, ni chez quelque autre auteur ascétique ou mystique que ce soit ?

Par contre, la défense de la Famille et la lutte contre le crime de l'avortement, très présentes dans ces milieux-là, constituent des points sans ombre. Je le dis et m'en réjouis. Mais cela suffit-il à un mouvement catholique ?