Pas terrible, l'hymne?
DECAILLET Bertrand -  2001-07-03 09:29:10

Pas terrible, l'hymne?

La fête a été instituée par Pie IX en 1849, et élevée au rang de double de 1ère classe par Pie XI pour le jubilée de 1900. L'hymne des vêpres est elle-même une composition du 18e siècle (ce qui est très tardif, il est vrai, dans le genre "grégorien").

Il est vrai que, souvent, on a tendance (et certainement à juste titre) à déconsidérer quelque peu les compositions les plus récentes de la liturgie (Précieux-Sang, Saint-Joseph, Christ-Roi..., qui ont d'ailleurs en commun la caractéristique d'une certaine difficulté technique…)

Ce qui est vrai, c'est que les pièces plus anciennes de la liturgie sont certainement ENCORE PLUS belles, plongeant non pas "dans le christianisme le plus pur" (qui, tout simplement, est pérenne avec l'Eglise, tout au long de l'histoire), mais dans l'âge des charismes et des martyrs au cours duquel l'Esprit-Saint a doté l'Eglise de l'essentiel de son art liturgique...
A mon avis, la parenté et la filiation d'esprit des pièces modernes (ça se sent très très bien lorsqu'on les fréquente régulièrement...) avec le "grand répertoire" est certainement l'indice pertinent de beauté.

Mais levons tout de suite une ambiguïté: dans tous les cas, la beauté d'une pièce grégorienne, c'est d'abord son texte, soit le Mystère lui-même qui est chanté, est "le Précieux Sang" à ce titre est au sommet de l'éblouissement du Mystère. "Le chant grégorien n'est pas une musique, c'est un texte, un texte que l'on aime, et parce qu'on l'aime on le chante."

Voici donc, dans sa traduction décolorée, cette hymne (dont vous trouverez l'original latin dans votre missel). Vous pourrez ainsi en apprécier vous-même la pertinence théologique.
Quand à la mélodie du 8e mode qui en est l'enluminure, il est vrai qu'elle est un peu surprenante, mais au demeurant fort belle, lorsqu'on en restitue le mouvement de la phrase elle-même, sans appuyer les notes qui relèvent uniquement de l'ornementation..., exactement comme on interprèterait (et dans le même esprit) une hymne du 8e ou 9e siècle.

Bien cordialement
In Christo
Bertrand Décaillet

********************

Festivisis resonent compita vocibus…

1. Que les places résonnent de chants de fête, que la joie se répande sur le front des citoyens, que les enfants comme les vieillards s'avancent en procession avec des torches enflammées.

2. Le sang que le Christ a répandu par de multiples blessures en mourant sur l'arbre cruel, nous en célébrons la mémoire : il faut que nous versions au moins des larmes.

3. Une lourde condamnation avait frappé le genre humain pour le crime du vieil Adam; la sainteté et la piété du nouvel Adam a rendu la vie à tous.


4. Si le Père souverain a entendu, du haut du ciel, le grand cri de son Fils expirant, il a dû être apaisé par son sang et nous donner le pardon.

5. Quiconque lave sa robe dans ce sang en efface les taches; et il y puise un éclat vermeil qui le rend soudain semblable aux Anges et agréable au Roi.

6. Que personne n'ait l'inconstance de quitter ensuite la voie droite, mais qu'on atteigne le but suprême; Dieu qui aide notre course nous accordera la noble récompense.

7. Soyez-nous propice, Père tout-puissant, conduisez jusqu'aux sommets du ciel ceux que vous avez rachetés par le sang de votre Fils unique et que vous recréez par l'Esprit de paix. Amen.