Justin Petipeu - 2003-05-07 09:30:33
Mon humble avis
1°
D'abord une remarque préalable : comme l'indique la réponse que m'a faite le représentant d'Una Voce à Rome, le fait d'être en situation "régulière" avec le pape n'empêche pas l'esprit de révolte et la critique systématique. Je sais aussi que celà concerne une minorité de fidèles Ecclesia Dei, mais enfin ils existent....je l'ai expérimenté au niveau local. Le légalisme semble être la seule motivation de ces personnes qui bien souvent, n'ont pas de propos assez durs sur le pape ou les évêques....
2°
Celà dépendra de l'accord...Mais il n'y aura pas d'accord qui nous mette sous la coupe des juridictions ordinaires. Ou alors il n'y aura plus personne dans les prieurés. On peut donc penser que l'accord sera une administration apostolique sans limites...Un diocèse personnel. Résultat : ça ne changera rien, ou presque. Les fidèles n'entendront pas plus parler du pape ou des évêques qu'aujourd'hui, qui sont parfois critiqués, mais surtout superbement ignorés...
3°
Celà dépend de ce qu'on veut : un accord de papier comme le cal Hoyos le demande, et alors qu'on ne nous en demande pas plus ; ou un accord en esprit et en vérité, qui du coup n'est pas envisageable pour l'instant.
4°
Vis-à-vis du pape, je dirais qu'on peut distinguer chez les fidèles plusieurs tendances :
- Ceux qui n'ont jamais eu l'impression de s'en séparer et ne le critiquent jamais.
- Ceux qui réagissent au coup par coup : Assise les scandalise mais ils sont prêts à un accord à chaque signe positif.
- Ceux qui ne voient dans Jean-Paul II que le rédacteur de "Redemptor Hominis" ; c'est-à-dire un pape qui est de toute façon intellectuellement en contradiction avec la Tradition de l'Eglise, sincèrement imbu d'une doctrine personaliste et partisan incurable du Salut Universel...
Il est clair que ces trois tendances subsisteront : les premiers seront satisfaits en cas d'accord. Les deuxièmes aussi mais risquent de déchanter par la suite.... La troisième catégorie partira ou s'installera dans le rôle de notre rallié légaliste : critique systématique et refus de se soumettre, surtout de coeur et d'intelligence.
Enfait, ça ne dépendra que de Rome ; il est évident que si l'on a droit à un Assise III, 6 mois après un accord, il n'y aura ni estime ni confiance. Par contre, si comme la fin du Pontificat le laisse supposer, c'est plutôt un retour vers la Tradition, au moins sur le plan proprement religieux ( catéchisme, Liturgie, Dévotions ), alors, on pourra peut-être envisager dans le temps, une vraie réconciliation. 25 ans de pontificat, c'est très long. Qui peut dire ce que pensera le prochain pape de l'oecuménisme par exemple ? de tous les sujets sur lesquelq Jean-Paul II a quand même été très et même trop loin ?
Mais votre question ne doit pas faire oublier :
4°
Ce genre de situation est devenu le lot de l'Eglise universelle post-conciliaire...Les théologiens de "La Croix" ne se gênent pas pour dire à leurs lecteurs que la dernière encyclique est une régression ! Vos prêtres de la FSSP ne se gênent pas pour refuser de concélébrer le NOM, contrairement à ce que le cal Hoyos leur a demandé. Je ne parle même pas des mouvements genre "nous sommes l'Eglise", etc...
Bref, comme l'indiquait l'abbé Barthe à la fin de "Trouvera-t-il encore la Foi sur Terre ?", le Concile a officialisé une sorte d'implosion qui ne cesse de s'étendre, de chapelle en courant...
Je ne pense pas que la FSSPX, en cas d'accord, constitue un cas particulier.