Re : Lumen gentium
PGM (216.162.67.xxx) -  2003-04-02 06:15:12

Re : Lumen gentium

Vous aurez mis, Pierre, le doigt sur le bobo, si j'ose dire. En effet, à la lecture de l'extrait que vous avez posté, comment ne pas être frappé des étranges circonlocutions qui affectent, non seulement ce seul texte, mais l'écrasante majorité des documents conciliaires ? Ainsi, laissant de côté la mystérieuse "Église du Christ" qui "subsisterait" dans l'Église catholique, que penser de ces deux attitudes juxtaposées :

d'une part, on nous dit que l'Église ..." annonce, et elle est tenue d'annoncer sans cesse, le Christ qui est " la voie, la vérité et la vie " (Jean 14, 6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s'est réconcilié toutes choses (4)."Doivent trouver la plénitude de la vie religieuse, cela revient à l'incitation à la conversion.

mais d'autre part, l'Église " ... exhorte donc ses fils pour que, avec prudence et charité, par le dialogue et par la collaboration avec ceux qui suivent d'autres religions, et tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes, ils reconnaissent, préservent et fassent progresser les valeurs spirituelles, morales et socio-culturelles qui se trouvent en eux." Ici, même si la conversion n'est pas explicitement exclue, qui doutera qu'elle n'est plus évidente, qu'elle n'est plus présentée comme une nécessité et un devoir sacré, que malgré qu'il faille témoigner de la foi et de la vie chrétiennes, combien moins importante que la reconnaissance, la préservation, et la préservation des valeurs de toutes natures, dont les "spirituelles" qui se trouvent en eux, elle semble être. Et combien la conversion semble moins importante que le bon-ententisme et le respect humain.

Tout se passe comme si, aux dires de Mgr Heinrici, " au concile, deux traditions théologiques irréconciliables qui ne pouvaient pas se comprendre se sont affrontées". Et en effet, il saute aux yeux que les textes de Vatican II sont au mieux des compromis où nombre de principes même de la foi catholique ont dû le céder à une vision oecuméniste, moderniste, mondaine, humaine des choses. Toutes les bases, toutes les justifications des changements post-conciliaires s'y trouvent. L'état actuel de délabrement de l'Église n'a pas d'autre cause. Je suis à chaque fois stupéfait que des catholiques pourtant de bonne foi ne puissent pas ou ne veuillent pas regarder cette patente vérité en face.


In Christo,

PGM