Contre l'intercommunion
Rémi PAU -  2003-03-30 17:26:01

Contre l'intercommunion

Dans un article paru le 15 mars, L’eucharistie vécue, le Père Giuseppe de Rosa affirme que "toute tentative de forcer les temps en concédant l’hospitalité eucharistique aux non catholiques, ne fera pas accélérer le jour où tous les chrétiens pourront s’asseoir à l’unique repas eucharistique".

"Il ne s’agit pas de la part des catholiques d’un geste de présomption ou de manque de respect pour la foi des communautés non catholiques, souligne le père de Rosa, mais il s’agit de la "vérité" de l’Eucharistie. Celle-ci est un "signe" de l’unité dans la foi ; pour cette raison, là où il n’y a pas d’unité dans la foi, il ne peut y avoir d’unité dans la participation à la même Eucharistie. D’autant plus que la manière de comprendre l’Eucharistie est différente chez les catholiques et les protestants. Ce qui veut dire que, si les catholiques et les protestants devaient participer à une eucharistie catholique ou à une eucharistie protestante, ils ne participeraient pas à la même eucharistie mais à des eucharisties différentes".

La Civilta cattolica, journal jésuite que l’on sait être très proche de la Curie romaine, diffuse cet article à quelques semaines de la publication par Jean-Paul II d’une encyclique sur l’Eucharistie.

Les arguments ne sont pas faux, les intentions sont louables. Le problème est que cette prise de position ne correspond pas à la position de Vatican II qui a maintenant 35 ans de praxis. En effet, l’intercommunion n’est pas, à l’origine, une démarche de quelques prêtres isolés, de "l’Eglise de la base", mais l’effet des décisions romaines (cf un Directoire du Secrétariat pour l’unité des chrétiens, en date du 4 mai 1967, dans lequel on encourage à la communicatio in sacris avec les "frères orientaux séparés de nous". Quand l’exemple de la praxis vient de haut – cf. plus haut dans ce même bulletin – les meilleurs textes ne changeront rien à la situation.

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