Problèmes de BBCodes ci-dessus...
Athanasios D. -  2003-03-28 16:55:14

Problèmes de BBCodes ci-dessus...

Quelques remarques point par point...

1. Le texte est à situer dans un contexte particulier traité par ce document établissant les rapports entre le théologien et le Magistère. Le texte de ce document, je ne l'ai trouvé qu'en anglais sur le site du Vatican dont voici le paragraphe contenant le passage que vous avez cité:
"When it comes to the question of interventions in the prudential order, it could happen that some Magisterial documents might not be free from all deficiencies. Bishops and their advisors have not always taken into immediate consideration every aspect or the entire complexity of a question. But it would be contrary to the truth, if, proceeding from some particular cases, one were to conclude that the Church's Magisterium can be habitually mistaken in its prudential judgments, or that it does not enjoy divine assistance in the integral exercise of its mission. In fact, the theologian, who cannot pursue his discipline well without a certain competence in history, is aware of the filtering which occurs with the passage of time. This is not to be understood in the sense of a relativization of the tenets of the faith. The theologian knows that some judgments of the Magisterium could be justified at the time in which they were made, because while the pronouncements contained true assertions and others which were not sure, both types were inextricably connected. Only time has permitted discernment and, after deeper study, the attainment of true doctrinal progress."
Il faut noter que le mot "deficient" d'où dérive "deficiencies" se traduit d'abord par "insuffisant" ou "incomplet" si j'en juge mon Harrap's, ce qui nuance sensiblement le propos que vous tenez. Le magistère est perfectible et peut sans cesse se voir apporter des précisions. De là à dire qu'il est "déficient", l'attitude du fidèle requise à son égard me permet d'en douter. L'obéissance chrétienne requise au canon 212 du Code de Droit Canonique comporte en fait des degrés: le Code en distingue 3 (l'assentiment de foi, la soumission religieuse de l'intelligence et de la volonté, enfin la simple révérence religieuse de l'esprit cf. CIC c750, 752 &753 ) et le Catéchisme de l'église Catholique en repère au moins deux (CEC § 892), et aucun d'eux n'est "négatif" (cf. "etit bonus pour terminer" en bas de page)...


2. Texte de la déclaration doctrinale:

"Moi; Marcel Lefebvre, archevêque-évêque émérite de Tulle, ainsi que les membres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X par moi fondée :
1. Nous promettons d'être toujours fidèles à l'Église catholique et au Pontife romain, son Pasteur suprême, Vicaire du Christ, successeur du Bienheureux Pierre dans sa primauté et chef du Corps des évêques.
2. Nous déclarons accepter la doctrine contenue dans le numéro 25 de la Constitution dogmatique Lumen Gentium du Concile Vatican II sur le Magistère ecclésiastique et l'adhésion qui lui est due.
3. A propos de certains points enseignés par le Concile Vatican II ou concernant les réformes postérieures de la liturgie et du droit, et qui paraissent* difficilement conciliables avec la Tradition, nous nous engageons à avoir une attitude positive d'étude et de communication avec le Siège apostolique, en évitant toute polémique*.
4. Nous déclarons en outre reconnaître la validité du Sacrifice de la messe et des sacrements célébrés avec l'intention de faire ce que fait l'Église et selon les rites indiqués dans les éditions typiques du missel et des rituels des sacrements promulgués par les Papes Paul VI et Jean-Paul II.
5. Enfin, nous promettons de respecter la discipline commune de l'Église et les lois ecclésiastiques, spécialement contenues dans le Code de droit canonique promulgué par le Pape Jean-Paul II, restant sauve la discipline spéciale concédée à la Fraternité par une loi particulière.
"

* Ici il ne faut pas voir l'aveu d'un magistère qui serait contraire à la Tradition, mais le constat qu'il y a chez certains une "notion incomplète et contradictoire de la Tradition. Incomplète parce qu'elle ne tient pas suffisamment compte du caractère vivant de la Tradition qui, comme l'a enseigné clairement le Concile Vatican II, «tire son origine des apôtres, se poursuit dans l'Eglise sous l'assistance de l'Esprit-Saint: en effet, la perception des choses aussi bien que des paroles transmises s'accroît, soit par la contemplation et l'étude des croyants qui les méditent en leur coeur, soit par l'intelligence intérieure qui'ils éprouvent des choses spirituelles, soit par la prédication de ceux qui, avec la succession épiscopale, reçurent un charisme certain de vérité».
Mais c'est surtout une notion de la Tradition, qui s'oppose au Magistère universel de l'Eglise lequel appartient à l'évêque de Rome et au corps des évêques, qui est contradictoire. Personne ne peut rester fidèle à la Tradition en rompant le lien ecclésial avec celui à qui le Christ, en la personne de l'apôtre Pierre, a confié le ministère de l'unité dans son Eglise.
" (cf. Motu Proprio Ecclesia Dei)
Il faut voir dans ce point de la déclaration signée par Mgr Lefebvre l'engagement, par l'intermédiaire d'une "attitude positive d'étude et de communication avec le Siège apostolique" et en l'absence de "toute polémique", "pour tous les fidèles catholiques de réfléchir sincèrement sur leur propre fidélité à la Tradition de l'Eglise, authentiquement interprétée par le Magistère ecclésiastique, ordinaire et extraordinaire, spécialement dans les Conciles oecuméniques, depuis Nicée jusqu'à Vatican II. De cette réflexion, tous doivent retirer une conviction renouvelée et effective de la nécessité d'approfondir encore leur fidélité à cette Tradition en refusant toutes les interprétations erronées et les applications arbitraires et abusives en matière doctrinale, liturgique et disciplinaire." (cf. Motu Proprio Ecclesia Dei)

A la FSSP, le Cal Hoyos écrit également ceci (désolé, je n'ai pas le document que vous citez, mais j'aimerais bien le lire si vous pouviez nous en communiquer les détails) :
"Je vous confie encore une réflexion personnelle : vous ne devez pas voir dans l'aspect rituel le centre de toute l'Eglise, et mettre cet aspect au même plan que les fondements mêmes, comme l'unité dans la vraie foi, la discipline commune sous la hiérarchie apostolique, et la liturgie, qui est la célébration des ministères de la foi. Le rite n'est pas encore la célébration elle-même, mais il en est une forme possible. En outre, n'oubliez pas que le rite réformé par le pape Paul VI est le rite universel de l'Eglise latine. Votre charge n'est pas de combattre cet état des choses, ou de parler de ce rite comme étant de moindre valeur, mais d'aider les fidèles, qui sont attachés au rite antérieur à se retrouver mieux dans l'Eglise. S'il est vrai que l'aspect rituel est une aide importante pour le maintien du Sacré, si menacé dans l'Eglise d'aujourd'hui par la sécularisation, celui-ci ne se maintient pas avec une seule forme du rite, comme quelques-uns pourraient le croire, mais il faut maintenir le Sacré dans tous les rapports avec Dieu. Votre charge est de le faire en célébrant cette vénérable forme de la liturgie romaine, d'autres le feront par d'autres moyens. Cependant, vous ne devez pas donner une suprématie à la forme de liturgie que vous avez le privilège de célébrer, mais il faut la voir plutôt comme la contribution caractéristique de votre Institut à l'uvre commune de l'Eglise. Votre contribution doit entrer dans cette harmonie de sainteté de l'Eglise, où iI y a certainement de la place pour des complémentarités, mais pas pour des oppositions. En faisant ainsi, vous contribuez en même temps à cette nouvelle Evangélisation à laquelle le Saint-Père nous appelle tous." (lisu sur le site de la FSSP - France)


3. le Code de droit canonique affirme également:
Can. 1371 – Sera puni d’une juste peine : 1 qui, en dehors du cas dont il s’agit au can. 1364, § 1, enseigne une doctrine condamnée par le Pontife Romain ou le Concile Oecuménique, ou bien qui rejette avec opiniâtreté un enseignement dont il s’agit au can. 750, §2, ou au 752*, et qui, après avoir reçu une monition du Siège Apostolique ou de l’Ordinaire, ne se rétracte pas ; § 2 qui, d’une autre façon, n’obéit pas au Siège Apostolique, à l’Ordinaire ou au Supérieur lorsque légitimement il donne un ordre ou porte une défense, et qui, après monition, persiste dans la désobéissance.
Can. 1372 – Qui recourt au Concile Oecuménique ou au Collège des Évêques contre un acte du Pontife Romain sera puni de censure.
Can. 1373 – Qui excite publiquement ses sujets à la contestation ou à la haine contre le Siège Apostolique ou l’Ordinaire à cause d’un acte du pouvoir ou du ministère ecclésiastique, ou bien qui incite les sujets à leur désobéir, sera puni d’interdit ou d’autres justes peines.
*Can. 752 – Ce n’est pas vraiment un assentiment de foi, mais néanmoins une soumission religieuse de l’intelligence et de la volonté qu’il faut accorder à une doctrine que le Pontife Suprême ou le Collège des Évêques énonce en matière de foi ou de moeurs, même s’ils n’ont pas l’intention de la proclamer par un acte décisif ; les fidèles veilleront donc à éviter ce qui ne concorde pas avec cette doctrine.


Ci-joint un commentaire du c. 752 traduit en langue française de la 5ème édition en langue espagnole préparé sous la responsabilité de l'Institut Martin de Azpilicueta qui fait autorité dans ce domaine:
Le canon se réfère au magistère ordinaire du Souverain Pontife ou du collège épiscopal en tant que tel qui, exposant la doctrine concernant la foi et les moeurs, ne prétend pas la définir par un acte définitif. Ce magistère authentique doit être reçu avec un «assentiment» religieux, même s'il n'est pas un objet propre de l'assentiment de la foi (cf. LG 25).
Pour mieux percevoir l'importance du magistère authentique dont parle ce canon, il faut tenir compte du fait que le Souverain Pontife n'a que très rarement défini un dogme de foi ex cathedra dans les conditions prévues par le Concile Vatican I et consignées dans le c. 749, § 1. Tout en remarquant que la plus grande partie du magistère ordinaire des papes est infaillible parce qu'il se réfère à des sujets du magistère universel et ordinaire de l'Église, il est intéressant d'observer l'ampleur du magistère authentique du Pontife romain, dont s'occupe ce canon. On peut en dire autant du magistère du collège épiscopal en tant que tel. Il suffit de rappeler, à ce propos, que l'immense majorité des documents du Concile Vatican II doivent recevoir la qualification de magistère authentique dont parle ce canon.


Petit bonus pour terminer:
"13 - Et Nous ne pouvons passer sous silence l'audace de ceux qui, ne supportant pas la saine doctrine, prétendent que : " Quant à ces jugements et à ces décrets du Siège Apostolique dont l'objet regarde manifestement le bien général de l'Église, ses droits et sa discipline, on peut, du moment qu'ils ne touchent pas aux dogmes relatifs à la foi et aux moeurs, leur refuser l'assentiment et l'obéissance, sans péché et sans cesser en rien de professer le catholicisme. " À quel point cela est contraire au dogme catholique sur le plein pouvoir, divinement conféré par le Christ Notre Seigneur lui-même au Pontife Romain, de paître, de régir et de gouverner l'Église universelle, il n'est personne qui ne le voie et qui ne le comprenne clairement et distinctement." (Quanta Cura - Pie IX)

"Et l'on ne doit pas penser que ce qui est proposé dans les lettres Encycliques n'exige pas de soi l'assentiment, sous le prétexte que les Papes n'y exerceraient pas le pouvoir suprême de leur magistère. C'est bien, en effet, du magistère ordinaire que relève cet enseignement et pour ce magistère vaut aussi la parole : "Qui vous écoute, m'écoute... ", et le plus souvent ce qui est proposé et imposé dans les Encycliques appartient depuis longtemps d'ailleurs à la doctrine catholique. Que si dans leurs Actes, les Souverains Pontifes portent à dessein un jugement sur une question jusqu'alors disputée, il apparaît donc à tous que, conformément à l'esprit et à la volonté de ces mêmes Pontifes, cette question ne peut plus être tenue pour une question libre entre théologiens." (Humani Generis - Pie XII)