Justin Petipeu - 2003-03-19 16:10:57
Non
c'est ce passge : (nième édition)
Le cahier de doléances, déjà bien garni, se remplit chaque jour de nouvelles accusations. Cela n?est pas un mystère que, lorsque JP II parla, lors d?un concistoire, de son désir de demander pardon pour les ?fautes? de ses prédécesseurs, la majorité des cardinaux repoussa cette idée. Le Papa s?aventura alors seul mais, à la grande satisfaction des progressistes, il fut accompagné du silence hostile de vastes secteurs ecclesiaux, même non traditionalistes, mais soucieux de préserver la vérité et la justice. Il s?agit de ces deux vertus qui allaient être violées une fois de plus lors des nouvelles demandes de pardon faites aux orthodoxes pour le sac de Constantinople le 13 avril 1204.
En effet, pour ceux qui connaissent l?histoire, il y a de quoi être perplexe. Les barons partant vers la terre sainte étaient belliqueux mais sans le sou. Venise offrit ses galères pour la traversée, en échange d?une somme convenable. Lorsque la flotte décida de faire escale à Zara, l?on s?aperçut que les croisés n?avaient pas de quoi payer la traversée. Les vénitiens proposèrent alors une transaction : si les croisés conquéraient la cité dalmatienne, qui s?était proclamée commune indépendante, ils auraient pû régler leur dette. Ainsi fut fait et Zara fut prise.
Lorsque le pape Innocent III l?apprit, il devint furieux. Il excommunia les barons, par une bulle enflammée envers ces chrétiens ?séduits par Satan?. Qu?ils aient été séduits, cela est prouvé par le fait qu?il acceptèrent l?invitation d?un basileus de Constantinople à l?aider à chasser un usurpateur de son trône. A la plus grande joie des vénitiens, désireux de retirer aux byzantins le monopole commercial, la flotte fit voile vers le Bosphore et ainsi, la capitale byzantine fut aussi reconquise et livrée, sans dommages ni effusion de sang, à Isaac II di Angelo qui la réclamait.
Toutefois, cette fois-ci, ce fut l?empereur qui floua les croisés, en ne respectant pas les promesses d?une récompense généreuse. C?est ainsi que, furieux, les barons reconquérirent la ville et la mirent horriblement à sac. Une fois de plus, Innocent II lança une excommunication, avec des invectives de feu : ?Vous, défenseurs du Christ, avez baigné dans le sang chrétien ... que le châtiment de Dieu descende sur vos têtes?. Comme on le voit dans cette triste histoire, l?Eglise, plutôt que coupable, fut victime des intrigues vénitiennes, byzantines et du tempérament ingouvernable des hordes croisées parties de France et d?Allemagne.
Pourquoi alors (se demandent-on au Vatican), demander pardon ? Mais au-delà des continuelles et déconcertantes ?vestra culpa? adressées aux morts qur lesquels, de toutes façons, seul le jugement de Dieu prévaut, il y a beaucoup d?autres motifs de mécontentements. Le pape, dit-on, en tant que catholique privé, peut ?et doit- recevoir des humiliations. Mais comme pape, il ne peut permettr que l?Eglise soit humiliée.