dominique - 2003-03-11 11:11:47
Re : Conciles houleux
"Ce ne sera pas simple dès lors que V2 est un concile qui ne se veut pas dogmatique mais pastoral"
faux. Vatican II a été l'un et l'autre. Avez vous lu le titre des constitutions "lumen gentium" et "Dei verbum" : constitution dogmatique sur l'Eglise; constitution dogmatique sur la Révélation. Le titre de "Gaudium et spes" : constitution pastorale sur l'Eglise dans le monde de ce temps.
Avez vous lu les formules de promulgation des constitutions ? elles ressemblent bigrement aux formules de promulgation du missel de S. Pie V : "tous les points ci-dessus ont plu aux pères... et nous, par notre autorité apolstolique, nous les promulgons... pour que le souvenir s'en maintienne à jamais. Paul, évêque". Non, décidément, ce concile, dans la forme, s'est voulu dans la ligne de ceux qui l'ont précédé.
Il y a donc bien eu à Vatican II une tâche dogmatique ET une tâche pastorale. Je n'ai jamais entendu prétendre le contraire que par ceux pour qui Vatican II s'est trompé, au nom du raisonnement suivant : "un concile dogmatique ne peut pas se tromper, or Vatican II s'est tromper, donc il faut prouver que Vatican II n'est pas un concile dogmatique pour sortir de la contradiction"; ensuite on cherche à prouver qu'on a raison : "tous les conciles antérieurs qui étaient dogmatiques ont proclamé des anathèmes, or Vatican II n'a pas proclamé d'anathème, donc Vatican II n'est pas dogmatique"; et là, on peut - rassuré sur son salut éternel - attaquer tranquilement le fond de ce qu'a dit le Concile.
Oublions cette distinction : le concile s'est voulu dogmatique et pastoral (comment aurait il pu être l'un sans l'autre, d'ailleurs : tous les conciles ont été les deux). La vraie question est celle de la validité de fond du Concile, sur lequel il y a un désaccord. Je vous renvoie au site www.chez.com/kenosis, où se trouve une excellente analyse de nos divergences.
Il y a eu divergence, elle existe encore : cessons seulement de dire qu'elle est due à je ne sais quel complot des méchants (les cardinaux et monseigneurs Montini, Bunigni, Bea...)contre les bons (les cardinaux et monseigneurs Ottaviani, Siri, Lefèvre).
Repartons de l'Ecriture, de la Tradition... et causons. Et arrêtons de chercher à invalider le passé.