Dans la Méditation III
Torquemeda () -  2003-01-28 17:45:25

Dans la Méditation III

"Mais, auparavant que j'examine cela plus soigneusement, et que je passe à la considération des autres vérités que l'on en peut recueillir, il me semble très à propos de m'arrêter quelque temps à la contemplation de ce Dieu tout parfait, de peser tout à loisir ses merveilleux attributs, de considérer, d'admirer et d'adorer l'incomparable beauté de cette immense lumière, au moins autant que la force de mon esprit, qui en demeure en quelque sorte ébloui, me le pourra permettre. Car, comme la foi nous apprend que la souveraine félicité de l'autre vie ne consiste que dans cette contemplation de la Majesté divine, ainsi expérimenterons-nous dès maintenant, qu'une semblable méditation, quoique incomparablement moins parfaite, nous fait jouir du plus grand contentement que nous soyons capables de ressentir en cette vie."

Et ce n'est qu'à la méditation V que nous découvrons l'argument ontologique qui est la "clef de voûte" du texte. Tout cela pour dire que Dieu n'est pas négligeable dans le parcours des Méditations...

Sur le fond, cher Justin, je vous répondrai juste que l'argument ontologique de saint Anselme ("ens quo majus cogitare non potest") et celui de Descartes ("l'être souverainement parfait") nous apprennent, certes, ce qu'est Dieu, mais en aucun cas "qui" est Dieu. C'est là tout le reproche que fera Pascal à Descartes, au sujet en particulier de la charité.