Vous vous rappelez ?
Matthieu -  2003-01-25 11:34:15

Vous vous rappelez ?

Le tableau "le Christ en Croix" voilé d'un rideau blanc au Palais de Justice de Metz

(BTAG)

Dépêche de Correspondance Européenne (CE 52/06), reprise avec l'autorisation de Roberto de Mattei. Parution tous les 20 jours / 300 F par an. (39, av. des Champs Élysées / 75008 Paris)

Le premier président de la Cour d'appel de Metz (France), M. Marcel Martin, et le procureur général, M. Georges Garrigues, ont annoncé que la salle des assises du Palais de la Justice garderait le tableau du XIXè siècle représentant le Christ en Croix. Toutefois, afin de préserver le principe français de laïcité, notamment des lieux où la justice se rend "au nom du peuple français", le tableau sera voilé d'un rideau blanc. Jusqu'à présent, personne ne s'était offusqué de le voir là; en effet, le département de la Moselle reste, depuis l'occupation allemande de 1870, sous régime concordataire, donnant aux cultes un statut particulier, permettant, par exemple, que les prêtres soient rémunérés par l'État.

Il y a 5 ans, un avocat du barreau de Metz, Maître Delrez, a commencé une campagne afin que cette toile soit enlevée. En avril, le président de la Cour d'assises, Alain Pierre, demande à François Heaulme la vérité en échange du "pardon divin". "Dieu n'a rien à faire ici", réplique l'avocat du tueur. Le procès est reporté. Le premier président de la Cour d'appel et le procureur général décident donc d'organiser une série de referenda. Tour à tour, les magistrats, les greffiers, les secrétaires et les avocats du barreau de Metz se prononcent en majorité en faveur du maintien du tableau. Les personnels des différentes juridictions disent "oui" au tableau par 125 voix pour et 86 contre; seuls les usagers de la Cour d'appel votent contre à une courte majorité (28 voix contre 26). Les résultats proclamés, il revenait au premier président et au procureur général de prendre une décision. Ils ont finalement opté pour un compromis : le tableau restera en place, mais voilé. Le Christ n'en sera que plus présent, la nature humaine faisant toujours naître la curiosité face à la dissimulation. (J.S.)


Et la suite de l'affaire...
"Depuis 1866, la salle de la cour d'assises de Metz arbore un tableau de Théodore Devilly représentant la crucifixion de l'hypothétique JC. L'œuvre ne fait pas dans la modestie vu ses grandes dimensions, 3,50m par 1,70m. Bien qu'étant en terre concordataire où la loi de séparation de l'Église et de l'État ne s'applique pas, la présence de ce tableau reste inacceptable dans un lieu où la justice est rendue. En dehors de l'aspect religieux, un homme cloué sur une croix n'est pas le genre d'image souhaitable dans un palais de justice. C'est ainsi que Me Daniel Delrez a réclamé la disparition du tableau en vertu de la laïcité de la République. Le premier président de la Cour d'appel et le procureur général ont alors décidé en juillet 2000 de soumettre la question au vote des personnels et usagers du tribunal de Metz alors que cette question est du domaine de compétence de l'Etat. Le vote organisé en septembre 2000 a choisi de conserver le tableau mais, en attendant de prendre une décision définitive devant recevoir l'accord de la Chancellerie qui demandait son retrait, le tableau a été recouvert d'un rideau. Il est urgent qu'une décision de plus haut niveau intervienne pour faire disparaître le tableau de ce lieu, une situation qui résulte du statut scandaleusement pro-religieux de la Moselle."

Et ça continue je pense, un peu partout... Quand la république n'est pas iconoclaste, elle cache tout le vrai visage de la France pour le remplacer par le masque de l'infamie !