Athanasios D. - 2003-01-23 13:54:22
Je regrette...
de vous avoir fait achopper...
Mais il ne faut pas s'arrêter aux passages qui, pris tels quels sans les développements qui suivent, peuvent surprendre selon la lecture qu'on en fait.
Ainsi, par rapport à votre citation en italique, vous ometez ceci: Au Moyen Age, on avait tiré de dures conséquences de cette confusion. « Je coupe la tête à l'erreur ! » avait dit Charlemagne et il avait coupé la tête à des milliers de Saxons qui refusaient le baptême (299). Je suis l'Inquisiteur, avait dit Bernard Gui, l'intransigeant dominicain qui avait adopté la manière forte avec les cathares de la France méridionale au commencement du XIVe siècle. II écrivait : « Le but de l'Inquisition est la destruction de l'hérésie. Mais l'hérésie ne peut pas être détruite si l'on ne détruit pas en même temps ceux qui les reçoivent, les favorisent et les défendent (300) ».
Soit la majorité soit la minorité étaient d'accord (307bis) pour dire que l'Église avait toujours enseigné le « ne pas contraindre » ; la minorité affirmait que, avec le « ne pas contraindre », l'Église avait enseigné aussi « l'empêcher ».
299. Capitulatio de partibus Saxonum, can. 8 A Verden, sur l'Aller près de Brème, 4 500 Saxons furent décapités en 782. II est vrai que le pape Adrien désapprouva. Alcuin écrivit: Envoyez aux Saxons des missionnaires, non des brigands, en donnant pour motif: « Attrahi potent homo ad finem, non cogi. Cogi poteris ad baptismum, sed non proficit fidei » (L'homme peut être attiré à la foi, mais non contraint. II peut être contraint au baptême, mais le fait n'est pas bon pour la foi), Todesco, III, 1925, p.116.
300. Practica Inquisitionis, Panigi 1886, p. 217.
307 bis. C. 1351. - Mystici Corporis (AAS, 1943, p,243): « si qui, non credentes, eo reapse compelluntur ut Ecclesiae aedificium intrent ..., ii procul dubio yen christifideles non fiunt fides enim... tibernimum esse debet "obsequiuni intellectus et voluntatis" (Conc. Vatic. I). Si igitur aliquando contingat, ut contra constantem Apostolicae huius Sedis doctrinam ad amplexandam catholicam fidem aliquis adigatur invitus, id Nos facere non possumus quin, pro officii Nostri conscientia, reprobemus » (S'il en est qui, sans croire, sont en réalité contraints à entrer dans l'édifice de l'Église... ceux-là, sans aucun doute, ne deviennent pas de vrais chrétiens car la foi sans laquelle on ne peut plaire à Dieu doit être un libre « hommage de l'intelligence et de la volonté ». Si donc il arrive parfois que, contrairement à la doctrine constante du Siège Apostolique, quelqu'un soit amené malgré lui à embrasser la foi catholique. Nous ne pouvons nous empêcher, conscient de notre devoir, de réprouver un tel procédé).
Si vous défendez pareilles "manières d'agir moins conformes, bien plus même contraires à l'esprit évangélique" en soutenant qu'elles sont catholiques, alors j'ai mal à mon tour à mon Eglise...
Athanasios