Nouvelles du CIEL - janvier 2003
C.I.E.L. -  2003-01-19 22:52:45

Nouvelles du CIEL - janvier 2003

Parce que la liturgie est au coeur de la vie de l’Eglise ...
Lettre du C.I.E.L. - Janvier 2003

C.I.E.L. - Centre International d'Etudes Liturgiques
11 avenue Chauchard 78000 Versailles FRANCE
Tél : 01 53 68 46 28 - Fax : 01 53 68 46 27
Mél : ciel@pro-ecclesia.com - Site internet : www.pro-ecclesia.com (en refonte complète)

[vous pouvez faire connaître ce bulletin en le transmettant à vos connaissances
il suffit pour s'abonner d'en faire la demande par mél
si vous ne désirez plus recevoir ces messages, répondez avec la mention REFUSE]



--------------------------------------------------------------------------------

Chers amis,

Au nom de toute l'équipe du C.I.E.L., je vous souhaite une très sainte année 2003. Depuis quelques années la réflexion dans le domaine liturgique se fait plus profonde, une véritable prise de conscience des problèmes liturgiques se répand même si il semble que la recherche de solutions semble encore balbutiante. Il reste malheureusement encore beaucoup de crispations dans ce domaine qui rendent difficiles un débat paisible et la "guerre des rites" fait encore rage. Pourtant, il existe une profonde et véritable aspiration à une liturgie plus sacrée, plus révérentieuse, plus orientée vers Dieu, aussi bien parmi les fidèles que parmi les prêtres. Formons le voeu que tous ceux qui aspirent à la paix liturgique, dans une unité respectueuse des différences et des richesses de chacun puissent se rencontrer, se parler, confronter leurs vues dans la plus grande charité et constater que tout ce qui nous rapproche est plus important que ce qui nous éloigne.

C'est dans cet esprit que le C.I.E.L. continue son travail de réflexion, d'études, de publications. A cet égard, vos suggestions et votre aide sont les bienvenues; il y a de multiples possibilités d'aide pratique pour diffuser plus largement nos travaux; il suffit pour cela de prendre contact avec nous.

Vous trouverez ci-joint un compte rendu de notre dernier colloque ainsi que quelques textes qui vous donneront un aperçu des travaux du colloque avant la publication des actes en mai prochain. Bonne lecture.

Soyez assurés de notre dévouement,

Loïc Mérian - président du C.I.E.L.

8ème colloque du C.I.E.L. : Liturgie et sacré

Sermon de la messe d'ouverture : Mgr Laise

Sermon de la messe du 22 novembre 2002 : Mgr Hobayan

Sermon de la messe de clôture du colloque : Mgr Wladimir-Marie de saint Jean

Liturgie, tradition et culture : Mgr Schmitz

Les actes du colloque 2002

Les publications du C.I.E.L.


--------------------------------------------------------------------------------

8ème colloque du C.I.E.L. : Liturgie et sacré
21-23 novembre 2002 à Versailles

Pour la huitième année consécutive, le Centre international d'Etudes Liturgiques (C.I.E.L.) a tenu son colloque international consacré à la liturgie romaine dans le diocèse de Versailles, au domaine de l'Ermitage du 21 au 23 novembre 2002.

«Liturgie et sacré» tel était l’important thème de cette année. tant de témoignages affluent pour regretter la perte du sacré dans les actes religieux et en particulier dans la liturgie, à l’exemple du cardinal Danneels qui déclarait en 1996 : «Il fut un temps où l'on croyait que la désacralisation rapprocherait la liturgie des fidèles. En guise de calice et de patène : un verre et une assiette. On pouvait transporter calice, patène, grande hostie, missel, papiers pour l'homélie, hosties pour les fidèles, clés et boîtes d'allumettes, en les empilant comme on fait le service dans un café de boulevard. Si tout est sacré, il n'y a plus de profane. Mais si tout devient profane, il n'y a plus de sacré. Il faut préserver une tension entre la foi et le monde, entre le ciel et la terre, l'âme et le corps. Que les dimanches ne soient pas comme les lundis, le langage de l'Eucharistie comme celui d'une table ordinaire. La liturgie est comme un parc, une réserve naturelle, où l'on protège les dimensions les plus délicates et les plus menacées de l'existence.»
C’est à ce constat que le colloque de cette année à tenter d’apporter réfélexion et réponses.

10 nations étaient représentées : Allemagne, Philippines, Etats-Unis, Australie, France, Suisse, Argentine, Espagne, Irlande et Grande Bretagne. Les quelques soixante dix participants purent donc durant trois jours, partage de manière abondante leurs expériences différentes et comparer la situation liturgique dans leurs pays respectifs.

Parmi les personnalités présentes il faut d’abord saluer Mgr Hobayan, évêque de Catarman aux Philippines et Mgr Laise, évêque émérite de San Luis en Argentine aujourd’hui retiré à San Giovanni Rotondo où il confesse et prie à la suite de Saint padre Pio ; ils étaient bien sûrs entourés de nombreux prêtres de communautés diverses, parmi lesquelles la Fraternité St Pierre représentée par son supérieur général, M l'abbé Devillers, l'Institut du christ roi et son prieur général Mgr Wach, l'abbaye ste Madeleine du Barroux, les chanoines réguliers de la Mère de Dieu autour de Mgr Wladimir, abbé, la fraternité st Vincent Ferrier. Comme à l’accoutumée les débats ont été nombreux à la suite des conférences ou autour de la désormais célèbre buvette du colloque.

Les cérémonies liturgiques, magnifiquement ordonnées par l’Institut du Christ Roi et accompagnées des chorales dirigées par Louise Dumoulin et Michel Lefèvre ponctuèrent les trois journées de travail. La messe d'ouverture fut célébrée par Mgr Laise, désormais fidèle habitué du colloque. Le second jour ce fut Mgr Hobayan qui délivra un émouvant sermon, ému de célébrer la messe de son ordination. Puis après la conclusion du colloque le dernier jour, Mgr Wladimir, dans la sollenité de la messe pontificale donna la touche finale à cette réunion internationale.
Dix conférenciers se sont succédés, abordant chacun un aspect de la question, l’ensemble de ces réflexions devant être complétés par une série de textes complémentaires dans les actes du colloque.

C’est le père Gruau qui introduisit les débats par sa réflexion sur l’homme moderne face au sacré. Mais le constat du malaise actuel devant le sacré, de la difficulté pour l’homme à entrer dans une atmosphère sacrée ne suffit pas. C’est pourquoi le père Weber, le père Forresyt et l’abbé Jackson montrèrent comment est possible une véritable éducation au sacré et comment une éducation au sacré est un chemin de foi.
La liturgie est évidemment au coeur de cette étude et différents intervenants se sont attachés à montrer différents aspects du déploiement du sacré dans la liturgie : le professeur Gordon Smith montra en quoi l’architecture sacrée peut contribuer à élever l’âme mais aussi en quoi elle peut la perdre à travers la dishamronie. Le docteur Berry, au cours d’une conférence à deux voix, témoigna de la puissance du chant grégorien pour mener à l’élévation spirituelle. Martin Mosebach insista sur l’aspect symbolique des rites en tant qu’ils introduisent au mystère. Et enfin Mgr Wladimir fit une conférence très remarquée sur le silence ... ouvrant là de nombreuses pistes de réfelxion très fructueuses.
Les conférences de l’abbé Guillard et l’abbé Moreau montrèrent en quoi la liturgie tridentine est porteuse de sacré et ainsi même fortement missionnaire.

L'ensemble de ces conférences très riche fut conclue par Mgr Schmitz qui dénonça vigoureusement la volonté d’adapter la liturgie au monde moderne alors qu’elle est avant tout un moyen de son salut.
En finale trois jours de réflexion, de prière et surtout de liens fraternels, par delà les cultures et les nationalités pour présenter à l’Eglise des travaux qui espérons-le pourront contribuer à retrouver un sens du sacré qui hélas semble avoir un peu disparu dans la tourmente des années 60 mais qui répond à un profond besoin de l’homme.


--------------------------------------------------------------------------------

Sermon de la messe d'ouverture : Mgr Laise

Mgr Juan-Rodolfo Laise, évêque émérite de San Luis (Argentine)

Chers amis du CIEL,
C'est de nouveau pour moi une grande joie de me retrouver parmi vous à l'occasion de votre congrès annuel. Cette année , vous avez choisi comme thème le sacré. Il me semble qu'il est de la première importance. Tout est aujourd'hui désacralisé. " Dieu est mort ", a-t-on dit ; mais si Dieu est mort, l'homme aussi.

Ne voyez-vous pas combien, dans notre société contemporaine, l'homme compte pour rien. De la naissance à la mort, sa vie est en perpétuel danger. Va-t-on le laisser naître ? Va-t-on l'aider à mourir plus vite que n'aurait voulu la Providence ? Et entre ce laps de temps, que va-t-il lui arriver dans un monde qui parle plus de guerre que de paix ? Oui, mes bien chers frères, si l'homme n'est plus rien, c'est parce que rien n'est sacré à ses yeux.
Je crois que votre association a une mission de la plus grande importance en promouvant le rite romain traditionnel, qui est dans son domaine liturgique la manifestation la plus sublime du sacré. Par les ornements riches et beaux dont il se pare ; par la langue, qui n'est pas celle du vulgaire ; par tous les symboles et signes qui manifestent à l'évidence qu'en dessous de tout cela, il y a une réalité que l'on doit respecter et adorer. La désacralisation de la liturgie, la banalisation des rites, la distribution de la Sainte Communion dans la main ont contribué grandement et coupablement à désacraliser le " Sacré par excellence " : Dieu, et le culte que les hommes doivent lui rendre en obéissant aux trois premiers des dix commandements.

Que la Vierge Très Sainte, qui portait en son sein sacré le Verbe de Dieu - Elle toute pure et toute consacrée à son Seigneur - qu'Elle vous donne, à vous prêtres d'abord, le vrai sens du sacré, de ce que vous êtes et de ce que vous faites ; et à vous, chers fidèles, d'approcher avec une crainte révérencielle, comme Moïse, les manifestations de Dieu dans sa liturgie. Ainsi soit-il !


--------------------------------------------------------------------------------

Sermon de la messe du 22 novembre : Mgr Hobayan

Homélie de Mgr Angel T. Hobayan DD, JCD
évêque de Catarman, Philippines

Avant tout, je tiens à exprimer ma sincère reconnaissance pour l'invitation qui m'a été faite de célébrer la messe au cours de ce colloque.
C'est véritablement avec une joie et un bonheur immense que je vous salue tous aujourd'hui, mes chers frères en le Seigneur Jésus-Christ. Je viens des Philippines, pays connu pour sa beauté et pour la pauvreté dans laquelle vit la majorité de ses 80 millions d'habitants. Mais, si les Philippines sont bien connues dans le monde entier, c'est aussi en raison du trésor inestimable de la foi catholique qui a été apportée à nos rivages et à nos ancêtres par les courageux missionnaires européens dans les premières années du XVe siècle. Sans répit, ils ont prêché l'Évangile, et ils sont même allés jusqu'à donner leur vie pour convertir notre peuple à la foi catholique.

Notre peuple a conservé cette foi jusqu'à aujourd'hui et, dans leur majorité, les baptisés qui se reconnaissent comme catholiques continuent à la pratiquer, quoique ni pleinement ni intégralement. Il n'en reste pas moins que 83% des Philippins sont des catholiques baptisés, ce qui représente environ 67 230 000 âmes. À mon humble avis, j'estime que cette réalité est un immense trésor. Imaginez cela : un groupe d'îles entourées de populations qui professent résolument des religions diverses et variées telles que le shintoïsme, le bouddhisme et surtout l'islam, sans parler des millions d'hommes et de femmes qui, autour de nous, ne professent aucune religion.

C'est avec joie que j'ai accepté l'invitation à célébrer la messe au cours de ce 8e colloque du Centre international d'Études liturgiques ; cela dit, j'ai eu beaucoup de mal, au départ, à comprendre les raisons pour lesquelles ces colloques sont organisés depuis 1995. Je me suis sérieusement efforcé de mieux comprendre vos objectifs et vos activités et, ce faisant, j'ai pris conscience de l'un des plus importants facteurs pour lesquels nous, les catholiques philippins, nous avons conservé la foi catholique dans notre pays. Ce facteur est la présence du prêtre dans chaque communauté - que ce soit une paroisse, un mouvement ecclésial interparoissial ou encore les communautés ecclésiales de base, structures que le second Concile plénier des Philippines a adoptées en 1991, y voyant " notre façon d'être l'Église aux Philippines ". Lorsque je parle de la présence du prêtre, je veux parler de sa présence dans la communauté plus particulièrement lorsqu'il célèbre la messe. Dans la plupart de nos villages, la communauté attend impatience, chaque année, de fêter son saint patron. Et la célébration de la messe est au cœur de chacune de ces fêtes. En outre, pour tout catholique philippin, la messe est un élément indispensable de toute événement à caractère social ou familial tel que le baptême, le mariage, l'anniversaire d'une mort et des cérémonies d'actions de grâces, qu'elles soient simples ou solennelles.

De ce point de vue, je crois que l'objectif du Centre international d'Études liturgiques - à savoir de " faire connaître et mieux comprendre la conception de la liturgie traditionnelle de l'Église catholique romaine [...] en totale fidélité au Saint-Siège " - est une entreprise véritablement digne d'éloge dans la mesure où elle cherche à saisir la valeur et la dignité de ce sacrement qui, d'une certaine manière, a été victime de l'influence négative de certains mouvements qui en ont obscurci sa signification authentique dans notre tradition catholique.

C'est la raison pour laquelle je veux rappeler ce que la Sacrée Congrégation pour les Sacrements et la divine Liturgie a précisé dans sont instruction intitulée Inestimabile Donum. En effet, ce document présente de nombreux résultats positifs des réformes liturgiques instaurées à la suite du Concile Vatican II, tels que :

a) une participation plus active et consciente par la foi aux mystères liturgiques ;
b) une plus grande richesse doctrinale et catéchétique grâce à l'emploi des langues vernaculaires ;
c) un plus grand choix de textes bibliques ;
d) une meilleure compréhension de la vie liturgique ;
e) des efforts positifs pour combler le fossé entre la vie et le culte, entre la piété liturgique et la piété personnelle ainsi qu'entre la liturgie et la piété populaire.

Cependant, ce même document énumère avec tristesse un certains nombre d'abus fréquents et variés constatés dans différentes parties du monde, à savoir :

a) une confusion des rôles, notamment en ce qui concerne le ministère des prêtres et le rôle des laïcs, comme par exemple la récitation de la prière eucharistique par toute l'assemblée, les homélies prononcées par des laïcs, la distribution de la communion par des laïcs alors que les prêtres s'en abstiennent ;
b) une perte de plus en plus grande du sens du sacré, qui s'exprime concrètement par l'abandon des vêtements liturgiques, la célébration de l'Eucharistie en dehors de l'église sans nécessité réelle, le manque de révérence et de respect pour le Saint-Sacrement, etc. ; et,
c) méconnaissance du caractère ecclésial de la liturgie, comme en témoignent l'emploi de textes profanes, la prolifération de prières eucharistiques non approuvées, la manipulation de textes liturgiques à des fins politiques et sociales.

Ce programme lancé par le Centre international d'Études liturgiques, qu'il poursuit avec diligence depuis huit ans, est une réponse fructueuse à l'appel lancé par le pape Jean-Paul II aux pasteurs et aux théologiens dans la lettre apostolique Ecclesia Dei :

Mais tous les pasteurs et les autres fidèles doivent aussi avoir une conscience nouvelle non seulement de la légitimité mais aussi de la richesse que représente pour l'Église la diversité des chartismes et des traditions de spiritualité et d'apostolat. Cette diversité constitue aussi la beauté de l'unité dans la variété : telle est la symphonie que, sous l'action de l'Esprit Saint, l'Église terrestre fait monter vers le ciel.
Je voudrais en outre attirer l'attention des théologiens et des autres experts en science ecclésiastique afin qu'ils se sentent interpellés eux aussi par les circonstances présentes. En effet, l'ampleur et la profondeur des enseignements du Concile Vatican II requièrent un effort renouvelé d'approfondissement qui permettra de mettre en lumière la continuité du Concile avec la tradition, spécialement sur des points de doctrine qui, peut-être à cause de leur nouveauté, n'ont pas encore été bien compris dans certains secteurs de l'Église.

Il a réaffirmé ces pensées lorsqu'il a déclaré, à l'occasion du dixième anniversaire d'Ecclesia Dei, le 26 octobre 1998 :

Je souhaite que tous les membres de l'Église demeurent les héritiers de la foi reçue des Apôtres, dignement et fidèlement célébrée dans les saints mystères, avec ferveur et beauté, afin de recevoir de manière croissante la grâce et de vivre une relation intime profonde avec la divine Trinité.

Je voudrais terminer cette brève réflexion sur une note personnelle : je suis le produit tant de l'ancien mouvement liturgique que du nouveau. Ordonné prêtre en 1955, j'ai dit la messe traditionnelle pendant un certain nombre d'années. J'étudiais à Rome lorsque s'est déroulé le Concile Vatican II et, depuis, j'ai célébré avec joie et enthousiasme l'Eucharistie selon la réforme liturgique. Aujourd'hui que m'est donnée l'occasion de célébrer la messe que je célébrais lorsque j'étais jeune prêtre, je suis très heureux de voir maintenue cette belle tradition, maintenant que j'arrive aux dernières années de mon ministère sacerdotal avant de quitter les fonctions épiscopales que j'ai assumées pendant 20 ans. Je prie pour que, comme je l'ai mentionné au départ, la présence du prêtre célébrant - avec amour et dévotion - l'Eucharistie dans nos communautés continue à préserver et contribue à diffuser la foi dans le Christ, en toute confiance et fidélité à l'égard des enseignements de l'Église catholique romaine.


--------------------------------------------------------------------------------

Sermon de la messe de clôture du colloque : Mgr Wladimir-Marie de Saint Jean

Homélie de la messe pontificale de clôture
Mgr Wladimir-Marie de Saint-Jean,
abbé des chanoines réguliers de la Mère de Dieu

" On ne comprend rien à la civilisation moderne - écrit Georges Bernanos - si l'on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure "
A la cadence d'une course que chaque jour accélère, nos temps réalisent cette parole effrayante.
La " vie intérieure ", ce dynamisme sacré de la grâce généreusement accueillie, par lequel l'homme se voit promu à une divine collaboration dans l'ordre des biens surnaturels ; … la " vie intérieure ", cette conjonction du Ciel et de la terre, où la trouver aujourd'hui ?
Certes, on la sent vibrer dans les cloîtres et les séminaires où fleurissent encore les saintes observances ; certes, elle continue d'animer le ministère de ces prêtres dévoués dont le zèle veut, chaque jour, se réchauffer à sa flamme.
" Vie intérieure " encore, chez ces personnes et dans ces familles dont l'Evangile demeure la lumière, dont la Messe et les sacrements jalonnent la route de haltes régulières et spirituellement fécondes.
Alors la " conspiration universelle " contre toute intériorité, qu'est-elle donc sinon l'invasion du divertissement aux multiples facettes, l'énervement des sens et l'affolement des passions, le tumulte du bruit et des " informations " effaçant le silence et nous abreuvant trop souvent d'inquiétudes ?
Pour le plus grand nombre de nos contemporains, comment, et quand, et où pouvoir encore penser, rentrer en soi-même, méditer et surtout, surtout, comment pouvoir prier ? Comment garder vive encore la faculté de s'étonner, d'admirer et de frémir, dont Goethe prétendait qu'elle est " le meilleur de l'homme ", si l'âme se voit à chaque instant repue de spectacles aux allures de merveilleux, de violence et de sensualité, diffusés sans retenue par mille instruments sonores et visuels ?

De la liberté - non pas celle dont les lettres d'or paradent aux frontons - mais la liberté vraie, née du divin Sacrifice qu'abolit l'esclavage du péché, de cette liberté là, intérieure, le sanctuaire chrétien ne demeure-t-il pas aujourd'hui, à peu près seul, l'ultime oasis ?
Entrez dans cette nef d'où l'Homme-Dieu, encore et toujours, apaise tempêtes et fureurs. Entrez dans la grande louange liturgique, montez avec elle jusqu'au trône de Dieu, et vous vous verrez bientôt rendus à vous-même. Car, en nous élevant jusqu'à Lui, en nous unissant à Lui par la communion spirituelle et eucharistique, en nous divinisant ainsi à force de grâce, Dieu ne nous ravit nullement à nous-mêmes.
Au contraire, il nous recrée en actualisant en nous son Salut. Mais cela ne saurait se faire sans que nous y collaborions. Pour Dieu, en effet, nous ne sommes pas des consommateurs que l'on gaverait pour les mieux exploiter, ou pour les amener à servir une idéologie. La liberté n'est rendue qu'à l'âme qui refuse et fuit son esclavage.
Il faut donc décider d'emprunter la voie du silence et de l'intériorité. Ni la prière privée, ni la participation réelle à la Liturgie ne sauraient être ces prétendus dialogues en lesquels l'âme ne discourt que d'elle-même ou avec elle-même.
Tout ce dont la " conspiration universelle " a voulu encombrer notre " intérieur ", afin qu'alourdi et entravé par tant de liens et d'intérêts terrestres, il ne désire même plus les biens éternels, tout cela doit en nous se relativiser lucidement à " l'unique nécessaire ", le Royaume sans frontières ni déclin, l'éternité.
Rien ne saurait nous y mieux disposer que la Liturgie sacrée, à nous transmise par la tradition des siècles. Car, tandis qu'elle reflète la grande Liturgie céleste, elle l'anticipe dans le temps de notre ici-bas. Notre vie intérieure s'origine à ce culte, s'en éclaire et s'en nourrit et, en vertu de cet " admirabile commercium ", monte vers Dieu l'authentique " adoration en esprit et en vérité ".

Ne voyons-nous pas combien une telle réalité revêt une importance urgente et capitale pour notre société contemporaine, en toute et chacune des sphères où elle se meut ?
Qu'on laisse s'estomper, puis s'évanouir et finalement s'effacer le sens du sacré dans la société et nous verrons combien l'homme se fera de plus en plus "un loup pour l'homme".
Célébrons des liturgies du quotidien, du banal et de l'actualité, dans une tonalité toujours plus horizontale et nous ne chanterons bientôt plus qu'une solidarité précédant, sans pouvoir l'empêcher, l'avènement de l'indifférence, avant le triomphe de la nouvelle barbarie.
Au contraire, les rites sacrés, tout empreints de révérence filiale, de mutuel respect et d'une solennité de bon aloi, invitent l'âme au silence et au recueillement indispensables à toute vie intérieure.
Il s'ensuivra un sentiment de vénération profonde et même d'adoration envers le Créateur. La conscience que tous les hommes sont des créatures fera alors apparaître l'absurdité et la culpabilité de l'indifférence et de la haine et, alors, la charité pourra se répandre de nouveau. Seul le Sacré peut porter de tels fruits.
" Toute célébration liturgique est un acte de la vertu de religion qui , en cohérence avec sa nature, doit se caractériser par un sens profond du sacré. " (Jean-Paul II, Discours à la Plenaria de la C.C.D., le 21 sept. 2001). Le Souverain Pontife, dans le même discours, affirme que le Missel " dit de saint Pie V " contient " de très belles prières par lesquelles le prêtre exprime les plus profonds sentiments d'humilité et de révérence en présence des saints Mystères : [ces prières] révèlent la substance même de toute liturgie ."
Nous ne saurions accueillir ces paroles pontificales, d'une force et d'une clarté remarquables, que tel un sérieux encouragement à poursuivre dans notre voie de fidélité filiale à " la substance même de toute liturgie ".
A cette substance s'illuminent et se nourrissent chaque jour nos âmes, dans et par la célébration, au sein de la Mère Eglise, de ce rite vénérable qui nous réunit ici, en ce jour, pour clôturer saintement ce Colloque d'une importance si providentiellement actuelle.
Ainsi soit-il !


--------------------------------------------------------------------------------

Tradition, liturgie et culture catholique : Mgr Schmitz

Conclusion du 8ème colloque du C.I.E.L.
Mgr Rudolf Michael Schmitz (Allemagne)
Né en mars 1957 en Rhénanie, Mgr Schmitz a été ordonné prêtre en 1982. Il est membre de l'Institut sacerdotal du Christ-Roi Souverain Prêtre, au sein duquel il occupe la fonction de vicaire général auprès du supérieur Mgr Wach. Après un doctorat de théologie dogmatique (1988), une licence en droit canonique et plusieurs années comme vicaire, il devient assistant à l'université de Munich (1993-1995). Nommé attaché à la nonciature du Kirghizistan (Asie Centrale) et directeur du Centre culturel catholique de Kirghizie, il tient une chaire à l'université Russo-Kirgiz de Bishkek et devient professeur étatique de la République Kirghiz en 1997. Depuis 2000, il est supérieur pour les Etats-Unis de l'Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre. Il est chapelain magistral de l'ordre de Malte, membre de l'Académie pontificale de théologie à Rome et conseiller scientifique du Centre International d'Etudes Liturgiques. Il a publié de nombreux ouvrages et articles philosophiques, théologiques et canoniques.

La préservation de la foi dans notre monde semble extrêmement difficile, parce que la foi subjective et la foi objective, l'acte de foi et le contenu de la foi, ne se trouvent pas souvent en harmonie une fois que la Tradition catholique a été rejetée comme moyen d'accès à la source de la Révélation divine. Il y a bien des personnes qui auraient l'intention de croire en Dieu mais qui ne savent pas que cette volonté individuelle a besoin d'une liaison objective avec la réalité divine afin que leur acte de foi ne soit pas réduit dès le commencement à un sentiment aveugle ou à un pur désir subjectif. On ne peut pas croire en ce qu'on ne connaît point, et en conséquence chaque croyance a besoin d'un contenu au moins théoriquement 'sur-individuel', 'au-delà de l'individuel', si elle se veut être plus qu'une fantaisie nostalgique de l'âme personnelle. Le sentimentalisme, le piétisme, l'apparitionisme, en champs religieux ne sont que des formes plus ou moins mitigées d'un manque d'harmonie traditionnelle entre le "fides quae" et le "fides qua", entre foi subjective et vérité divine. Ils réduisent la foi à un contenu privé et différent de personne à personne en sorte que cette foi reste incommunicable et paralyse les forces de l'âme en la renfermant sur elle-même ou sur des convictions strictement individuelles. Qui nie la possibilité de transmission de vérité divine par une tradition objective ne peut que tomber dans le pur subjectivisme religieux: "Qui ne croit rien, croit tout."

Pour sauvegarder la foi et la vie chrétienne contre les néfastes conséquences de ce manque d'unité entre la foi subjective et la foi objective, on a cru bon d'insister sur la défense de la vérité révélée comme principe de la foi et comme contenu de la tradition dans l'Eglise. Sans aucun doute, cette défense était bien nécessaire surtout durant les siècles suivants la Réforme, qui avait en effet mis l'emphase sur le jugement individuel et sur la grâce subjective. Et ce, encore au 19ème siècle qui a vu naître un nouveau piétisme et un romanticisme souvent périlleux pour la foi. Il est par trop évident pourtant que cette insistance sur la défense intellectuelle de la vérité avait tendance à ne voir la foi que comme un ensemble de principes théoriques devant être parfaitement raisonnables, c'est-à-dire, appropriés ou mesurés selon les capacités de l'intellect humain. Le rationalisme de l'école illuministe a bien influencé la théologie des 18ème et 19ème siècles, comme le montrent les condamnations des rationalistes et semi-rationalistes par le B. Pape Pie IX. Toutes les forces du thomisme ont été dirigée contre ces erreurs dont la réfutation fut le grand mérite des théologiens de l'école Romaine comme Perrone, Schrader, Scheeben, Passaglia et d'autres.

Le rationalisme et le subjectivisme se sont unis dans une symbiose néfaste au temps du modernisme, où l'Eglise a du combattre, et le rationalisme de Loisy et le pragmatisme irrationnel de Le Roy qui, maintes fois, se réunissaient dans une mélange assez indigeste, comme par exemple dans les idées de Tyrell et du Baron von Huegel. Dans un effort surhumain, Pie X a su rectifier ces hérésies, non seulement en prenant des mesures intellectuelles contre elles, mais en unissant judicieusement la force de la vérité, aux sanctions des lois et au renforcement de la vie liturgique de l'Eglise. Dans le procédé qu'il a voulu entreprendre contre les erreurs de son temps se reflète le style de ses deux prédécesseurs les B. Pie IX et Léon XIII, qui tout en étant peut être différents dans leurs vues politiques, se montraient également décidés à continuer la tradition de l'Eglise à un niveau vraiment intégral, c'est-à-dire conforme aux exigences non seulement de l'intellect mais aussi de la vie chrétienne. Ces deux papes avaient reçu une éducation de la part de parents qui étaient encore jeunes avant le temps des grandes révolutions politiques, culturelles et morales des 18ème et 19ème siècles. Ils furent donc capables de donner à leurs fils une éducation conforme à la grande tradition de toujours, laquelle était loin d'être une éducation purement intellectuelle.

Tradition et vie

L'Eglise a toujours insisté sur une intégration de la vérité dans sa vie. Tradition donc, veut dire beaucoup plus que sauvegarde d'une vérité intellectuelle ou transmission de phrases théoriques. Déjà, le Principe de la tradition, Notre Seigneur Jésus Christ lui-même, n'avait pas seulement enseigné des principes. Il n'avait pas seulement donné des instructions intellectuelles. Il n'avait pas exclusivement laissé une révélation de mots, mais toute sa vie a été révélatrice, ses mots comme ses gestes, ses enseignements comme ses miracles, ses paraboles comme ses prières, ses victoires verbales comme ses souffrances corporelles, son silence et son sommeil mêmes avaient encore une portée révélatrice. Le Concile Vatican II a souligné cette importance universelle de sa vie pour la tradition dans le numéro 17 du document sur la Révélation "Dei Verbum":"Dès que fut venue, en effet, la plénitude des temps (cf. Ga. 4,4), le Verbe de Dieu s'est fait chair, et il a habité parmi nous plein de grâce et de vérité (cf. Jn 1,14). Le Christ a instauré le règne de Dieu sur terre; par des gestes et paroles, il a révélé son Père et lui-même; par sa mort, sa résurrection, son ascension glorieuse et par l'envoi de l'Esprit-Saint, il va parachever son oeuvre. Elevé de terre, il attire tous les hommes (cf Jn 12,32 grec), lui qui seul possède les paroles de la vie éternelle (cf. Jn 6,68)." Aussi le Catéchisme de l'Eglise Catholique met-il l'emphase sur cette harmonie entre révélation verbale et révélation vécue dans la personne de notre auguste Rédempteur: "Des langes de sa nativité (cf. Lc 2,7) jusqu'au vinaigre de sa Passion (cf. Mt 27, 48) et au suaire de sa Résurrection (cf. Jn 20, 7), tout dans la vie de Jésus est signe de son Mystère. A travers ses gestes, ses miracles, ses paroles, il a été révélé qu'en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité' (Col 2,9). Son humanité apparaît ainsi comme le 'sacrement', c'est-à-dire le signe et l'instrument de sa divinité et du salut qu'il apporte: ce qu'il y avait de visible dans sa vie terrestre conduisit au mystère invisible de sa filiation divine et de sa mission rédemptrice." (CEC 515) En effet, même les différents stades de la vie du Seigneur, le développement de sa nature humaine, son enfance, sa jeunesse, sa maturité, sont des moyens de révélation mis en œuvre soit pour souligner l'authenticité de sa vraie humanité, soit pour mettre en évidence son pouvoir divin, spécialement quand ses paroles et gestes excèdent les capacités humaines normales. Il serait inconcevable pourtant que les gestes ou la vie du Seigneur contredisent en quoi que ce soit son enseignement ou sa doctrine. Tout est en harmonie parfaite, sans nulle opposition ni manque d'unité.

Cette même harmonie se montre dans la vie de l'Eglise pendant les siècles. Certes, l'unité entre vérité et vie, entre tradition écrite et tradition vécue est plus laborieuse et compliquée en elle-même que dans la personne de celui qui connaît une union parfaite entre divinité et humanité. La Vérité Incarné n'avait pas de problème à s'exprimer intégralement à tous les moments de son existence terrestre. Son corps mystique, qui est seulement une conséquence de l'union hypostatique, ne jouit pas de cette harmonie parfaite parce qu'il n'a accès direct à la divinité que dans les moments les plus denses de son existence, notamment dans les sacrements et dans l'infaillibilité de son magistère, tandis que d'autres expressions de sa vie sont moins proches de la source divine. Pour cette raison, l'Eglise peut quelque fois vaciller dans ses tentatives d'unir la vérité reçue à la réalité vécue de ses membres. Elle connaît des oscillations entre vérité et vie, qui peuvent même empêcher la croissance de l'entendement de la vérité révélée pendant des époques entières ou au moins, freiner le développement de la tradition selon l'homogénéité enracinée dans son principe divin. Les crises hérétiques, les compromis politiques, les faiblesses humaines ne sont que des signes de la nécessité de retrouver l'équilibre entre vérité et vie dans le corps mystique. Si la vie l'emporte sur la vérité, des mouvements socio-politiques ou des modes passagères gagnent un poids néfaste dans l'Eglise ; si la vérité se renferme dans une défense purement intellectuelle, la tradition devient stérile et sclérotique et manque d'influence sur la foi vécue dans l'Eglise.

Révélation en gestes et paroles

Lors de la célébration du Concile Vatican II, des évêques même qui faisaient partie de la prétendue minorité, c'est-à-dire des environs 500 pères qui étaient préoccupés des changements et qui voulaient sauvegarder tout le poids de la tradition catholique, ont quelquefois sous-estimé l'importance de la liturgie pour la protection de la doctrine. Bien conscient de l'interdépendance entre foi et prière, ils ne pensaient néanmoins pas que la foi orthodoxe puisse être menacée par des changements liturgiques dont la magnitude n'était du reste pas soupçonnée à ce moment. Des théologiens-colonnes de l'école romaine la plus orthodoxe m'ont dit, par exemple, que l'on pensait alors laisser la liturgie comme une sorte d' "aire de jeu" à ceux qui désiraient des nouveautés, tout en étant sûr de pouvoir sauvegarder l'intégrité du "depositum fidei" par une défense intellectuelle des vérités dogmatiques dans les autres documents. Avec beaucoup de respects envers la science supérieure de ces représentants d'une grande école, on pourrait regretter leur confiance exagérée dans les facultés intellectuelles des fidèles et surtout des ecclésiastiques. Ils allaient bientôt voir que leur idée trop théorique de la protection de la foi n'était pas capable d'empêcher une avalanche de changements jamais mentionnés dans les documents et moindrement entendus de la plupart des pères du Concile . Ces changements, de concert avec des passages peu clairs des documents eux-mêmes qui devaient déclencher des discussions interminables entre les théologiens, ont très vite changé toute la vie de l'Eglise et entrainé une conception de l'Eglise souvent assurément différente de celle de la tradition. Depuis longtemps, l'unité de la foi qui s'est intégralement maintenue à cause des efforts laborieux du Magistère Suprême des Papes post conciliaires, ne semble pourtant plus exister dans de nombreux lieux où l'on rencontre autant de différents "credo" que de liturgies et de docteurs. On a souvent pu noter une "anglicanisation" de l'Eglise avec une orthodoxie et une orthopraxie uniquement "high-church" ainsi qu'une variété innombrable de "low churches" avec leur propre foi particularisée et leur propre style de célébration liturgique. La "Romanité" de l'Eglise, cette admirable unité de foi, de liturgie et de culture qui s'était développée sous la direction de l'Esprit Saint pendant les siècles, semble ne plus exister, et n'est même plus jugée désirable par ceux qui appartiennent quand même encore à l'unique Eglise Catholique Romaine.

Ce qu'on avait évidemment oublié, c'est-à-dire le fait indéniable qu'une tradition, soit-elle divine ou humaine, ne peut pas survivre que dans des formules intellectuelles, est pourtant une expérience plutôt banale de la vie quotidienne. L'éducation des enfants, par exemple, est une introduction dans une tradition de vérités qui ne s'expriment pas premièrement dans des paroles ou des maximes, mais dans des coutumes, des gestes, des habitudes. L'erreur platonique selon laquelle la vérité comprise comporte automatiquement des conséquences concrètes, fait abstraction de la nature humaine affaiblie par le Péché Originel. Toute mère sait bien que des enfants déjà capables de comprendre les explications et les admonitions des parents, ne veulent souvent pas suivre ces raisonnements évidents, mais qu'ils seront captifs de leur volonté irrationnelle née des blessures de la nature humaine qui non seulement tentent la volonté mais aussi obscurcissent la raison. De ce chef, les parents doivent se répéter interminablement et enseigner souvent beaucoup mieux à travers l'exemple qu'a travers les paroles, comme les anciens l'ont bien compris: "Verba docent, exempla trahunt." Si rien n'aide plus, la raison comme la loi raisonnable doit être imposée par la juste force. Jean-Jacques Rousseau nous enseigne par le néfaste exemple de sa vie que ses belles théories sur l'homme n'étaient que des illusions. L'homme n'est ni parfaitement bon ni parfaitement rationnel et après la chute de nos premiers ancêtres, il est capable de contredire même une vérité comprise avec des gestes et des actions malhonnêtes. Pour embrasser une vérité rationnelle l'homme a besoin de beaucoup plus que d'un traité théologique ou que d'un catéchisme. Déjà pour lui réacquérir le salut, il ne fallût pas seulement un édit divin rationnel, mais un Dieu-homme, visible et touchable qui se sacrifiasse. Dieu ne nous a pas laissé seuls avec un livre, il a fondé l'Eglise. La vérité fut Etre Incarné pour être pleinement efficace et acceptée par l'homme pécheur. Il est une erreur néfaste de croire que l'heure de la maturité soit finalement parvenue pour l'humanité et que l'Eglise, après des siècles d'enfance obscure, ait pu enfin joindre la lumière de l'âge de raison qui n'a guère besoin de signes, de gestes, de coutumes, de traditions autres qu'intellectuelles et rationnelles. Ceux qui ont participé en cette croyance illuministe n'ont pas dû comprendre toute la portée de l'Incarnation et par là, ont contribués, sans peut-être s'en apercevoir, à l'auto-démolition de l'Eglise.

Pour ne pas être malentendu, il est bon de préciser que l'on ne veut pas défendre ici une "tradition vivante" contre "des dogmes rationnels", erreur déjà justement condamnée par St. Pie X dans le décret "Lamentabili". Il serait en effet contraire à l'enseignement de l'Eglise de prétendre que la révélation ne peut pas être exprimée dans des sentences vraies, une fois pour toute, ou d'affirmer que les dogmes ne seraient que des expressions passagères et provisoires d'une expérience sociologique qui se transforme d'époque en époque. Les dogmes ne postulent pas seulement une réponse pragmatique, comme s'ils étaient vrais, mais ils sont bien l'expression compréhensible et adéquate de la vérité divine qui s'est servie de paroles et de raisonnements humains. Ce qu'on constate pourtant, est aussi une vérité de foi divine inchangeable et claire, c'est-à-dire que la Révélation depuis le commencement a été encadrée et protégée par des signes et des gestes, des coutumes et des habitudes humaines, mais divinisées. La révélation intellectuelle ne peut pas être séparée de la structure sacramentelle de l'Eglise. Bien au contraire, au centre de la Révélation se trouve le double signe corporel de la mort et de la résurrection du Seigneur sans lesquelles toute la Révélation verbale serait nulle et vide. Notamment ce geste suprême du salut éternel redonné à l'humanité a été au centre de la vie de l'Eglise depuis les premiers moments de son existence, geste traditionnellement répété dans une harmonie entre "verbum et sacramentum", entre la parole et les signes, qui ensemble produisent la réalité efficace de la présence divine. Jamais, les apôtres ne se sont limités à la pure prédication de la vérité, mais ils ont créé des groupes de fidèles qui étaient l'image de ceux qui ont suivi le Seigneur pendant sa vie terrestre, où il était à la fois docteur, prêtre et roi. Notre Divin Sauveur n'a jamais voulu laisser sur cette terre seulement un livre de doctrines, seulement une école intellectuelle, seulement un corps de principes surnaturels, mais une Eglise, un corps mystique vivant, une tradition visible et consistante, des vérités, oui, mais bien incarnées dans une réalité révélée, supérieure par l'efficacité à des maximes écrites ou orales. Il a dit aux apôtres: "Je vous ai donné un exemple", et il n'entendait pas par ces paroles un exemple mathématique, un théorème sèchement expliqué à la manière d'un mauvais instituteur, mais un exemple divin, c'est-à-dire pleinement efficace de ce qu'il signifiait, une tradition dont la répétition allait produire les mêmes effets que son exemplaire original, une combinaison heureuse entre, vérité éternellement sûre et geste éternellement valide. En conséquence, les apôtres et leur successeurs dans les siècles se sont toujours attachés à maintenir cette harmonie parfaite qui est le secret de la Tradition Catholique. La Tradition de l'Eglise n'est rien d'autre que la continuation de l'harmonie entre voie, vérité et vie réalisée parfaitement par notre Seigneur Jésus-Christ dans le mystère théandrique de l'Incarnation. Déjà quant à la nature humaine comme telle, une tradition purement intellectuelle est une "contradictio in adiecto" comme le prouvent les grandes écoles de philosophie antiques et mêmes les corps doctrinaux religieux païens, toujours appuyés sur des exemples de leurs fondateurs humains, comme Platon, Socrate, Epicure, Confucius, Bouddha ou Mohammed. Aucune des grandes religions du reste, ne peut communiquer ses doctrines aux hommes sans utiliser aussi des symboles et des gestes (cf. CEC 1149).

Signe et Liturgie

La vérité divine, qui s'est incarnée dans un homme, qui a utilisée une tradition existante pour la transformer et la diviniser une fois pour toute, ne peut pas être transmise hors de cette tradition vécue dont l'Eglise, avec son être complètement traditionnel, est l'expression efficace et valide jusqu'à la fin des siècles. L'expression la plus dense de la vérité révélée est condensée dans le centre de la vie traditionnelle de l'Eglise, le Saint Sacrifice de la Messe. Il est peut étonnant de constater, que dans ce nœud de la Tradition ecclésiastique, chaque élément est d'une importance primordiale ainsi que chaque geste est l'expression visible d'une vérité révélée. Qui ne serait pas conscient de cette interdépendance entre liturgie et vérité, pourrait facilement détruire la transmission de la Révélation par le changement imprudent du moindre signe et de ce que seulement un manque de foi dans l'Incarnation pourrait juger "secondaire". Comme le formule très clairement le Catéchisme de l'Eglise Catholique: "Le commandement de Jésus de répéter ses gestes et ses paroles 'jusqu'à ce qu'il vienne', ne demande pas seulement de se souvenir de Jésus et de ce qu'il a fait. Il vise à la célébration liturgique, par les apôtres et leurs successeurs, du mémorial du Christ, de sa vie, de sa mort, de sa résurrection et de son intercession auprès du Père." (CEC 1341) C'est une conséquence d'une autre vérité, exprimée avec autant de clarté, par le même Catéchisme un peu auparavant: "Dans la vie humaine, signes et symboles occupent une place importante. L'homme étant un être à la fois corporel et spirituel, exprime et perçoit les réalités spirituelles à travers des signes et des symboles matériels. Comme être social, l'homme a besoin de signes et de symboles pour communiquer avec autrui, par le langage, par des gestes, par des actions. Il en est de même pour sa relation à Dieu." Etant donné cette réalité incontournable, pourquoi a-t-on cru pouvoir changer des gestes et des symboles liés à une tradition d'efficacité sacramentelle pluri-millénaire sans moindrement penser aux conséquences pour l'intégrité de notre relation à Dieu?

Que cette relation ait changé après les changements dans son symbolisme, est bien trop évident. L'anthropocentrisme de la théologie, l'intellectualisation de la liturgie dans les années après le Concile et la sentimentalisation de cette même liturgie aujourd'hui, le manque de sensibilité pour la réalité surnaturelle et la capitulation devant les prétendues exigences des temps modernes montrent avec une clarté indiscutable, que notre relation à Dieu, que même notre image de Dieu, de Jésus-Christ et de son Eglise a été considérablement changée. Personne ne le nie du reste. Il y a même ceux qui s'en vantent comme d'un achèvement extraordinaire des derniers temps et qui se distancient volontairement de ce qu'ils appellent l'église pré-conciliaire qui, selon eux, serait substantiellement différente de l'Eglise d'aujourd'hui. On a déclaré plusieurs fois que finalement le siècle des lumières a touché l'Eglise dont le Concile Vatican II aurait été la Grande Révolution. Ce transformisme, en guise de modernisme tardif, vient nier l'homogénéité du dogme catholique et confesse franchement les conséquences des changements symboliques dans l'Eglise. Il n'est pas nécessaire de citer le Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi pour prouver qu' en haut lieu hiérarchique aussi on a commencé à reconnaître l'existence de cette évidence.

Il serait donc fatal de ne pas s'apercevoir de la logique destructrice derrière des argumentations purement sociologiques autour de la liturgie. Ceux qui après avoir vu la révolution de la vie chrétienne dans les dernières décennies, voudraient encore introduire des pastoralismes dans la liturgie en vue des exigences prétendues de l'homme moderne, ne semble pas avoir compris la vérité du catéchisme juste citée, qui parle de la portée de chaque geste pour notre relation à Dieu. Comment donc oser changer ces gestes d'après l'impression subjective d'un prêtre ou d'un groupe de fidèles, d'une paroisse ou même d'un diocèse? Ce qui a été laborieusement construit pendant des âges pour exprimer exactement ce qu'il signifie et produit, ce qui a développé une finesse et un style organique qui montre sans aucun doute la main de Dieu, ce qui contient dans les moindres détails toute une anthropologie théologique, une ecclésiologie élaborée et une christologie parfaite, ne doit surtout pas être touché. Qui se voyait capable de le changer parce que M. et Mme Dupont ou l'Abbé Dubois et le Père Untel ne le comprenaient plus? Une fois introduit l'arbitraire et le capricieux, les préférences et les modes même dans les particularités du rite, le subjectif, en guise de pastorale, de sentimental, d'intellectuel, de pieux ou de pratique, va occuper bientôt la place de la présence objective du Tout Autre, qui n'est pas à disposition de nos goûts, de nos préférences et de nos idéologies. Certes, la liturgie divine de l'Eglise a vu des développements, des croissances et des adaptations, mais toujours au nom d'une majeure connaissance du Mystère dans des longs siècles d'approfondissements prudents de notre relation objective avec Dieu.

Importance du détail

Pour répéter encore une fois une expression du Concile Vatican II qui est devenu presque une banalité pour avoir été répétée trop souvent par ceux qui n'ont pas agit selon la signification de son contenu: La célébration des Saints Mystères est "fons et culmen totius vitae christianae". Cela engendre, on comprend bien, la portée énorme du symbolisme et des gestes utilisés dans ce point culminant de la vie catholique et, de ce chef, les conséquences de chaque changement qui y est introduit. On ne change pas seulement un rite, on change toute une vie! D'un autre coté, si on célèbre intégralement dans le symbolisme entier, créé et poli par l'Esprit Saint dans un développement lent et coutumier pendant des siècles, on s'approprie non seulement de son efficacité strictement sacramentelle garantie par l'essence du sacrement, mais de toute une vie, de toute une vision, de toute un ensemble de doctrine, de tradition, d'habitude, de style et même de sentiment qui ont formé la vie catholique depuis toujours. Personne ne prétend sérieusement que le rite ait été changé concernant ce qui touche à sa validité. Mais nous voyons que tout en gardant l'essence du sacrement dans la consécration, les changements introduits regardent presque tous le reste, non seulement presque tous les "accidentia remota", mais aussi les "accedentia proxima vel essentialia", voir l'offertoire, le canon et même la suite et le contenu des paroles de la consécration, pour ne pas parler de tous les détails dont chacun est porteur d'un message doctrinal. Changeant le style du repas en famille, on change le style et la vie de la famille. La messe n'est pas un repas, nous le savons. Elle est, dans une identité numérique et totale, le suprême sacrifice de la Croix, l'acte sacrificiel du Dieu-Homme, qui est sacramentellement répété par l'Eglise dans l'histoire. Changeant le style de ce sacrifice éternel, on change le style de l'Eglise et avec elle on change le monde. Tout ceux qui ont voulu changer l'Eglise et le monde ont compris ce lien et ils ont aboli ou attaqué la messe. Aujourd'hui, l'Eglise elle-même a changé la messe, et avec la messe, elle s'est changée plus profondément que jamais avant dans les siècles. Elle n'a pas changé son essence, parce que cette essence est protégée par le pouvoir divin. Elle n'a pas changé le nœud de sa tradition, parce que c'est le Seigneur et sa Révélation. Elle a changé pourtant ses traditions jusqu'à un point, où localement et ponctuellement elle est parfois presque devenue méconnaissable dans la célébration de rites qui n'ont plus aucun lien avec son grand passé sinon dans le moment de la consécration. Par ça, tout le reste a aussi été changé, ou est en train de changer, parce qu'on ne peut pas s'attendre à une préservation partielle de la tradition. Le "nexus mysteriorum inter se" souligné par le Concile Vatican I est tellement fort, et de plus en plus important à mesure que l'on s'approche du centre de la vie chrétienne, que la tradition en tant que telle est menacée si on ne respecte pas l'entier symbolisme traditionnel dont chaque détail fait partie de l'Incarnation de la Sagesse Divine.

Style et tradition

Le marxisme a souvent utilisé l'outil de la "praxis" pour changer des sociétés entières et, au nom de la liberté, a détruit des structures pluriséculaires qui protégeaient la vraie dignité des hommes comme créatures de Dieu. Tous les révolutionnaires, et avec eux les marxistes, ont compris que le tout forme la vie, que les détails sont importants, qu'on doit attaquer les accidents pour éliminer l'essence.. Si déjà des liaisons sociologiques entre les hommes montrent une interdépendance aussi forte avec la tradition de la société, comment ne pourrait-on pas voir que la liaison surnaturelle entre Dieu et nous, fondée sur l'Incarnation et rendue efficace pour notre salut par le Précieux Sang de notre Rédempteur, est encore plus dépendante de notre part d'une Tradition, créée par le Seigneur lui même et incarnée dans des symbole sanctionnés par son Eglise pendant des siècles. En conséquence, la liturgie n'est pas seulement un élément particulier de la tradition chrétienne, qu'on peut garder ou changer selon l'exigences subjective d'une époque, d'une classe ou d'une société, mais fait part de toute une conception traditionnelle dont elle est même le fondement et le moteur. De ce chef, la liturgie ne dois pas être, pour citer le fondateur de l'Institut du Christ Roi, Mgr. Gilles Wach, "une perle sur du fumier, mais un diamant dans une écrin qui la fait briller de toute ses splendeurs". Hans Urs von Balthasar a parlé de "styles chrétiens" formés par la Révélation. En effet, le Révélation ne reste pas ponctuelle ou privée, mais elle est toujours universelle et publique. A travers la tradition qu'elle engendre, la Révélation a formé un "style de vie catholique" universel et public dans le plus vaste sens de la parole. Naturellement il reste sans discussion possible, que ce style métaphysique s'est encore localisé historiquement, mais dans ses expressions variées il a toujours trouvé un fondement sûr, notamment la liturgie de la messe, et un trait d'union fort, la Romanité. Là où l'un des ces deux ou mêmes les deux éléments manqueraient ou serait affaiblit, le style métaphysique de la vie catholique ne survivrait pas un autre siècle. Or, les symboles dans lesquelles s'exprime ce style catholique sont pluriformes et nombreux. Dès qu'on les diminue, les élimine ou les change essentiellement, on commence à exposer leur fondement et leur trait d'union au danger d'être démunis de leur protection essentielle. Certes, le cœur et le cerveau sont considérés comme les parties essentielles du corps humains, le moteur et le coordinateur de l'organisme, mais si on modifie ou mutile les autres organes, on risque fort de détruire l'essentiel aussi. Cela signifie que le style catholique, tout en étant riche de contenu et de facettes différentes, doit montrer une harmonie symbolique incarnée dans la doctrine, dans la liturgie et dans les formes sociales et culturelles de la vie quotidienne. C'est la Révélation dans toute ces aspects qui doit former la culture et non pas l'inverse. Ainsi, la foi est-elle vraiment inculturée et toute l'existence du catholique peut-elle devenir une célébration à la gloire majeure de Dieu.

Il peut sembler que toutes les différentes conférences de notre colloque ont pu illustrer des aspects centraux de cette vérité. L'importance du sacré pour l'homme, dans des signes, des espaces, de la musique, capable d'exprimer la présence du divin n'a pas changé depuis les temps modernes. La tradition sacrée touche tous les peuples, elle pénètre toutes les cultures, elle sanctifie le temps, l'âme et même le silence. Elle ne s'incarne dans le Tout que dans le détail de la vie de l'Eglise. Pour la sauvegarder, et avec elle sauvegarder la Révélation dont elle est la transmission fidèle et exacte, ont doit la connaître et on doit la soigner. C'est le but du Centre International des Etudes Liturgiques. Encore une fois ce but a été réalisé afin que les hommes dans l'Eglise comprennent toujours mieux que dans l'histoire du salut tous les gestes de Dieu et de son Eglise sont importants. Qui les néglige par ignorance ou par manque d'amour, détruit facilement les canaux fragiles de notre communication avec Dieu. Or, la communication avec Dieu, assurée par l'Eglise à travers sa tradition doctrinale, liturgique et culturelle, doit toujours être possible pour l'homme moderne. Puisse le C.I.E.L. contribuer avec ses humbles efforts à la rendre possible à travers une majeure connaissance des trésors de la tradition liturgique, de la foi et de la culture, et qu'ainsi nombre de nos contemporains puisse sûrement en profiter.

hrist, en toute confiance et fidélité à l'égard des enseignements de l'Église catholique romaine.


--------------------------------------------------------------------------------

Les actes du colloque 2002

Parution en mai 2003. Les actes sont disponibles jusqu'à cette date en souscription au prix de 20 euros franco de port. Ensuite ils sont disponibles au prix de 24 euros + 2 euros de port.

* La liturgie et la vie spirituelle de l’homme
Mme Alice Von Hildebrand (Etats-Unis)

* L’homme moderne et le sacré
Père Maurice Gruau(France)

* Les signe sacrés
Père Samuel Weber (Etats-Unis)

* Le temps sacré
Père André Forrest (France)

* Architecture et espace sacré
Professeur Thomas Gordon Smith (Etats-Unis)

* Art sacré et liturgie après le concile de Trente
Mme Odile Delenda (Grande-Bretagne)

* Le respect dans la prière
M Louis Sahuc (France)

* Les effets du sacré
Abbé James Jackson (Etats-Unis)

* Mystère et signes dans la liturgie
Martin Mosebach (Allemagne)

* Chant profane et chant sacré
Docteur Mary Berry (Grande-Bretagne)

* Vêtements et objets sacrés
Père Jean-Deznis Chalufour (France)

* Silence et intériorité dans la liturgie
Mgr Wladimir-Marie de Saint-Jean (France)

* Liturgie et inculturation
Abbé Jean-Marie Moreau (France)

* L’ancien rite romain, porteur du sacré
Abbé Tancrède Guillard (France)

* Liturgie et esthétisme
Dom Gérard (France)

* Tradition, liturgie et culture catholique
Mgr Rüdolf-Michael Schmitz (Allemagne)


--------------------------------------------------------------------------------

Les publications du C.I.E.L.

Depuis 1994, le C.I.E.L. publie études et réflexions sur la liturgie romaine, soit à travers les actes de ses colloque, soit à travers la publication d’études originales, soit sur internet.

Actes des colloques du C.I.E.L.
* La liturgie trésor de l’Eglise, 262 pages - 24 euros
* Vénération et administration de l’Eucharistie, 310 pages, 12 euros
* Autel et sacrifice, 250 pages, 24 euros
* Sacerdoce hiérarchique et sacerdoce commun, 318 pages, 12 euros
* Aspects historiques et théologiques du missel romain, 370 pages, 24 euros
* Présence du christ dans la liturgie, 410 pages, 24 euros
* Foi et liturgie, 500 pages, 24 euros

Autres publications du C.I.E.L. :
* Liturgie et mission - Cardinal Ratzinger, 80 pages 12.2 euros
* La communion dans la main - Mgr Laise, 110 pages 10.7 euros
* Témoignage d’un expert au concile - Cardinal Stickler, 84 pages 12.2 euros
* Histoire de la messe - François Amiot 10.7 euros 124 pages
* Saint Thomas et la liturgie - David Berger, 100 pages 10 euros

On peut commander les différentes études du C.I.E.L. en s’adressant par courrier ou par mél au secrétariat.