Re : ah, les réactions épidermiques
PGM () - 2003-01-02 16:08:06
Re : ah, les réactions épidermiques
Pour les réactions épidermiques, je laisse celà aux spécialistes comme vous.
La réponse de Nelly, je l'ai lue. Qu'il puisse y avoir des maladresses dans le texte de Mgr Williamson ( même le Vatican lui donne et lui reconnait ce titre), soit, mais convenons qu'on les ressentira d'autant plus que le libéralisme aura occulté, voire carrément supplanté le catholicisme chez soi. C'est le cas de beaucoup, sur ce forum, dirait-on.
Le texte est certes d'inspiration thomiste, mais je laisse à la dame Achlaw son opinion selon laquelle ce ne serait plus de saison. Voyez-vous, en dépit des méthodes logiquo-déductives qu'il emploie, le Docteur angélique reste une référence, ne serait-ce que parce que ses ouvrages demeurent un compendium de la doctrine catholique sur beaucoup de sujets. Je vous laisse aussi le " ... détournés de leur sens initial, non directement écrit à cette intention."
D'après vous, Nelly constate " ... l'absence d'une pensée contemporaine de la place de la femme dans la Cité." C'est ce que j'avais moi-même compris, d'où ma question. Car après tout, si vous êtes à même de dire : "Mgr Williamson a tort", force demeure de conclure que vous avez autre chose à proposer à la place, non ?
Ou peut-être me trompe-je, car la suite de votre message livre le pot aux roses; je me permet de vous citer, c'est une sorte de pièce d'anthologie :
"C'est une réponse comme vous ne les aimez pas, une incitation à se pencher sur quelque chose qui n'est pas résolu, sur un vide, et non une réponse en 2 temps et 3 mouvements du style "moi je pense que ...." ou "pour moi...."....
Oui, il reste sans doute à penser le rôle de la femme dans la Cité, et pas en recyclant des vieilleries ni en jouant le rôle de chrétiens ou chrétiennes laxistes, la réponse elle est là mais avouez que le pré-pensé est toujours moins fatiguant que le "à penser" qui exige de construire. "
En somme, si je vous résume : on en sait bougrement rien ( un vide), mais les vieilleries décrites par Mgr Williamson ne nous feraient pas bien voir de nos contemporains alors autant rechercher un cercle carré quelque part entre la vérité catholique et le laxisme proné par l'époque. Ouais ... je ne sais pas qui va se fatiguer à "penser ce qui exige de construire".
Ceci étant dit et pour apporter des matériaux à votre exercise de "construction", remarquons que Mgr Williamson énonçait une sorte d'idéal, un peu comme la doctrine du Christ-Roi dans le domaine sociétal en général. Il y a loin de la coupe aux lèvres, vous en conviendrez. Les aspérités et les contingences émoussent très souvent les idéaux. Ainsi, Frédérique invoquait le fait que n'eut été de de ses études universitaires, elle se serait retrouvée dans l'impossibilité ou presque de gagner sa vie. Ce qui est hélas vrai à notre époque et étant donné les circonstances particulières du monde dans lequel nous devons tous vivre. Mais le monde dans lequel nous vivons n'étant pas l'idéal, loin, très loin s'en faut, les adaptations nécessaires pour y survivre ne peuvent en aucun cas prétendre au statut d'idéal. Ce sont des pis-aller tolérables à cause des contraintes propres au monde dans lequel nous sommes forcés de vivre.
Et qu'on aille pas croire que ces situations aberrantes existent pour les seules femmes. Je me souvient d'une conférence de Mgr Williamson où la gent "poilue et couillue", pour reprendre l'expression de dame Achlaw, en prenait pour son rhume. Moi qui suis un de ces "célibataires égoïstes", j'avais ce jour-là pris tout un savon. Au point de m'en repartir offusqué. Mais hélas, la vérité est têtue. À force de ressasser ce qui avait été dit, j'ai dû convenir qu'il avait passablement raison, dans l'absolu tout au moins. Or, notre époque manque cruellement d'évêques capables de prêcher l'absolu. Je vous dirai que je respecte énormément Mgr Williamson depuis lors.
Réflexion faite, je me permettrai de vous conseiller une saine lecture, et ce d'autant plus que l'ouvrage m'a été donné par une "professeure" de droit à l'université de Montréal qui me le recommandait chaudement. Histoire de fournir des matériaux à votre "construction en réflexion". Il s'agit de "La femme éternelle; la femme dans le temps; la femme hors du temps" par Gertrude von Le Fort (Ph. D.). paru aux Éditions du Cerf dans la collection "Foi vivante". Et rassurez-vous, il date de 1968, donc d'après le concile. Chose étrange, même en n'étant pas thomiste, même en ne suivant pas une approche ( ou doit-on dire "démarche" ) thomiste, l'auteure catholique en arrive à des conclusions que ne renierait pas Mgr Williamson. Peste ... Le catholicisme serait-il cohérant ?
In Christo,
PGM