Athanasios D. - 2002-12-18 15:08:35
Cher PGM...
Les éternels raccourcis ne sont pas l'apanage et encore moins le monopole des "progressistes", en témoigne les débats sur ce forum. Du reste, le même forum fréquenté par si peu de personnes (combien, XA? 10, 15 liseurs réguliers qui interviennent, un peu plus qui se contentent de lire?) ne peu prétendre se qualifier de baromètre fiable d'une crise, dont la reconnaissance dans le sens où vous l'entendez pour justifier "la résistance", ne fait pas l'unanimité, sinon contre la FSSPX.
Si le Concile semble s'éloigner de ce qui lui précède, j'aimerais que ce soit manifesté par ses détracteurs au moyen de citations des documents concilaires, non du sempiternel chapelet de communiqués officieux de Pères conciliaires qui ne signifient rien tels qu'ils sont extraits de leur contexte (j'ai vu citer Kung dans ce débat alors qu'il est désavoué par l'Eglise).
L'obéissance n'est certes pas inconditionnelle puisqu'elle est jugée excessive par St Thomas lorsqu'elle a pour objet quelque chose qui va contre la foi. Or, les agissements des évêques qui frisent allègrement avec l'hétérodoxie sont disqualifiés et non justifiés pas le Concile. Observez le cas "Dominus Iesus" et le scandale qu'il a provoqué chez les "progressistes". De même, citez les points de doctrine enseignés par Rome qui ne sont pas catholiques et qui nous demandent d'agir contre la foi... Je ne cherche pas à imiter ce que le pape fait, mais bien ce qu'il demande de faire... Et je ne me scandalise pas pour une photo de messe aux Philippines, sinon je ferais preuve d'un modernisme bien protestant qui prône le divorce au lieu de la réconciliation.
La FSSPX enseigne qu'il faut désobéir à 3 papes, un Concile Oecuménique, des Encycliques, des Lettres, etc... et maintenant à un acte réputé infaillible, la canonisation d'un saint. Après, on passe à quoi? Sérieusement, elle doit prendre garde parce que la position qu'elle adopte va devenir de plus en plus difficile à tenir doctrinalement, qu'elle cite le pape dans le Canon ou pas. St Thomas, toujours le même, enseigne qu'un schisme, pour justifier le fait qu'il perdure et subsiste face à la doctrine catholique, développe une théologie qui finit par devenir une hérésie.
Ci-après un extrait d'un catéchisme sur la question de l'infaillibilité...
Athanasios
-désolé, je n'ai pas lu dans les plus petits détails votre post, faute de temps...
70. - En qui repose le privilège de l'infaillibilité ?
Il repose: l° dans Église en général, et 2° dans le Pape en particulier.
I. L'Église en général est infaillible; la promesse que nous venons de rappeler s'adressait au collège des Apôtres, ayant Pierre à leur tête. En conséquence, ce privilège passe non pas à chaque Éveque personllellement, mais en général au corps des Éveques ayant à leur tête le souverain Pontife. D'où il résulte qu'un Éveque peut se tromper en matière de foi; mais la totalité des Éveques, jamais. C'est pourquoi l'Église est infaillible l° dans le sens positif, quand, réunie en Concile général, sous l'autorité du Pape, elle décide qu'une doctrine concernant la foi ou les mœurs doit être crue et acceptée par toute l'église; et 2° dans le sens négatif, quand, sans être réunie en Concile, mais tout en restant dispersée, elle se trouve enseignant d'un commun accord, et en union avec le souverain Pontife, une question de foi ou de morale. En effet Jésus-Christ a promis d'être avec son Église " tous les jours, et non pas seulement quand elle serait réunie. Il la préserve donc de l'erreur, même à l'état de aspersion, sans que toutefois l'Église puisse formuler de définition dogmatique ou morale en l'absence du Pape qui est son chef, la source de son infaillibilité positive, l'organe principal et essentiel de ses définitions.
II. Indépendamment de l'infaillibilité donnée à l'Église en général, le Pape possède personnellement le même privilège de l'infaillité tenu lorsqu'il parle, comme on dit, en cathedra, c'est-à-dire lorsque remplissant sa charge de Pasteur et de Docteur de tous les chrétiens en vertu de sa suprême autorité apostolique, il formule pour toute l'Église, une décision concernant la foi et les mœurs.
Ce privilège de l'infaillibilité personnelle du Pape résulte de promesses spéciales qui ont été faites à saint Pierre, et, dans sa personne, à ses successeurs. Notre-Seigneur lui a dit: " Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. " (S. Matth., XVII.) Si Pierre venait à enseigner l'erreur, c'est l'enfer qui prévaudrait contre la vérité, ce qui est contraire à la promesse divine.
Il lui a dit encore: " J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne vienne jamais à défaillir. Une fois converti, affermis tes frères. " (S. Luc,, XXII.) Or la prière de Notre-Seigneur est efficace; il en résulte que Pierre, chargé d'affermir les autres, ne tombera pas dans l'erreur.
Enfin, par trois fois Jésus-Christ lui a dit: " Pais mes agneaux, pais mes brebis. " (S. Jean, XXI.) Or, si saint Pierre, ou son successeur, venait a enseigner l'erreur, il ne serait plus le guide du troupeau; mais c'est lui qui devrait être ramené dans la vérité: ce serait l'inverse de ce qui doit être.
Tels sont les témoignages sur lesquels s'appuyait le Concile général du Vatican, quand, le 18 juillet 1870, invoquant sur ce point l'antique tradition, il a fait de l'infaillibilité pontificale un article de foi que les chrétiens doivent admettre sous peine de tomber dans l'hérésie.
CONCLUSION PRATIQUE
Jésus-Christ a dit à ses Apôtres et à leurs successeurs: " Qui vous écoute, m'écoute; qui vous reprise me méprise."
En obéissant aux pasteurs de l'Église le chrétien est donc sur de ne pas se tromper: c'est à Jésus-Christ qu'il obéit. S'il venait, au contraire, à mépriser les enseignements de l'Église, il devrait redouter les jugements de Jésus-Christ lui-même.
Béni soit le Sauveur. Jésus de nous avoir donné une double garantie de certitude: l'Église et le Pape; une double autorité pour nous maintenir dans la vraie foi: le Concile et la Chaire infaillible du Pontife romain!
" Sainte Église romaine, mère des Églises et mère de tous les fidèles, choisie de Dieu pour unir ses enfants dans la même foi et dans la même charité, nous tiendrons toujours à ton unité par le fond de nos entrailles. Si je t'oublie, Église romaine, puissé-je m'oublier moi-même ! Que ma langue se sèche et demeure immobile dans ma bouche si tel n'es pas toujours la première dans mon souvenir, si je ne te mets pas au commencement de tous mes cantiques de réjouissance!" ( BOSSUET. )
(Le Catéchisme expliqué par Mgr. E. Cauly, Vicaire générale de Reims, 1936)