premières initiatives pour créer un enseignement privé musulman
FJosep - 2002-12-13 12:43:16
premières initiatives pour créer un enseignement privé musulman
Premières initiatives pour créer un enseignement privé musulman
PARIS (AFP), le 12-12-2002
Avec un collège en Seine-St-Denis et un projet de lycée à Lille, les premiers germes d'un enseignement privé musulman ont vu le jour, initiatives encore isolées qui pourraient se multiplier dans les prochaines années.
Alors que l'islam est devenue la deuxième religion de France, les familles musulmanes, contrairement aux familles catholiques et juives, ne disposaient jusqu'à présent d'aucun établissement confessionnel pour y inscrire leurs enfants.
Seule exception, un lycée musulman à la Réunion, où les religions disposent d'un statut particulier.
Pourtant, rien ne s'oppose légalement à l'ouverture d'établissements musulmans : la loi donne liberté à quiconque d'ouvrir une école privée, à la condition de respecter certaines conditions matérielles (normes d'hygiène et de sécurité
et pédagogiques.
Deux millions d'enfants sont scolarisés dans des établissements privés, pour la plupart catholiques. 29.000 étudient dans les 252 établissements juifs, quelques centaines dans quatre établissements protestants.
L'immense majorité de ces établissements privés sont sous contrat d'association avec l'Etat : la collectivité finance le paiement des salaires des enseignants et verse un "forfait d'externat".
Si l'école publique reste le lieu privilégié de scolarisation des enfants d'origine musulmane, ils sont aujourd'hui de plus en plus nombreux à prendre le chemin des collèges catholiques, au point que dans certains établissements, notamment en Ile-de-France et dans certains quartiers de Marseille, ils sont devenus majoritaires.
La motivation des parents : encadrement plus étroit, environnement plus serein, mais aussi, pour certain, l'attrait d'une initiation religieuse : l'islam reconnaît le christianisme comme "religion du Livre".
Une nouvelle étape a été franchie avec l'ouverture en septembre 2001 de "l'école de la Réussite" à Aubervilliers (11 élèves la première année, 34 cette année) et le projet de lycée "Averroes" à Lille pour la rentrée 2003.
"Ces initiatives s'inscrivent dans un contexte d'affirmation de certaines organisations musulmanes dans l'espace public", estime Hanifa Chérifi, médiatrice de l'Education nationale sur les questions du voile à l'école.
Elle relève que Amar Lasfar, le responsable de la mosquée de Lille-sud qui porte le projet lillois, a été l'un des initiateurs des manifestations pour le droit au port du foulard islamique à l'école publique en 1994.
Amar Lasfar est membre de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche du courant des Frères musulmans qui travaille à la "réislamisation par le bas".
Dhaou Meskine, imam en Seine St-Denis à l'initiative de "l'école de la Réussite", est également proche de ce courant.
Les deux dossiers de demande de contrat d'association avec l'Etat sont instruits par les rectorats de Lille et de Créteil, mais le ministère les "suit" également de près.
La loi Debré du 31 décembre 1959 qui encadre l'enseignement sous contrat, stipule que pour prétendre aux subsides publics, les établissements privés doivent respecter les règles et les programmes de l'enseignement public. La mixité doit être garantie et l'établissement doit s'engager à accueillir tous les élèves sans considération de sexe ni de religion.
Par ailleurs, pour obtenir un contrat d'association, une période d'observation de cinq ans est nécessaire, qui peut être réduite à trois ans si l'établissement est implanté dans un quartier où ont été créés 300 logements nouveaux dans l'année.