Tintin - 2002-12-10 11:04:30
Messe-concert
Sebastian demande ce que c'est. Et bien, c'est un concert dont la Messe sert de prétexte.
Système antéconciliaire : le Prêtre (de préférence l'Evêque) et ses ministres "font" la Messe, et pendant ce temps, la chorale et l'orchestre interprètent par exemple la Missa salisburgensis de Biber, avec ou sans motet (pièce religieuse, p.ex. la cananéenne Mt 15:22, dont j'ai une très belle version "light" en partition pour chanteur et vilhuela da mano).
Tout est fait pour impressionner le peuple (et surtout les Evêques concurrents, qu'il convient de faire pâlir de jalousie). Le peuple sait que le Prêtre (ou l'Evêque) et ses ministres font leur boulot dans le sanctuaire, et ils viennent pour écouter de la belle (il faut le dire !) musique. Le peuple n'est que vaguement impliqué spirituellement dans l'action liturgique proprement dite.
C'est sans doute une conséquence de la construction d'un jubé séparant le choeur (=sanctuaire) de la nef à la fin du XIIe siècle et son maintien jusqu'au XVIIe, et surtout d'une conception erronnée de la célébration de la Messe, selon laquelle elle ne serait que l'affaire du Prêtre, conception qui se maintiendra longtemps et contre laquelle lutteront entre autres les Papes Saint Pie X et Pie XII, partisans d'une plus grande "participation active" du peuple.
Système post-conciliaire : les Papes précités n'ont pu empêcher cette conception erronnée de survivre à leur pontificat. La Messe est par endroits toujours couverte par un spectacle destiné à (ou ayant cela comme conséquence, en tout cas) divertir le peuple présent et détourner son attention de la liturgie proprement dite. Les différences par rapport au système antéconciliaire : il y a moins de servants (s'il y en a, ou s'ils ne sont pas remplacés par des laïcs qui ne servent pas mais "grimpent à l'autel" pour se faire voir) et le Prêtre ne fait parfois pas "son boulot" ; de plus, le spectacle est en général moins réussi du point de vue esthétique (mais les goûts et les couleurs, hein !).