Stephanopoulos - 2002-12-06 01:21:04
Re : Nature...
Bravo, vous m'avez prouvé l'orthodoxie de Saint Thomas sur ce point de doctrine; mais je n'en ai jamais douté.
En fait, j'ai l'impression que nous ne parlons pas au même niveau.
De plus le mot "hypostase" n'était pas le sujet de notre discussion.
Il ne pose, en effet aucun problème si l'on confesse que le Fils est Consubstantiel (j'y reviendrais plus loin avec ce terme) que le Père. D'ailleurs, la signification exacte de hypostase (en grec hupostasis) est : qui est posé dessus. Ce terme est utilisé pour signifier chacune des trois Personnes Divines considérées comme substantiellement distinctes. La profession de foi du Père du Fils et du Saint Esprit, de la manière dont elle est rédigée dans le Credo de Nicée-Constantinople, ne permet pas l'hérésie dont parle Saint Jérôme dans votre message. Je conçois toutefois qu'il est possible d'élaborer un thèse hétérodoxe à partir du mot
"hypostase". Ce n'est pas pour rien que le Credo a été introduit dans la liturgie afin que les fidèles le récitent ou le chantent.
Le problème avec vous, c'est que vous vous basez sur la pensée, orthodoxe, de Saint Thomas d'Aquin pour justifier le terme équivoque "de même nature". En effet, les mots "essence", substance" et "nature" développé dans l'oeuvre de Saint Thomas est assez clair pour qu'il n'y ait pas confusion. Je ne sais pas si j'ai mal lu mais je ne crois pas que Saint Thomas utilise les expressions "de même nature", "de même substance" ou "de même essence" (termes utilisés par les ariens et les semi-ariens) pour les insérer dans l'orthodoxie, mais seulement de "substance", "essence" et "nature".
Dans notre discussion, j'ai eu l'impression que c'est sur le sujet de la confusion des hypostases que vous vous penchiez.
En tout cas, ce n'est pas là qu'est le problème. Je vais donc revenir au terme "consubstantiel".
Con-substantiel signifie que le Père, le Fils et le Saint Esprit ne possèdent à eux trois qu' une seule et même substance divine.
Bien que chaque Personne soit totalement Dieu, l'unité de leur substance impose l'unité de la Divinité à notre Foi Chrétienne. Il
n'y a qu'un seul Dieu en trois Personnes Divines égales et distinctes. C'est le Mystère de la Sainte Trinité : Dieu se pense et
s'aime éternellement. Dire "de même nature que le Père" signifie que le Père possède la totalité de la nature divine à Lui seul, le
Fils également et le Saint Esprit pareillement. Il y aurait donc trois dieux et non plus un seul.
Je ne vois pas comment il est possible d'arriver à la même conclusion avec le terme "consubstantiel".
Ce terme (de même nature) est donc à rejetter; encore plus lorsqu'il est accompagné de mauvaises traductions de la Bible. Avec le Credo, il ne s'agit pas de faire comprendre le mystère, mais de le définir.
Il n'y a pas de place pour l'équivoque lorsque le but est de proclamer la Vérité.
Pour finir, voici quelques extraits du Concile de Nicée et des extraits d'articles des canons :
" Mais les évêques, voyant leur artifice, exprimèrent la même chose en des termes plus clairs, et dirent que le Fils était de la substance de Dieu et de la substance du Père, ce qui ne convient à aucune créature"
"Le concile, voyant leur dissimulation et leur mauvaise foi, rassembla toutes les expressions de l'Écriture à l'égard du Fils, comme celles qui l'appellent splendeur, fontaine, fleuve, figure de la substance, lumière, qui disent qu'il n'est qu'un avec son Père, et les renferma toutes sous le seul mot de Consubstantiel, se servant du terme grec omoousios, qui marque que le Fils n'est pas seulement semblable au Père, mais si semblable, qu'il est une même chose, une même substance avec le Père, et qu'il en est inséparable ; en sorte que le Père et lui ne sont qu'un (Joan., X, 30), comme il le dit lui-même : le Verbe est toujours dans le Père, et le Père dans le Verbe, comme la splendeur est à l'égard du soleil. Voilà pourquoi les Pères de Nicée après en avoir longtemps délibéré, s'arrêtèrent au mot Consubstantiel, comme nous l'apprend saint Athanase, qui y fut présent et qui y tint l'un des premiers rangs. Ils eurent encore une autre raison d'user de ce terme ; car ayant vu par la lettre d'Eusèbe de Nicomédie, qu'on avait lue en plein concile, que cet évêque trouvait un grand inconvénient à reconnaître le Fils incréé, à cause qu'il faudrait aussi avouer qu'il est de la même substance que le Père, ils se servirent contre lui de l'épée qu'il avait tirée lui-même."
"En un mot, nous édictons que la foi de tous les hommes, qui se sont distingués dans l'Eglise de Dieu, qui sont devenus des
lumières dans le monde, dispensant la parole de vie, demeure certaine et immuable jusqu'à la consommation des siècles, de
même que leurs écrits et enseignements inspirés de Dieu nous rejetons et anathématisons ceux qu'ils ont rejetés et
anathématisés comme ennemis de la vérité, qui se sont élevés pleins de vaine arrogance contre Dieu et ont médité une injustice
extrême.
Si jamais quelqu'un ne garde pas et n'embrasse pas les dogmes déjà énumérés de la vraie foi, et ne croit pas et n'enseigne pas
ainsi, mais tente d'aller à leur encontre, qu'il soit anathème conformément à la décision déjà édictée par les prédits saints et
bienheureux pères, et qu'il soit expulsé et rejeté de la communauté chrétienne, comme un étranger qu'il est : car nous, nous
affirmons de toutes les manières que nous pouvons, qu'en aucune façon on ne doive rien ajouter ou enlever à ce qui a été
jusqu'ici défini." (extrait du 1 er canon du 6ème Concile eucuménique; Décret de garder sans innovation ni altération la foi transmise par les saints conciles Ĺ“cuméniques.)
"Il n'est permis à personne de falsifier les canons énumérés plus haut, ou de les déclarer nuls ou
d'admettre d'autres canons que ceux-là, composés en contrefaçon par ceux qui ont essayé d'exploiter la vérité. Si quelqu'un est
convaincu d'innover à propos de quelque canon ou d'essayer de le tourner, il aura à répondre de ce même canon, soumis à la
peine que ce canon impose et guéri par ce canon même contre lequel il a péché."
extrait du 2 ème canon du même Concile cité plus haut; Confirmation des ordonnances apostoliques, de la tradition des pères et des Conciles précédents.)
Inutile d'insister, je refuse de reconnaître l'expression "de même nature".
Bien à vous.