Athanasios D. - 2002-12-05 10:23:25
"Familiaris consortio"
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Athanasios
L'Eglise prend parti pour la vie
30. La doctrine de l'Eglise est placée aujourd'hui dans une situation sociale et culturelle qui la rend à la fois plus diflicile à comprendre mais aussi plus pressante et irremplaçable pour promouvoir le bien véritable de l'homme et de la femme.
Car le progrès scientifique et technique, que l'homme contemporain accroît continuellement en dominant la nature, ne développe pas seulement l'espérance de créer une humanité nouvelle et meilleure, mais aussi une angoisse toujours plus forte au sujet de l'avenir. Certains se demandent si vivre est un bien, et s'il ne serait pas préférable de ne pas être nés: ils se demandent donc s'il est permis d'appeler à la vie d'autres hommes qui pourraient en venir à maudire leur existence dans un monde cruel, dont les terreurs ne sont pas même prévisibles. Les uns pensent être les uniques destinataires des avantages de la technique et en excluent les autres, auxquels sont imposés des moyens contraceptifs ou des pratiques encore pires. D'autres encore, emprisonnés dans une mentalité de consommation et ayant l'unique préoccupation d'accroître continuellement les biens matériels, finissent par ne plus comprendre et donc par refuser la richesse spirituelle d'une nouvelle vie humaine. La raison ultime de telles mentalités est l'absence, dans le cœur des hommes, de Dieu dont seul l'amour est plus fort que toutes les peurs possibles du monde et peut les vaincre.
C'est ainsi qu'est né un esprit contraire à la vie (anti-life mentality) qui apparaît dans beaucoup de questions actuelles: que l'on pense, par exemple, à une certaine panique dérivant des études faites par les écologistes et les futurologues sur Ia démographie, qui parfois exagèrent le péril de la croissance démographique pesant sur la qualité de la vie.
Mais l'Eglise croit fermement que la vie humaine, même faible et souffrante, est toujours un magnifique don du Dieu de bonté. Contre le pessimisme et l'égoïsme qui obscurcissent le monde, l'Eglise prend parti pour la vie, et dans chaque vie humaine elle sait découvrir la splendeur de ce «Oui», de cet «Amen» qu'est le Christ(84). Au «non» qui envahit et attriste le monde, elle oppose ce «Oui» vivant, défendant ainsi l'homme et le monde contre ceux qui menacent la vie et lui portent atteinte.
L'Eglise est appelée à manifester de nouveau à tous, par une conviction plus vive et plus ferme, sa volonté de promouvoir la vie humaine par tous les moyens et de la défendre contre toute menace, en quelque condition et à quelque stade de développement qu'elle se trouve.
C'est pourquoi l'Eglise condamne comme une grave offense à la dignité humaine et à la justice toutes les activités des gouvernements ou des autres autorités publiques qui essaient de limiter en quelque manière la liberté des conjoints dans leurs décisions concernant les enfants. Par conséquent, toute violence exercée par des autorités en faveur de la contraception, voire de la stérilisation ou de l'avortement provoqué, est à condamner absolument et à rejeter avec force. En même temps, il faut stigmatiser comme gravement injuste le fait que, dans les relations internationales, l'aide économique accordée pour la promotion des peuples soit conditionnée par des programmes de contraception, de stérilisation et d'avortement provoqué
85).
Pour que le dessein de Dieu
se réalise toujours plus pleinement
31. L'Eglise est assurément consciente aussi des problèmes multiples et complexes qui, dans beaucoup de pays, pèsent aujourd'hui sur les époux dans leur tâche de transmettre la vie de façon responsable. Elle reconnaît également le grave problème de l'accroissement démographique, tel qu'il se présente en diverses parties du monde, avec les implications morales qu'il comporte.
Elle estime, toutefois, que considérer de manière approfondie tous les aspects de ces problèmes ne peut que confirmer une nouvelle fois et plus fortement encore l'importance de la doctrine authentique sur la régulation des naissances, présentée à nouveau par le second Concile du Vatican et l'encyclique Humanae vitae.
C'est pourquoi, avec les Pères du Synode, je me sens le devoir d'adresser aux théologiens un appèl pressant afin qu'unissant leurs forces pour collaborer avec le Magistère hiérarchique, ils fassent leur possible pour mettre toujours mieux en lumière les fondements bibliques, les motivations éthiques et les raisons personnalistes qui sous-tendent cette doctrine. Il sera ainsi possible, dans le cadre d'un exposé ordonné, de rendre la doctrine de l'Eglise concernant cet important chapitre vraiment accessible à tous les hommes de bonne volonté, et d'en favoriser la compréhension de façon toujours plus claire et plus approfondie: de cette manière le dessein de Dieu pourra être réalisé toujours plus pleinement pour le salut de l'homme et la gloire du Créateur.
A cet égard, l'effort coordonné des théologiens, inspiré par une adhésion convaincue au Magistère qui est l'unique guide authentique du peuple de Dieu, présente une urgence particulièrequi vient aussi du lien profond existant entre la doctrine catholique sur ce point et la vision de l'homme proposée par l'Eglise: des doutes ou des erreurs dans le domaine conjugal ou familial entraînent un grave obscurcissement de la vérité intégrale sur l'homme, qui se trouve déjà dans une situation culturelle si souvent confuse et contradictoire. L'éclairage et l'approfondissement que les théologiens sont appelés à apporter en accomplissement de leur tâche spécifique sont d'une valeur incomparable et constituent un service singulier, et combien méritoire, rendu à la famille et à l'humanité.